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VALEUR SÉMIOLOGIQUE DES TROUBLES DE LA GUSTATION

Au cours de certaines affections du système nerveux, on peut observer une diminution ou une perte du goût, ligpogueusie ou agueusie; elle n’existe pas toujours pour toutes les substances. Elle s’accompagne souvent d’une diminution de la sensibilité tactile. Ici, comme pour l'odorat , l’altération des nerfs de la sensibilité générale de la langue peut être à l’origine des troubles de la gustation, h'hypergueusie est plus rare ; elle est totale ou partielle.

Les troubles subjectifs du goût consistent en hallucinations, illusions et perversions. Dans l’hallucination, le sujet ressent une sensation gustative qui n’a pas d’objet réel ; dans l’illusion, la sensation est bien réelle, mais il y a erreur sur la cause qui la provoque. La perversion du goût est produite par un besoin impérieux de manger des substances dont la saveur esl considérée normalement comme désagréable (Marchand).

Les paragueusies comprennent le retard de la sensation (le temps de réaction normal étant de 0,5 à 2 secondes), les erreurs de localisation et la gustation colorée (Marchand, Vaschide).

Dans les malformations congénitales du cerveau, chez les idiots, la gustation est souvent très incomplète ; ces malades absorbent sans aucun choix tous les aliments. Dans la paralysie générale, les sensations gustatives sont très souvent diminuées ou abolies. Chez tous les aliénés, surtout chez les mélancoliques et les persécutés, il est fréquent de voir des illusions et des hallucinations gustatives.

Dans les affections localisées du cerveau, il est rare que l’on trouve des troubles gustatifs. Cependant dans l'hémianesthésie organique on peut observer parfois une diminution plus ou moins marquée du goût

SÉMIOLOGIE DE LA GESTATION

dans la inoilié correspondante de la langue. Cette agueusie n'est du reste que passagère. On a signalé l’agueusie dans les lésions frappant la base du cerveau, surtout le lobe temporal inférieur, et la partie moyenne de la circonvolution de l’hippocampe. On s’est servi de ces laits pour établir la localisation corticale du goût; mais il y a des cas négatifs.

L’abolition du goût s’observe dans les lésions bulbaires lorsque les libres sensitives du glosso-pharyngien sont atteintes. Elle n’est pas très rare dans le syndrome d'Avellis. On peut la rencontrer dans les lésions de la protubérance qui atteignent le trijumeau, enfin dans quelques cas de syringomyélie à type bulbo-spinal (Schlesingerfe dans les deux derniers cas, l’agueusic est souvent accompagnée de troubles de la sensibilité de la langue. Il semble qu’on devrait trouver fréquemment des troubles du goût dans les affections bulbaires, pourtant ils ne sont pas souvent signalés. Il est probable qu’on néglige souvent de les rechercher.

Les troubles gustatifs des tabétiques ont été étudiés par Klippel. Ils se rencontrent dès le début de l’affection ou bien sont tardifs. Les malades ressentent pendant quelques minutes, périodiquement, toutes les semaines ou tous les mois, uu goût d’amertume, un goût de terre, toujours désagréable. En dehors de ces crises passagères, ils ont souvent des illusions et des hallucinations du goût qui évoluent parfois vers les interprétations délirantes. Quand le tabes est confirmé, on trouve souvent une hypogueusie qui est uni ou bilatérale. L’agueusie complète et bilatérale est rare; elle peut gêner l’alimentation en ôtant l’appétit. Tous ces symptômes s’associent souvent à des troubles de la sensibilité tactile de la langue, à des troubles dans la sphère du trijumeau, si bien que. l’ensemble de ces phénomènes indique leur origine bulbaire. L’hypogucusie a été également signalée dans la paralysie générale.

On observe des troubles gustatifs à la suite des lésions de différents nerfs périphériques — lingual, corde du tympan, glosso-pharyngien, trijumeau. Lorsque le nerf lingual est lésé, c’est le plus souvent à la suite d’une opération chirurgicale. L’agueusie siège alors dans les deux tiers antérieurs de la muqueuse linguale, dans toute son étendue si le domaine du glosso-pharyngien participe en même temps à la lésion.

Dans la paralysie faciale périphérique les troubles du goût sont fréquents. Pour qu'ils se produisent, il faut que le tronc du nerf facial soit lésé entre le ganglion géniculé et le trou stylo-mastoïdien. L’agueusie rarement totale, le plus souvent partielle, occupe le territoire de la corde du tympan, c’est-à-dire les deux tiers antérieurs delà moitié correspondante de la langue. C’est encore à la lésion de la corde du tympan qu'il faut attribuer les troubles du goût que l’on observe parfois dans les otites aiguës et chroniques et dans l oto-sclérose ( Maier) .

L’agueusie ou l’hypogucusie ont élé très souvent notées à la suite de la résection intra-cranienne du trijumeau. Par contre, après l'extirpation du ganglion de Casser, les troubles du goût font défaut (Yaschide).

Dans la mélancolie , il n’est pas très rare d’observer de l hypogueusie.

SÉMIOLOGIE du SYSTÈME xerveux.

Liiez les épileptiques, on a décrit une aura gustative «pii est d’ordinaire une hallucination; après les crises le goût est obnubilé.

Dans la neurasthénie , les troubles du goût s observent parfois, mais ce ne sont guère que des susceptibilités pour certains aliments, des hvpergueusies partielles.

Chez les hystériques , la diminution du goût est fréquente; elle est d'ordinaire incomplète et siège d’un seul côté, de sorte que le malade ne s’en aperçoit pas. Souvent, du reste, elle n’est qu’un des éléments de I hémianesthésie sensitivo-sensorielle. L’anesthésie gustative est parfois moins qu’unilatérale; elle peut être très partielle, ne porter que sur certaines substances. Pour Licbtwitz, le goût persisterait presque toujours sur le tiers postérieur de la langue. Les hvstériques ont parfois des illusions et des hallucinations du goût. Ils ont du reste bien plus souvent île simples perversions gustatives, ce n’est plus de la boulimie comme chez les aliénés, mais une recherche d’aliments épicés et acides, et de crudités.

Enfin, dans Y hystéro-neurasthénie traumatique, le goût peut être aboli, diminué ou perverti, comme dans l’hystérie.

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