‹ Sémiologie des affections du système nerveuxChapitre 168 sur 222 · VALEUR SÉMIOLOGIQUE DES TROUBLES DE L’OLFACTION · texte numérisé non relu

VALEUR SÉMIOLOGIQUE DES TROUBLES DE L’OLFACTION

Les troubles de l’odorat qui se rencontrent dans les affections nerveuses sont Y anosmie, l’ hyperosmie, les perversions et les hallucinations olfactives.

L'anosmie est d’ordinaire incomplète; elle peut très bien ne pas porter sur toutes les odeurs également. Elle est plus marquée quand les Doubles du goût s’y ajoutent. Elle n’indique pas toujours une altération des nerfs olfactifs, loin de là. Le trijumeau, par son action trophique et vasomotrice sur la muqueuse nasale, peut modifier profondément l'odorat; il est souvent en cause dans les troubles olfactifs des maladies nerveuses car fréquemment l’anosmie s’y accompagne d’une diminution de la sensibilité tactile de la muqueuse nasale avec perte de l’éternuement réflexe.

On a décrit une anosmie congénitale qui tient à l'absence de développement des nerfs ou de l'un des centres olfactifs. L’ anosmie sénile, par atrophie des nerfs olfactifs [J.-L. Prévost 1866)], et l’anosmie de la ménopause sont souvent précédées de troubles subjectifs vagues mais très durables. Avant d’attribuer l’anosmie à une cause nerveuse, on recherchera s'il n’y a pas une affection dans les fosses nasales ou à son voisinage; on pensera aux anosmies toxiques, à celle du diabète, et à la diminution de l'odorat si fréquente dans l'otite scléreuse.

Les malades atteints dltgperosmie perçoivent parfois des odeurs excessivement faibles; mais le plus souvent, ce sont les odeurs faibles qui deviennent désagréables et provoquent même, surtout chez les névropathes, des accidents réflexes, nerveux ou digestifs : céphalée, migraine, nausées et vomissements. L'hvperosmie existe parfois dans la grossesse.

Dans la parosmie les troubles subjectifs consistent d’ordinaire en une perversion des sensations olfactives; ils accompagnent soit une diminution, soit une hyperesthésie de l’odorat. Au degré le plus faible, les malades confondent les odeurs les unes avec les autres; cette parosmie se rencontre fréquemment chez les anosmiques en voie d’amélioration. A un degré plus avancé, ils trouvent une mauvaise odeur aux meilleurs parfums. Pour pouvoir affirmer l’existence de celte parosmie, il faut bien examiner les fosses nasales qui parfois peuvent être la source réelle des odeurs fétides.

Les hallucinations de l’odorat peuvent se rencontrer chez les hystériques.-Elles sont fréquentes surtout chez les aliénés.

Les troubles de I olfaction n'attirent pas souvent l’attention dans les maladies du système nerveux. Dans les affections organiques du cerveau ,

SÉMIOLOGIE DI SYSTÈME XEM'EIX.

on observe parfois une diminution <lc l'odorat. Les idiots complets, sauf quelques exceptions, ont un odorat très obtus; il est imparfait chez les imbéciles et les arriérés. L’anosmie a été notée au cours des méningites, surtout de la méningite cérébro-spinale . Itare dans les lésions circonscrites du cerveau, parce que le centre probable de l'olfaction est loin des zones habituelles d'hémorragie et de ramollissement, l’anosmie a été rencontrée dans certains cas de tumeurs cérébrales intéressant le loin* frontal; elle est alors toujours bilatérale, car les deux lobes olfactifs très voisins l’un de l'autre sont comprimés également. Dans les tumeurs et la méningite de l’étage antérieur de la base du cerveau, elle est fréquente. <>n l’a signalée dans un cas de tumeur du cervelet, dans un cas de thrombose de l’artère cérébrale antérieure. Quincke, Oppenheim ont constaté une atrophie des nerfs olfactifs dans certains cas de tumeur cérébelleuse.

Dans V hémianesthésie organique on peut observer une diminution de l’odorat du côté de 1 hémianesthésie; en général elle est passagère.

Dans la paralysie générale, l’anosmie est fréquente. Elle peut être complète. Voisin l’a donnée comme signe île début ; pour Ballet et Blocq, elle se rencontre plutôt à la période terminale.

Les troubles olfactifs des tabétiques ont été étudiés par Klippel. Au début ce sont des perversions de l’odorat, des sensations olfactives spontanées, des crises d’hyperosmie. On peut observer aussi des crises d'éternuements répétés. Plus tard le sens olfactif s'émousse et si l'anosmie complète est rare, 1 hypoosmie se rencontre assez fréquemment. Comme elle s’accompagne souvent de troubles sensitifs dans la sphère du trijumeau, et d’une disparition de l’éternuement, elle parait liée à l’existence d’un tabes supérieur et relever d’une atteinte de la Ve paire. On a signalé aussi dans le tabes un écoulement plus ou moins abondant et subit de sérosité nasale constituant ce que I on a appelé la crise vaso-motrice ou rhinorrhéique. Ces crises nasales peuvent se montrer dès le début du tabes, mais c’est, somme toute, un svmptôme peu fréquent au cours de cette affection. Dans la sclérose en plaques, les troubles de l'odorat sont rares et peu accusés.

On a constaté une diminution de l’odorat dans quelques cas de paralysie faciale périphérique ; pour expliquer ce phénomène, on ne peut guère invoquer que la gêne de la respiration nasale. D’autre part, dans la névralgie faciale les troubles sécrétoires et circulatoires de la muqueuse expliquent (pie l’odorat puisse être affaibli du côté malade.

Chez les épileptiques, la crise convulsive est parfois précédée d une autre olfactive; c’est soit une simple hyperesthésie de l’odorat, soi I une hallucination de ce sens. Dans I intervalle des crises, Féré a souvent noté la diminution considérable de l’acuité olfactive.

Chez les neurasthéniques, l'odorat acquiert parfois une grande sensibilité.

Dans V hystérie les symptômes olfactifs sont assez fréquents. On observe d ordinaire une diminution de 1 odorat, qui peut être uni ou bilatérale;

SÉMIOLOGIE DE l.A GUSTATIOX.

l’anosmie complète est rare. Souvent encore les malades ont une hyperesthésie ou des perversions de l’odorat. Tous ces roubles sont peu durables et coexistent avec des troubles du goût et de I ouïe. Ouand ( hypoosmie accompagne I hémiplégie ou I hémianesthésie hystériques, elle siège du coté paralysé ou insensible et en général elle est accompagnée de troubles du côté des au l res sens spéciaux — hémianesl liesie son si livo-sensorielle.

Dans ['hystéro-neurasthénie traumatique, on peut voir, comme dans l’hystérie, une abolition complète, une diminution ou des perversions de l’odorat.

Page 1