‹ Sémiologie des affections du système nerveuxChapitre 36 sur 222 · AUTOMATISME AMBULATOIRE · texte numérisé non relu

AUTOMATISME AMBULATOIRE

L 'automatisme ambulatoire mi encore une forme que peut revêtir le somnambulisme hystérique. Je ferai de suite remarquer que cette variété simule à s’v méprendre Y automatisme comitial ambulatoire, aussi confondrai-je les deux descriptions en une seule. Les malades font des fugues, ils ont une tendance à la déambulation et aux voyages : ce sont de véritables dromomanes. La fugue peut durer quelques heures ou plusieurs jours; au retour à l’état normal, ce qui s’est passé pendant le voyage est effacé du souvenir du sujet et par l'hypnose on peut très sou-

TROUBLES DE L'INTELLIGENCE

vent lui faire raconter tous les détails de sa fugue, les endroits où il est passé, etc. Pendant les marches, les actes de la vie ordinaire s’exécutent normalement; cependant on remarque parfois un air hagard et concentré assez spécial. Rarement au cours de cet automatisme ambulatoire, les malades exécutent des actes répréhensibles. Le début est quelquefois précédé d’une aura et l'accès souvent se termine par des crises convulsives. Mais le fait n’est pas constant. Les faits d’épilepsie procursive et d’hystérie ambulatoire ne se comptent plus aujourd hui. Après Charcot, Féré, J. Voisin, Janet et Pitres ont étudié le sujet. Régis (1895) a résumé les caractères différentiels de la fugue morbide dans la folie, l’épilepsie, l’hystérie, la neurasthénie. Pour Zéri (1895), la dromomanie serait un phénomène psychasthénique. Chez 1 enfant, Cenek Simerka (1897) a rapporté un cas intéressant d'automatisme ambulatoire. D’après Sabrazès et de Ratz (1897), on pourrait même voir l'automatisme ambulatoire dans la cysticefcose de I encéphale.

On peut avec Géliiu (1894) résumer ainsi les caractères des diverses variétés d automatisme ambulatoire : à la fugue épileptique appartiennent la soudaineté, l’automatisme, les impulsions aveugles, I inconscience, l’absence de but, l’amnésie complète; à la fugue hystérique, le déterminisme inconscient, mais reflétant une idée antérieure, la cohérence, la logique des actes et la lixile du but lions la course maltue l’automatisme apparent, enfin 1 amnésie habituellement moins absolue que dans l’épilepsie; à la fugue neurasthénique appartiennent la conscience complète de l'idée, de la mise en marche, de la fugue, et le souvenir complet de tous scs détails. Je fais de fortes réserves sur l'existence de cette dernière forme que je n’ai jamais observée chez aucun neurasthénique. Géhin conclut à l’irresponsabilité de tous ces individus durant leurs fugues, à quelque classe morbide qu ils appai tiennent.

11 me reste encore à signaler 1 opinion de Lrancotte (1897 1. qui tend a faire admettre l’existence du somnambulisme alcoolique, c’est-à-dire d’un état provoqué par l'alcool, ou le sujet agit dune laçon appaiemment normale, mais sans en avoir conscience, ou du moins sans en garder le souvenir. Le somnambulisme alcoolique ne s observe habituellement que chez les psychopathes héréditaires. Les actes commis doivent alors bénéficier de ^irresponsabilité, à moins qu'il ne s'agisse d’une ivresse voulue, préméditée.

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