VALEUR SÉMIOLOGIQUE DES TROUBLES DE L’AUDITION
Les idiots complets ne semblent percevoir aucune espèce de bruit bien qu’ils ne soient qu’exceptionnellement sourds. Ils sont surtout inattentifs. Chez eux, il faut distinguer la pseudo-surdité de la surdité vraie. Pourtant si à cinq ans, l'enfant 11e réagit encore à aucun bruit, on peut affirmer l’existence de la surdité vraie. Chez les imbéciles et les arriérés, la fonction auditive se rapproche de la normale; certains môme sont bons musiciens.
L'hydrocéphalie peut s’accompagner d’une diminution de l'ouïe qui
SÉMIOLOGIE DE L'ADDITION.
va parfois jusqu'à la surdité complète. Sicile est précoce, Feulant devient sourd-muet. Dans quelques cas, les troubles auditifs sont passagers et cèdent à l'écoulement du liquide céphalo-rachidien par l’oreille.
Surdité corticale. — Dans les lésions corticales bilatérales siégeant dans la partie moyenne de la première circonvolution temporale, on peut observer des troubles très marqués do la fonction auditive et même une surdité complète par destruction des centres corticaux de l'audition. Ici c’est le ramollissement cérébral qui est d’ordinaire en cause.
Surdité verbale. — La surdité verbale est une des conséquences de la lésion de la zone de Wernicke. Ici il n’y a pas de surdité, mais le sujet ne comprend plus le sens des mots qu’il entend. La surdité verbale est un symptôme de l’aphasie sensorielle et peut s’observer dans deux conditions : 1° dans 1 aphasie sensorielle ordinaire avec altération du langage intérieur ou bien et beaucoup plus rarement à l’état de symptôme isolé, le langage intérieur étant intact.
Surdité verbale pure. — Ainsi que Freud l'a indiqué, la surdité verbale pure peut s’observer en dehors de toute altération hémisphérique et être la conséquence d'une lésion portant sur les voies acoustiques périphériques ou centrales — lésion bilatérale — .siégeant dans le labyrinthe, le nerf cocbléaire, le noyau antérieur du cochléaire, le tubercule acoustique. Dans tous ces cas on aura de la surdité verbale. Lu effet, la gamme de Bezold et ses octaves sonl interrompus et, par suite de cette interruption bilatérale, le malade sera sourd des deux oreilles pour les sons en question. Mais une lésion un peu intense, pouvant produire des troubles généraux de l'audition, on pourra, dans ces cas, voir la surdité verbale pure coïncider avec un degré plus ou moins marqué de surdité véritable. C'est du reste ainsi que les choses se passent le plus souvent. Au contraire, dans la surdité verbale pure par lésion hémisphérique, l’ouïe est intacte et la gamme de Bezold toujours respectée. (Voy. Aphasie sensorielle, Surdité verbale pure, pag. 85 et 95.)
L hémorragie cérébrale est parfois précédée de vertiges et de bourdonnements d Oreille, maisles troubles auditifssont rares après l'attaque apoplectiforme.
Les tumeurs cérébrales peuvent produire de l’hypoacousie par compression directe île la VIIIe paire. Elles agissent encore par l’hvpertension du liquide céphalo-rachidien qu’elles provoquent et qui se communique au labyrinthe ou qui occasionne une névrite du nerf acoustique. En ce cas, on comprend qu’on ne puisse déduire la localisation de la tumeur de la présence des troubles auditifs. Pour Gradenigo et Collet, souvent le seul efîel de l'hypertension sur le nerf auditif est d’accroitre à un haut degré son excitabilité électrique.
C’est surtout dans les tumeurs de Vélaç/e postérieur de l’encéphale, que les troubles de l’ouïe sont fréquents et sonl un svmptôme de localisation. Les tumeurs de la VIIIe paire sonl une cause de surdité unilatérale. Hans les tumeurs du bulbe, on trouve l’hypoacousie dans un quart des cas (Ladame); il faut qu’elles intéressent le plancher du quatrième ventri-
SÉMIOLOGIE DU SYSTÈME SEliVEUX.
cule; la diminution de l’ouïe siège du côté de la lésion. Dans les tumeurs protubérant iellcs , les troubles auditifs se rencontrent 7 fois sur 27 cas (Ladame), 8 fois sur 50 cas (Bernhardt). L’entrecroisement des voies acoustiques explique que l’on puisse trouver une surdité croisée. Dans les tumeurs du cervelet, surtout dans celles des hémisphères cérébelleux, la VIIIe paire serait le nerf le plus intéressé après le nerf optique (Oppenheim) ; elle est touchée dans un tiers des cas (Bernhardt). La surdité peut rester unilatérale ou devenir bilatérale; elle s’accompagne de bourdonnements et de vertiges. Enfin les tumeurs de Y angle ponto-cérébelleux déterminent habituellement des troubles de l’ouïe du côté correspondant (Jmnentié). D’après Collet, les tumeurs des tubercules quadrijumeaux s’associent dans la moitié des cas à des troubles auditifs. Mais alors le tubercule quadrijumeau postérieur est toujours touché. Dans ces cas, la surdité est d’ordinaire bilatérale et s’accompagne d’ophtalmoplégie et d’ataxie. Dans les quelques cas où la lésion était unilatérale, la surdité était également unilatérale et croisée.
Dans la pachyméningite cérébrale hémorragique, on admet que les troubles auditifs, qui sont assez rares, se produisent par deux mécanismes, tantôt et surtout par de petites hémorragies dans le nerf ou le labyrinthe, tantôt et parfois par extension du processus inflammatoire à l’oreille moyenne à travers la fissure pétro-squameuse.
Les méningites présentent souvent des troubles auditifs à leur début: ce sont des bruits subjectifs qui disparaissent à mesure ()ue la surdité progresse. Dans la méningite tuberculeuse, le labyrinthe est intact et le nerf auditif baigne dans le pus (Gradenigo). Dans les méningites cérébrospinale et purulente, il se fait une infiltration de pus autour et entre les libres de l’auditif ou bien encore une thrombose veineuse du limaçon ou une ostéite du rocher. Ultérieurement, si le malade guérit, il se produit des destructions et des atrophies nerveuses dont la topographie dans le labyrinthe donne la clef des troubles auditifs persistants et parfois singuliers. Je veux parler de ces « trous auditifs » coïncidant avec une audition restée assez bonne ou bien des ilôts de conservation des sons coïncidant avec une surdité presque complète. Comme séquelle auriculaire, la méningite cérébro-spinale laisse surtout une surdité qui peut être uni ou bilatérale; elle est surtout grave chez l’enfant; car, chez lui. lorsqu’elle est complète, elle entraîne fatalement la surdi-mutité.
A. Fournier a décrit une forme spéciale de surdité foudroyante dans la syphilis nerveuse. Elle se rencontre dans la syphilis acquise, en particulier chez les jeunes gens et les enfants. E. Fournier fils l’a vue dans la syphilis héréditaire. Heureusement très rare, c’est une manifestation en général tertiaire. Elle s’installe en quelques semaines, parfois en quelques jours et s’accompagne de bourdonnements, de vertiges et parfois de troubles de l’équilibre et de nausées. Elle résiste à toute thérapeutique. A l’examen, on ne trouve aucune lésion appréciable de l’oreille. En étudiant l'audition avec la série complète des diapasons, on constate que certains malades sont incapables de percevoir le moindre son, même ren-
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forcé avec le résonateur. En général, le champ auditif est intéressé dans toutes ses parties et les notes graves sont souvent plus altérées que les notes aiguës (Natier). La surdité est d’ordinaire absolue. Les vibrations du diapason ne sont perçues ni à distance ni sur les os du crâne. Dans un cas avec autopsie, on a trouvé une périostite vestilmlaire qui fait penser à une origine labyrinthique; mais El. Vincent, dans plusieurs observations cliniques, a vu que la surdité était précédée d'une phase de lymphocytose rachidienne, d’où il conclut qu’il va d’abord méningite spécifique, puis atteinte du nerf auditif.
Dans Y hémianesthésie <le cause organique on peut observer de lhvpoacousie marquée surtout du côté de l'hémianesthésie. Cette hypoacousie qui en général n’est pas persistante peut s’accompagner d’un certain degré d’anosmie du môme côté, passagère également. Mais souvent dans l'hémianesthésie organique ou ne constate pas de troubles de l’audition, ni de l’olfaction.
Les troubles auditifs dans le tabes, signalés par Duchenne (de Boulogne), ont été étudiés par Pierret. Ils tiendraient à deux causes, soit à une névrite du nerf auditif, soit cl le plus souvent, d’après Collet, à une altération de la caisse par trouble de la fonction trophique du trijumeau. Les deux tiers de ces malades ont des troubles de l’ouïe. Ils sont de deux ordres, irritatifs et paralytiques (Dejerine et Thomas). Les premiers consistent en bourdonnements d’oreille et sifflements et s’accompagnent parfois de vertige. Les seconds consistent en une diminution de l’ouïe <jui peut aboutir à la surdité complète. Elle est uni ou bilatérale et souvent inégale des deux côtés. Elle s’installe rapidement en deux, trois mois; on a mémo signalé des cas de surdité foudroyante. Elle se montre plutôt à la période préataxique. Une surdité survient-elle rapidement chez un syphilitique, il faut penser au tabes. Elle s’accompagne de troubles subjectifs intenses, sifflements qui peuvent être la cause d’hal-
lucinations auditives. On sait que ces dernières se trouvent souvent à l’origine des troubles mentaux des tabétiques. Ces troubles auditifs sont persistants, fréquemment ils s’allient au vertige de Ménière. Ils peuvent s’accompagner de troubles sensitifs et trophiques dans la sphère du trijumeau du même côté (Collet). Marina a signalé la fréquence de ( hyperexcitabilité du nerf auditif dans le tabes.
Au cours de la sclérose en plaques, on peut voir des troubles de l’ouïe, soit qu’il y ait lésion bulbo-protubérantielle, soit que le nerf auditif se sclérose, soit encore qu’il existe une otite moyenne. Ils consistent en troubles subjectifs et diminution de l’acuité auditive; très rarement, ils sont précoces. Bar contre, dans cette affection, le vertige est fréquent et présente tous les caractères du vertige rotatoire. C’est très souvent un symptôme indiquant le début de la sclérose multiloculaire. (Yov. Vertige.)
Les troubles auditifs sont très communs dans la paralysie faciale périphérique quand la lésion, d’origine traumatique ou relevant d'une compression, siège au-dessus du filet du nerf du muscle de l’étrier. C’est une hyperacousie douloureuse portant surtout sur les tons bas (Lucas).
Dejerine. — SÉMiiiologie. 7)
SÉMIOLOGIE DI SYSTÈME NEUVE! X
Kilo ii pour cause, d’après les classiques, la paralysie du muscle de l’étrier, d’où prédominance du muscle du marteau dont la contraction amène une exagération de la pression inlralabyrinlhique. D'après I 1 1 >a 1 1 1 se li i <• 1 1 , au contraire, le muscle de l’étrier n est pas paralysé, mais en contracture, si bien qu'il dégage la fenêtre ovale et diminue la pression inlralabvrinlhiquo.
Dans la névralgie du trijumeau, un peut observer de l'hyperesthésie auditive par paralysie des muscles du marteau, ou de la diminution de l’ouïe par paralysie des muscles tubaires. I n certain nombre d'observations. peu nombreuses mais démonstratives (Collet), montrent qu'il peut se produire une ytite neuro-paralytique, analogue à la kératite-neuroparalytique et qui facilite singulièrement ['inflammation de la caisse du tympan. On a décrit aussi, dans la névralgie faciale, de l’hyperexcitabilité du nerf auditif.
Dans les affections nerveuses dites fonctionnelles, les troubles de l'ouïe sont souvent bien plus variés que dans les affections organiques.
Dans la tétanie, il n'y a pas de diminution de l’acuité auditive, mais Chvostek a indiqué K augmentation considérable de l’excitabilité galvanique de la VIII' paire. Klle existe en même temps que celle des nerfs moteurs et peut persister après la disparition des autres symptômes.
Dans la chorée, les troubles auditifs résultent des mouvements désordonnés des muscles de I oreille moyenne, (le sont des craquements dus à des contractions cloniques. La chorée des muscles tubaires produit une diminution intermittente de l’ouïe.
Dans la migraine, la dureté d’oreille avec bruits subjectifs se rencontre. On note de K hyperesthésie du conduit auditif et du tympan. Ailleurs, et le plus ordinairement, c’est de lhyperacousie que l'on observe. L aura auditive précédant l’accès de migraine peut consister en une surdité verbale transitoire, en des hallucinations, parfois en des tintements. Il v a des cas de migraine auditive analogues à la migraine ophtalmique.
Liiez les épileptiques, les troubles de l’ouïe sont différents au moment de l’aura et après la crise. L’aura auditive, uni ou bilatérale, peut se rencontrer seule ou bien s’associer à d’autres auras sensorielles. Klle consiste tantôt en une hvperacousie douloureuse ou bien une acousie brusque, tantôt en des bruits subjectifs, sifflement, détonation, tantôt en de vraies hallucinations: le malade entend des mots, de la musique, des cloches. Après l’attaque convulsive, Féré a signalé la diminution de l’ouïe. Quand elle persiste très longtemps, c’est qu'il s'est probablement fait une hémorragie dans l’oreille interne. Si elle est unilatérale, elle a une certaine valeur comme signe de localisation.
Dans la neurasthénie, on observe, comme troubles de l'ouïe, (h* l'hvperacousie et des bruits subjectifs. La diminution de l'acuité auditive (pie Fou va parfois notée ne relève pas de 1 état névropathique, mais dépend alors d'une affection de l’oreille moyenne surajoutée. Les neurasthéniques, surtout les femmes, ont de l’hvperacousie par périodes, par accès;
SEMIOLOGIE DE L'AUDITION.
ils perçoivent alors avec netteté des Inuits insignifiants; ils seul péniblement impressionnés par tous les bruits auxquels dans la vie courante on ne fait pas attention, et celle exagération empêche leur sommeil et peut tourner à l’obsession. Les bruits subjectifs peuvent être des si moments, bourdonnements, tintements comme dans l’otite moyenne scléreuse, mais de beaucoup les plus communs sont les bruits de battement ou de souffle. Ces derniers sont systoliques et «lus aux pulsations des artères voisines de l’oreille; ils sont surtout marqués la nuit où ils deviennent parfois intolérables. Tous ces troubles sont mobiles et variables. Parfois, cependant, ils sont très persistants.
Chez les hystériques, c’est la diminution de l’ouïe qui domine, elle a les caractères particuliers des anesthésies que l’on observe dans cette névrose et leur faible gravité. Parfois totale, elle est d’ordinaire incomplète et unilatérale. Kilo a souvent un début brusque, elle dure un temps variable et disparaît tout à coup sans laisser de traces. Souvent aussi elle ne s’accompagne pas de troubles subjectifs, bourdonnements ou sifflements; les malades continuent à se rendre compte de l'orientation des sons; cette sorte de latence fait que le médecin doit rechercher la surdité pour la trouver. Quand cette surdité est double, on a indiqué un caractère qui la distingue matériellement de la surdité labyrinthique vraie : l’épreuve du vertige voltaïque reste normale.
On a étudié autrefois chez les hystériques les rapports de Ihypoacousie avec l’anesthésie cutanée. D’après Pitres, l’ouïe peut être abolie chez des malades dont la peau de l’oreille est sensible, comme «die peut être conservée chez d’autres dont la muqueuse du tympan et du conduit auditif externe est insensible. Habituellement, I hypoacousie est unilatérale et coïncide avec une hémianesthésie qui siège du même coté (Wallon), mais il n’y a pas de rapport absolu. D'autres fois, elle est associée aux autres symptômes de l'hémianesthésie dite sensitivo-sensorielle hystérique où, en plus de I hypoacousie, on rencontre du même côté «pie l’hémianesthésie, de l’anosmie, de l'agueusie et un rétrécissement «lu champ visuel. Les troubles «h* l’ouïe peuvent s’associer à l’aphonie, — la surdi-mutité hystérique est cependant fort rare.
Les hystériques peuvent avoir des hallucinations auditives soi l spontanées pendant leurs crises, soit par suggestion dans l’état d’hypnose. Mais les vraies hallucinations auditives ne se rencontrent guère «pie chez les aliénés où elles sont d’une fréquence extrême.
Dans V hystéro-neurasthénie traumatique, les malades ont assez souvent de l’hyperacousie avec- bruits subjectifs, comme dans la neurasthénie. D'autres fois, c’est l'acuité auditive qui est diminuée, tantôt «les deux côtés, tantôt d’un seul, comme dans l’hystérie.
IL Odorat.
On admet généralement que la muqueuse olfactive est cette partie supérieure de la muqueuse nasale qui est colorée en jaune. D’après
SÉMIOLOGIE 1)0 SYSTÈME NERVEOX.
Brünn, la coloration de la mii(|iieuse est un caractère descriplil' insuffisant, car la vraie surface olfactive esl plus élroite. Elle serait restreinte à une partie du cornet supérieur et à la région du sepluin située en face de lui. En tous cas, la zone de l’odorat est en dehors et au-dessus du passage du courant de l’air inspiré.
La muqueuse olfactive est formée de cellules épithéliales entre lesquelles se trouvent les cellules olfactives de Schultze. Ce sont de véritables cellules nerveuses, homologues des cellules des ganglions cérébro-spinaux. Elles sont fusiformes; par une extrémité, elles envoient à la surface de la muqueuse deux ou trois cils rigides qui réagissent aux substances odorantes; par l’autre, elles se prolongent, dans la profondeur, en un cylindraxe. Tous les axones se réunissent en petits faisceaux aplatis <pii rampent vers les trous de la lame criblée pour atteindre la face inférieure des lobes olfactifs. Là, ils se mettent en contact avec les ramifications des cellules mitrales, premier relais de la voie olfactive. Ce sont les cylindraxes de ces derniers neurones qui forment de chaque côté le pédoncule olfactif, puis ses quatre racines, à savoir : l'externe la plus importante aboutissant à l’hippocampe et au crochet; l’interne se rendant à la partie antérieure de la circonvolution du corps calleux; la moyenne qui se résout dans la substance grise de l’espace perforé antérieur; la quatrième enfin, ou racine grise de Soemmering, va à la face antérieure du lobe frontal.
Chez l’homme l’appareil nerveux olfactif a beaucoup perdu de son importance. L’anatomie comparée montre que la circonvolution du corps calleux, avec celle de I hippocampe et la corne d'Ainmon, l’ensemble formant le grand lobe limbiquc de Broca, représentent la sphère olfactive corticale. Le trigonc établit les connexions entre ce centre cortical, les tubercules mamillaires, la couche optique et la calotte pédonculaire. Quelques observations de tumeurs et d’hémorragies font supposer que, chez l'homme, h* centre cortical olfactif siège au niveau de la corne d’Ainmon et de l’hippocampe.
Le sens de l’odorat a une sensibilité extrême, mais son temps de réaction est long, de I à 2 secondes, comme celui du sens du goût. Quand on l’exploré, il faut le faire par des expériences un peu séparées les unes des autres; l’odorat s’épuise en effet très vile pour une même odeur; il suffit de quelques minutes si elle est un peu forte, et en même temps la perception des autres odeurs devient moins vive.
On aura soin de ne pas emplover des substances qui agissent en excitant le trijumeau, comme l'ammoniaque ou l’acide acétique ou même comme l’éther et b' chloroforme qui ont une action complexe, mais de se servir de matières purement odorantes; réséda, rose, Heur d’oranger, violette, camphre, musc et vanille.
Il faut explorer chaque narine séparément. Pour mesurer de manière précise l’olfaction, on emploie souvent l’olfactomètre de Zwaardemaker. Toulouse et Vaschidc ont une méthode très simple. Ils se servent de petits flacons contenant 15 gr. d'une solution mère de camphre à 1/1000
SEMIOLOGIE DE L'OLFACTIO.X.
('l de solutions de dix en dix fois plus diluées. Ces auteurs cherchent successivement la plus grande dilution que le sujet distingue de l’eau distillée et la plus grande solution où se reconnaît l’odeur de camphre. Dans le premier cas, on a le minimum de sensation, dans le deuxième, le minimum de perception.