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SÉMIOLOGIE DI' LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN

poussée secondaire jusqu’à l’apparition des signes nerveux : dans ecs cas, la lymphocytose était permanente (Nageotte, Rayant). D’ailleurs, à l’aide d’un cas anatomique, Sézary a montré comment on pouvait interpréter les laits. Pour lui, la réaction méningée latente de la période secondaire, lorsqu’elle devient chronique, entraine des lésions radiculaires analogues à celles qu’on observe dans toute méningite; il en résulte la dégénérescence des cordons postérieurs de la moelle : le tabes est ainsi constitué. La lymphocytose des tabétiques, des paralytiques généraux, est incurable par le traitement mercuriel, ce qui la différencie de celle de la période secondaire : c’est pourquoi Sézary la considère comme relevant non pas de la syphilis, mais d’un état inflammatoire méningé entretenu par les tissus sclérosés. Notons enfin qu’au cours de ces affections on peut rencontrer des polynucléoses pures, à éléments intacts (Relin et Bauer, Yillarel et Tixicr).

J'ai dit que dans le tabes la lcucocytose était presque, mais non absolument constante. Il est en effet des cas de tabes à évolution très lente et des cas de tabes arrêtés dans leur développement dans lesquels elle fail défaut, ainsi que l’ont constaté J. Camus et Armand Delille ( 1902) sur des malades de mon service.

En dehors de ces affections des centres nerveux d'origine syphilitique, la lymphocytose a été rencontrée au cours de certains autres syndromes où elle est d’ailleurs relativement rare: ramollissement cérébral par artériosclérose (Sicard, Babinski et Gendron), sclérose en plaques (Sicard, Babinski et Nageotte), mal <le Polt (W idal et Le Sourd). D’ailleurs, le ramollissement cérébral réalisé expérimentalement, peut s’accompagner de réaction méningée (Lhennille et Schàffer), ce qui prouve bien que l'irritation aseptique provoquée par le voisinage du tissu nerveux dégénéré suffit à déterminer la lymphocytose. Le même fait s’observe dans certains cas de tumeurs cérébrales voisines des méninges (Verdun).

Dans les affections médullaires d’origine non syphilitique, la lymphocytose fait ordinairement défaut. C’est, en particulier, le cas pour la maladie de Friedreicli (Sicard). Bauer et Gy cependant en ont constaté l’existence dans un cas de cette affection.

Dans la maladie du sommeil (trypanosomiase) l’état du liquide céphalorachidien est variable selon les périodes de l’affection et il existe une sorte de rapport entre l’abondance de la lymphocytose et l’infiltration vasculaire et méningée (Greig et Gray (1905), .Mott (1907). En effet la richesse du sédiment en cellules lymphatiques et en albumine est d’autant plus grande que la maladie est plus avancée. La médication arsenicale montre que, à mesure (j ne l’état du malade s’améliore, le nombre des lymphocytes et la quantité d’albumine diminuent (Broden et Rodhein (1909).

Dans les radiculiles, la lymphocytose est de règle (P. Camus et Sézary), ce qui est bien en rapport avec leur nature très souvent syphilitique : de môme dans le zona, ainsi que je l’ai déjà indiqué. Les paralysies des nerfs crâniens s'accompagnent fréquemment d’une lymphocytose qui

SEMIOLOGIE DI SYSTÈME NEUVE EX

témoigne du processus méningé dont elles relèvent souvent et qui doit faire soupçonner leur origine syphilitique. De Lapersonne l'a constatée dans la névrite optique, Claude et Sézary dans un cas d hémiatrophie faciale, Pitres dans trois cas de névralgie faciale rebelle, .h* l’ai également observée dans un cas analogue guéri par le traitement spécifique.

Dans la névrite périphérique, au contraire, la lympbocvtose lait défaut : ce signe permet donc de reconnaître certains pseudo-tabes, d’origine névritique — nervo-tabes périphérique — du tabes vrai, où la lymphocytose est de règle. Elle est également absente dans la psychose polynévritique de KorsaUoff (Sézary).

Dans la paralysie ascendante aiguë, les résultats sont variables. Dans les cas relevant d’une polynévrite, la réaction semble faire défaut, tandis • pie dans les formes myélitiques, elle existe (Drissaud et Londe, Armaud- ! tel i lie et Denécbaux, Marinesco, Sicard et Bauer, etc.).

J’arrive maintenant aux névroses et aux psychoses.

Dans V hystérie, il n’y a jamais d’élément figuré dans le liquide céphalorachidien. Il en est de même pour la neurasthénie, pour la maladie de Parkinson (sauf un cas de Dufour). De même dans Yépilepsie dite essentielle (Babinski et Nageolte), ce qui la différencie de certaines épilepsies symptomatiques.

Il n’existe également pas de lymphocytose dans les psychoses, telles que la démence précoce, la psychose maniaque-dépressive , les états mélancoliques, la démence sénile, etc. Cette notion est très importante à propos du diagnostic dilférentiel avec la paralysie générale, où la lymphocytose est la règle.

IV. Étude microbiologique. — Dans un grand nombre de cas relevant de la médecine générale, l’étude microbiologique du liquide céphalo-rachidien est importante pour le diagnostic. En général, la constatation de microorganismes va de pair avec celle des leucocytes. Mais dans beaucoup de réactions cellulaires, on ne trouve pas de microbes. Bien plus, la réaction cellulaire peut faire défaut, alors que les microbes sont abondants (de tels cas sont cependant exceptionnels, on en compte actuellement environ une quinzaine).

On devra donc rechercher les microbes pathogènes à l ultra-microscope ou après coloration sur lames, à l’aide de cultures, d inoculations aux animaux ; on devra les différencier de germes analogues, tels le méningocoque du gonocoque, le bacille de Koch des bacilles acido-résistants (Ristet Boudetl. Je n’insisterai pas plus longtemps sur ces considérations d’ordre bactéroldgique et j'indiquerai quels sont les microbes le plus souvent rencontrés : méningocoque, pneumocoque, streptocoque, staphylocoque, bacilles de Koch, d’Eberth, de Pfeiffer, coli bacille, etc.

Dans le zona, Achard et Loeper ont décrit un bacille spécial dont l’action pathogène n’est d’ailleurs pas encore démontrée. D’après Denigés et Sabrazès, le liquide céphalo-rachidien des rabiques contient le virus

SÉMIOLOGIE Dr LIQIIDE CÉPHALO-RACHIDIEN.

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