‹ Sémiologie des affections du système nerveuxChapitre 177 sur 222 · ST · texte numérisé non relu

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rachidien; mais les résultats obtenus sont contradictoires. Quinckc l'évalue à 150 millimètres, Sicard entre *20 et 55, kronig à 125 dans la position couchée, 410 dans la position assise. 11. Claude (1012) se sert d’un manomètre spécial permettant d’évaluer cette pression avec exactitude. Chez le sujet couché (die oscille cuire 10 et 15 cent. La position assise; l'élève de 8 à 10 cent. La toux la fait varier de 2 à \ cent. Le chitfre le plus faible constaté par cet auteur étail de 4 cent., les plus élevés de 58 à 02 cent. Souvent dans h* cas de tumeur cérébrale il a observé de 40 à 45 cent. En clinique on peut à la rigueur se contenter d’observer la force avec laquelle s’écoule le liquide.

L’ hypertension existe, lorsqu’il sourd en gouttes pressées ou lorsqu il jaillit en jet et se trouve projeté plus ou moins loin de l’embout de l’aiguille. Elle a été notée fréquemment dans les méningites et les tumeurs cérébrales, mais non d’une façon constante; on l'a observée dans V hydrocéphalie, surtout dans Y épilepsie (Dide, Nageotte et Gayet), parfois dans la pellagre (Boveri).

Il suffit, d’ailleurs, que l’aiguille soit partiellement oblitérée par un petit caillot ou hutte contre un tractus méningé qui obstrue en partie son orifice, pour que l'écoulement ne se fasse plus que par gouttes. Aussi, en dehors des cas précités, ne peut-on pas juger de l'état de tension du liquide d'après son mode d’écoulement. Lorsqu’il existe des adhérences cloisonnant les espaces sous-arachnoïdiens, la ponction lombaire ne pourra naturellement donner aucun renseignement sur la tension de ce liquide.

2° Coloration. — Les indications fournies par la coloration du liquide céphalo-rachidien n’ont pas de valeur absolue.

Dans les réactions méningées chroniques, telles que le tabes ou la paralysie générale , il conserve sa limpidité normale. 11 en est de même dans la plupart des cas de méningite tuberculeuse. Dans certaines formes de méningite cérébro-spinale , surtout au début de leur évolution, le liquide n'est pas louche; cependant il ne conserve pas sa limpidité d’eau de roche caractéristique. Quoi qu’il eu soit, l’aspect normal du liquide ne doit pas faire conclure à un état non pathologique el négliger l’étude de ses autres caractères.

Dans les méningites purulentes, il prend le plus souvent un aspect louche, lactescent, blanc-grisâtre ou gris-rougeâtre, dû surtout aux polynucléaires qu’il renferme : il contient alors des microbes; et ces polynucléaires, comme nous le verrons, sont altérés.

Dans certains cas, étudiés par Widal, le liquide a un aspect puriforme, mais il n’est pas septique, il ne contient aucun germe pathogène, les polynucléaires ne sont pas altérés. Ces épanchements puriformes aseptiques des méninges sont ordinairement dus à une lésion syphilitique des centres nerveux. Us relèvent quelquefois d’une irritation banale, comme celle causée par une otite moyenne (ilisl, de Massary et Weil) . Tantôt ils ne s’accompagnent d’aucun symptôme révélateur, tantôt au contraire ils s’observent au cours d’un syndrome méningé avéré. Dans

tous les cas d’épanchements puriformes, on a noté la guérison : leur constatation comporte donc un bon pronostic.

Dans les hémorragies du névraxe ou des méninges, le liquide céphalorachidien esl teinté en rouge ou en jaune par les globules rouges du sang et par leur hémoglobine qui, par hémolyse, a été mise en liberté. Avant de considérer cette teinte comme pathologique, il faut bien s'assurer que le sang ne provient pas de la piqûre accidentelle d'un vaisseau survenue au cours de la ponction lombaire. C’est pour éviter cette éventualité qu’on se servira de préférence d'une aiguille à biseau court : si le liquide est teinté, on enfoncera ou l'on retirera l’aiguille d’un ou deux millimètres, puis.on étudiera l’écoulement du liquide. Selon la méthode de Tu filer et AI i I ian , on le recueillera dans trois tubes différents : la coloration rouge, égale dans les trois tubes eu cas d’hémorragie de cause pathologique, n’existe que dans le premier, au cas de lésion accidentelle. De plus, le liquide hémorragique ne se coagule pas et, comme l’avait constaté Baril, il contient des hémolysines qui dissolvent in vitro les hématies du malade et modifient l'hémoglobine (Froin). Enfin, après centrifugation, le liquide est laqué.

La coloration du liquide hémorragique est variable : tantôt elle rappelle celle du sang, le plus souvent elle est rosée ou jaune. File s’éclaircit par la centrifugation, car les globules rouges en suspension sont précipités au fond du tube où ils forment un culot rouge. A l’examen microscopique, on constate, en outre, des lymphocytes, témoins de la réaction méningée, quelques rares polynucléaires et des hémalomacrophages (Sabrazès et Muralet). L’origine la plus habituelle de cette xanthochromie parait être la transformation de l'hémoglobine des globules épanchés en pigments biliaires vrais, puis en urobiline (que l’on décèle dans le liquide par leurs réactions spéciales) : c’est un nouvel exemple de biligénie hémolytique locale (Froin).

Toute hémorragie cérébrale ou méningée ne se traduit pas nécessairement par l érythrochromie ou la xanthochromie du liquide céphalo-rachidien (Sicard). Mais lorsqu’il est positif, le chromo-diagnostic donne de précieuses indications.

La xanthochromie a été signalée fréquemment dans les fractures <ln crâne ou les violentes commotions cérébrales. Elle s'observe dans V hémorragie cérébrale, qu elle distingue ainsi du ramollissement, dans Vhématomyélie et surtout dans* V hémorragie méningée sous-arachnoïdienne. Exceptionnellement, elle a été notée dans les méningites aiguës ou chroniques et dans la pachgméningite hémorragique. Chez le nouveau-né, elle permet le diagnostic d'un syndrome dû à l'hémorragie méningée et caractérisé par du coma avec cyanose, convulsions, contractures, hyperthermie (Devraigne). Je décrirai plus loin le syndrome de Froin, caractérisé par la xantochromie avec coagulation en masse du liquide céphalo-rachidien.

Dans les compressions de la moelle par mal de Pott (Sicard et Foix), comme aussi dans certains cas de pachymémingite, la xanthochromie

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