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SUEUR. I. ARMES

1" Sueur. La sécrétion sudorale semble être une tiltration dans laquelle, outre l’activité épithéliale, interviennent deux facteurs essentiels : la circulation et l'innervation. Tout ce qui augmente la pression du sang dans les capillaires de la peau augmente également la production de la sueur. I uchsinger, Vulpian, Nawrocki, Adamkiewicz, etc., ont montré qu’il fallait distinguer pour les glandes sudoripares deux sortes de nerfs, les uns vasculaires, les autres excito-sécréloires, dont l’action peut être simultanée ou dissociée. L’excitation du bout périphérique du sciatique chez le chat détermine la sudation; après la section de ce nerf il y a au contraire diminution de la sueur; mais la pilocarpine, la chaleur peuvent en excitant le nerf faire reparaître celte sécrétion. Le trajet des voies sudorales n’est pas encore définitivement connu; on admet généralement qu’elles empruntent leur parcours au sympathique et à la moelle. Quant aux centres sudoraux, leur situation n’est pas non plus encore nettement précisée. François-Eranck pense que tout l’axe gris de la moelle joue le rôle de centre sudoripare. Adamkiewicz a noté l'influence du bulbe, ainsi que celle de la partie corticale et moyenne du cervelet. On a admis la possibilité de centres encéphaliques. Tous ces centres entrent en jeu par voie réflexe.

Le rôle que joue le système nerveux dans le fonctionnement des glandes sudoripares est donc très important, aussi les troubles de la fonction sudorale pouvant résulter d'une altération de ce système sont-ils nombreux.

L’augmentation de la sécrétion sudorale, appelée hyperidrose, est localisée ou généralisée. L’hyperidrose localisée ou éphidvose est la plus fréquente. Il est un exemple d’éphidrose réflexe bien connu : c’est celle qui survient chez certains sujets lorsqu’ils se déshabillent en public. La sudation des mains et des pieds ou du corps entier chez certaines personnes, à la suite d'une émotion, est de connaissance banale. On a noté des cas où l’éphidrose se limitait à un côté du corps (hémidrose). Dans les lésions du sympathique cervical, il n’est pas rare d’observer des phénomènes oeulo-papillairesel vaso-moteurs associés à de l’éphidrose. Ebstein i 1 875), lliehl ( 1 884). Haymond ( 1888) ont montré les relationsqui existent entre les lésions du sympathique et ce trouble sécrétoire. Dans les lésions du trijumeau on a cité l'éphidrose, ainsi que dans d'autres névralgies. Les plaies de la moelle , les tumeurs, les myélites aiyuës, la polio-

TROUBLES TROPHIQUES D’ORIGIXE XER VE USE.

myélite aiguë, la syringomyélie comptent également l’éphidrose parmi leurs manifestai ions possibles; de même les névrites.

Dans le cas de lésion ponto-bulbaire on observe parfois, du même côté (pie l’hémiplégie ou l’hémianesthésie alterne, des troubles de la sécrétion sudorale — hyperidrosc — accompagnés en général de Iroubles vasomoteurs, abaissement de la température, pâleur de la peau el coexistant le plus souvent avec le syndrome de C. Bernard-IIorner. (Vov. Hémiplégies par lésions du tronc encépli digue, p. 214.)

V anidrose peul s’observer dans différentes affections organiques du système nerveux. Dans la syringomyélie la sécrétion sudorale esl parfois troublée. Dans un cas de syringomyélie unilatérale avec hémiatrophie linguale, j’ai observé une anidrose complète de la moitié correspondante du corps el de la face. Par les temps les plus chauds le sujet ne transpirait que du côté sain. Dans un cas de section transversale complète de la moelle, j’ai constaté une suppression totale do la sécrétion de la sueur dans toutes les parties du corps sous-jacentes à la lésion (tîg. 78 et 400 à 402). Dans la paralysie faciale périphérique, lorsque la lésion siège au niveau du ganglion géniculé, on constate aussi de l’anidrose.

Un point intéressant se rattache à l’étude des Iroubles sécrétoires sudoraux. C'est celui de la sudation provoquée, décrite d’abord par Strauss qui l’obtenait au moyen de la pilocarpine, et qui l’étudia dans la paralysie faciale. Egale des deux côtés dans la paralysie d’origine centrale, la Midation provoquée est manifestement retardée dans les paralysies périphériques graves. Le même fait a été observé dans les paralysies radiculaires du plexus brachial (Mme Dejerine-Klumpke). D’une manière générale, la réaction est en raison directe de l’état de l’excitabilité électrique.

Uorslcy a également essayé de tirer parti des réactions sudorales provoquées, pour faire le diagnostic topographique d’une lésion delà moelle, dans le cas où les Iroubles de la sensibilité laissent le clinicien en suspens. Soit, par exemple, une lésion au niveau du sixième segment dorsal. Si on provoque la sudation chez le malade, on aura, d’après llorsley, une apparition plus précoce de la sueur dans les territoires cutanés sus-jacents à la lésion. Les zones cutanées dont la sudation dépend du sixième segment et des segments sous-jacents ne se couvriront de sueur qu’un peu plus tard. Il s’ensuit qu’en guettant l’apparition des gouttelettes de sueur, et en notant leur limite inférieure, on sera renseigné sur le point de la moelle intéressé. llorsley se sert peu de la pilocarpine ; il préfère introduire le tronc de ses malades dans une sorte de cage dont une paroi esl constituée par une glace transparente. Il fait arriver de l’air chaud dans la cage et examine la peau. On obtiendrait ainsi d’excellents résultats par rapport au diagnostic topographique de la lésion.

Dans la maladie de Basedow, I hyperidrose est pour ainsi dire constante et se traduit très souvent par des sudations profuses; mais il s’agit là d’une affection que l’on rattache actuellement aux syndromes glandulaires. Dans les névroses, et en particulier dans Yhystérie, on a décrit autrefois toute une série de troubles sudoraux : hyperidrose, anidrose,

sudations à odeur fétide (bromhidrose), sudations colorées (chromidrose). A l’heure actuelle, (|iiel(|ues auteurs contestent l'existence, dans l'hystérie, de troubles vaso-moteurs et sudoraux. Et cependant il est impossible de nier que certains sujets émotifs présentent des troubles parfois très marqués des réactions vaso-motrices et sudorales, en dehors de toute lésion organique du système nerveux; j'en ai vu plusieurs exemples. (Voy. p. 1016.) Souques, qui en a publié un cas, refuse d'en faire une manifestation hystérique et le classe comme « névrose sécrétoire ». Il est certain que l’on ne saurait, sans abus de langage, dénommer « hystériques » tous les troubles fonctionnels que peuvent présenter des névropathes. Mais ce serait tomber dans une exagération inverse que de refuser à 1 ' hystérie, affection dans laquelle les états émotifs sont si fréquents, le pouvoir d’agir sur les nerfs sudoraux ou vaso-moteurs.

On a signalé des troubles congénitaux de la sécrétion sudorale, à la production desquels le système nerveux n’est certainement pas étranger. Hirsch (1898) a rapporté un cas de sudation unilatérale congénitale de la face.

‘2° Sécrétion lacrymale. Les filets excito-sécrétoires de la glande lacrymale viennent du facial par le ganglion géniculé et passent par le grand nerf pétreux superficiel pour aboutir au ganglion sphéno-palatin et de là à la glande lacrymale, qui reçoit aussi des filets sympathiques. L’arc sensitif est formé par l’anastomose du nerf lacrymal avec le rameau orbitaire du maxillaire supérieur. A l’état pathologique la sécrétion lacrymale peut être augmentée ou diminuée.

L’ hypersécrétion de la glande se manifeste par le larmoiement. Il peut être de cause psychique, émotive ou relever d une lésion nerveuse organique.

Je n’insisterai pas sur le larmoiement psychique de l’enfant ou de certains névropathes car ce sont là des faits de notion banale. A l’état pathologique on le rencontre dans les démences. Chez les pseudo-bulbaires dont l’état mental est affaibli et les réactions émotives vives, le larmoiement psychique apparaît sous forme de crises de pleurer spasmodiques alternant ou non avec des crises de rire également spasmodiques. (Voy. lig. 16 et 17.) Enfin, le larmoiement peut être d’origine réflexe — irritations de la cornée, de la conjonctive.

L ' hyposécrétion lacrymale se produit toutes les fois que la portion sensitive ou motrice de l’arc réflexe est altérée. Elle a été constatée à la suite de l’extirpation du ganglion de Casser. Elle se rencontre aussi dans la paralysie faciale périphérique lorsque la lésion est i titra pétreuse.

Sécrétions anormales. — On a décrit chez les hystériques et qualifié de « larmes de sang » un suintement sanguin des conjonctives. Il y a lieu de faire de fortes réserves sur la réalité de ce symptôme en tant que phénomène spontané et indépendant de toute supercherie. Pour ma part, je ne l’ai jamais constaté.

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