III. Goût
Le goût a son siège sur la face dorsale de la langue, de la pointe à la hase, et aussi, à un moindre degré, sur les piliers antérieurs du voile et sur le palais mou (Mariau).
Les nerls du goût sont le glosso-pharyngien qui si* distribue au \ lingual, à la base de la langue cl aux piliers antérieurs et la corde du tympan qui, mêlée aux libres du lingual, si* distribue au tiers antérieur de la langue. Les libres sensorielles si* terminent tantôt par des ramilicalions libres intra-épithéliales, comme sur le voile, les piliers ou même la muqueuse linguale, tantôt en de petits organes spécialisés, les bourgeons ou calices du goût. Ceux-ci qui sont disséminés sur le dos de la langue et sur les papilles fongiformes se groupent principalement sur les papilles caliciformes du V lingual qui est la zone la plus gustative. Chaque bourgeon est ovoïde et inclus dans I épithélium à la surlace duquel il s’ouvre par un pore. Il est formé d’un faisceau de cellules épithéliales allongées, les cellules de soutien, au milieu desquelles s'intercalent les vraies cellules sensorielles. Ces dernières sont minces, avec un rendement au niveau du noyau, et se terminent vers le pore gustatif par un cil rigide; les filtres nerveuses se résolvent à leur contact en une fine arborisation qui les entoure en corbeille.
Le glosso-pharvngien est un nerf de sensibilité générale et spéciale. On admet que ses deux ordres de fibres sensilivesonl leurs cellules d origine dans les ganglions d Andersch ou pétreux et d’Khrenritter ou jugulaire, qui lui sont annexés à la hase du crâne. Elles se terminent à l’intérienr du bulbe dans la moitié supérieure du noyau du faisceau solitaire.
Outre leur fonction sécrétoire et vaso-dilatatrice les libres de la corde du tympan sont gustatives, car leur section abolit le goût et laisse intactes les sensibilités tactile et douloureuse. Où se rendent-elles? Autrefois, on admettait qu’elles aboutissaient par des voies détournées, soit au trijumeau, soit au glosso-pharvngien. Il est plus probable que les fibres de la corde du tympan ont leurs cellules d’origine dans le ganglion génieulé qui est un véritable ganglion cérébro-spinal (Sapolini, Van Gehuchten, Ilamon y Cajal), puis se continuent par l’intermédiaire du nerf de Wrisberg. Ce nerf, qui constitue la racine sensitive du facial, se termine dans le bulbe au même endroit que le glosso-pharvngien.
SÉMIOLOGIE bl SYSTÈME NERVEUX.
La voie gustative centrale qui monte vers le cerveau esl perdue au milieu des libres de la sensibilité générale dont on ne la distingue pas. terrier a localisé le cortical du goût dans le lobule lingual.
On a l’habitude de classer les substances sapides en salées (chlorure de sodium), sucrées (saccharose), amères (quinine, coloquinte), acides (sulfurique, acétique, citrique). Les acides ne sont peut-être pas de véritables corps sapides, car ils sont perçus à la face interne des joues, des lèvres, là où les autres saveurs ne sont pas senties (Vaschide).
La sensibilité gustative esl irrégulièrement répartie sur la surface dorsale de la langue ; il faut toujours l’étudier dans le tiers antérieur, puis sur le tiers postérieur, de chaque côté de la ligne médiane. On dépose avec un pinceau ou un compte-gouttes, une gouttelette sucrée ou amère sur le dos de la langue. Si l’on veut opérer avec précision, il faudrait se servir, suivant la méthode de Toulouse et Vaschide, de solutions titrées et commencer les essais avec des solutions au-dessous du minimum perceptible. En moyenne, à l’état normal, on doit percevoir une solution salée à 0,5 pour 100, une solution sucrée à 1, 2 pour 100, une solution amère à 12 pour 5.000. une solution acide à 1/1.000.