‹ Sémiologie des affections du système nerveuxChapitre 60 sur 222 · GI · texte numérisé non relu

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S" A la période tir flaccidité, et même pendant le coma, on peut constater le signe de liai mixte pour le membre supérieur ; si, le coude du malade étant appuyé sur le lit ou sur la table, on met l'avant-bras et la main en position verticale, et qu'on abandonne ensuite la main à elle-même, on la voit se fléchir brusquement sur l’avant-bras, formant avec lui un angle de 130“ à 110°. (liiez les sujets sains, même pendant la narcose chloroformique, la main reste verticale. Ci1 signe est, selon liaimiste, mu1 manifestation de l’action prédominante des fléchisseurs.

0° D’après Betcherrvv si, après avoir produit une llcxion passive des deux avantbras sur les bras, on les laisse retomber, on constate que l’avant-bras du côté hémiplégie retombe plus lentement, en deux temps, alors même qu'il n’existe pas de contracture appréciable.

10° J’ai déjà parlé du signe île la griffe mécanique: pour le rechercher, il suflil d’introduire l’index dans la main fermée d'un hémiplégique en contracture. Si l’on fléchit la main malade sur l’avant-bras, la pression se relâche, si l’on relève au contraire la main, on sent s'exagérer la pression de cette main fermée autour «In doigt, manifestant ainsi la contracture des muscles fléchisseurs.

1 1° Phénomène îles interosseup (Souques). Si l’on commande au malade de lever le bras paralysé, en même temps que le mouvement s’exécute on voit les doigts de la main paralysée s’étendre et s’écarter involontairement sous l'influence des interosseux dorsaux, (le mouvement associé se manifeste à la période de contracture.

I ‘2° Signe de Klippel et Weil, ou signe du pouce. Si l’on tente de redresser les doigts fléchis d’un hémiplégique en contracture, on voit le pouce se fléchir sur la paume de la main.

Membre inférieur. — J’ai suffisamment insisté plus liant sur le signe de Babinski,

- flexion dorsale du gros orteil après excitation de la plante du pied — et sur le mouvement de flexion combinée de la cuisse et du tronc décrit par cet auteur. Je n’y reviendrai pas et me contenterai d’énumérer les autres signes.

13" ba flexion dorsale du gros orteil peut être provoquée par d’autres procédés; — en appuyant du haut en bas, par une friction forte, sur les muscles du groupe anléro-externe de la jambe — signe d'Oppenlieim — ; en pinçant profondément le tendon d’Achille au-dessus du calcanéum — signe de Schafer — ; en comprimant profondément les muscles du mollet — réflexe paradoxal de Cordon.

14° Signe de l'éventail (Babinski) : l'excitation de la face plantaire du pied produit un mouvement d’abduction des orteils, qui s’écartent l’un de l’autre, (le signe est surtout fréquent dans les hémiplégies spasmodiques congénitales avec alhétose.

13“ Pour Bossoliino, la percussion légère de la face plantaire des orteils détermine leur flexion, ce qui n’existe pas chez l'homme sain.

Le réflexe dorsal de Mendel-Betcherevv, ou réflexe ilorso-cuboïd ien , provoqué en percutant légèrement la lace latero-dorsale du cuboïde el du 3e cunéiforme, détermine mu1 flexion des orteils (sauf le gros orteil) chezles sujets paralysés, l’extension chez les sujets sains.

Pour llirschberg, la friction du bord interne du pied provoque chez l'hémiplégique l’adduction du pied avec rotation interne, etc.

16" L hypotonie musculaire peut se manifester par le signe de la cuisse large, de lleilbronner ; le diamètre transversal est augmenté, le diamètre antéro-postérieur diminué.

17° Babinski a décrit, à côté de la flexion combinée de la cuisse el du tronc, sur laquelle j’ai déjà insisté, d’autres mouvements associés caractéristiques.

A. Ouand assis sur un siège sultisamment élevé pour que les jambes soient pendantes et que les pieds ne reposent pas sur le sol, le malade imprime aux membres supérieurs un mouvement énergique (serrer les mains avec force), la jambe du côté paralyse exécuté un mouvement d’extension sur la cuisse, tandis que la jambe du côté sain reste immobile.

B. Le, malade est ('tendu sur un lit, les liras croisés, les cuisses fléchies sur le bassin, les jarrets reposant sur la barre du pied du lit. les jambes pendantes; il fait ellorl pour si* mettre sur son séant : du côté sain la cuisse reste immobile ; du côté

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malade, la cuisse se fléchit sur le bassin H la jambe s’étend >ur la cuisse, etc.

18° Striimpell a décrit, sous le nom de phénomène du jambier anterieur, un uiouveu i en t associé provoqué par la flexion volontaire de la jainlie sur la cuisse. Ce uiouvemenl s’accompagne d’une contraction du jambier antérieur entrainaiil la llexiou dorsale et l’adduction du pied. Comme toujours, le phénomène est plus net lorsqu'on oppose une résistance au mouvement ordonné.

19° Signe de Grasset-Bychowski. Grasset (1900) a montré que souvent l'hémiplégique peut soulever isolément, au-dessus du plan du lit, chacun des deux membres intérieurs, mais qu’il ne peut élever les deux simultanément. Si l’on dit au malade de soulever l<* membre paralysé, il le lient facilement eu l’air, mais si l’on soulève alors le membre sain, on voit retomber le membre paralysé. C’est que « il faut plus de force pour soulever un membre en stabilisant seulement le tronc qu'en stabilisant aussi l’autre membre » et en prenant un point d’appui sur lui.

ti()° Le phénomène de Yopposition complémentaire , étudié par Grasset et Gaussel. Bvehowski, lloover, est à rapprocher du précédent.

Normalement quand un sujet couché sur le dos veut (‘lever une de ses jambes, il exerce avec l'autre jambe une pression qui immobilise le bassin et prend en quelque sorte poiid d'appui sur le lit. On perçoit nettement cette pression en plaçant la main sous le talon.

l'our soulever le membre sain, l’hémiplégique appuie plus ou moins son membre paralysé ; mais, surtout, quand il veut soulever le membre paralysé, même s'il n'\ réussit pas, il exerce une pression énergique avec le talon sain.

C’est là, comme tous les mouvements associés, un caractère qui manque complètement dans les paralysies hystériques.

21°Raimiste a décrit pour le membre inférieur le signe de V arlduelion et abduction associées :

Le malade est couché sur le dos, les jambes écartées; on lui commande de ramener son membre sain à côté du membre paralysé, mais on immobilise énergiquement le membre sain pour empêcher le mouvement de se produire. On constate alors (pie c’est le membre paralysé qui se rapproche involontairement du membre sain. Le même phénomène de mouvement associé se produit aussi pour les mouvements d’abduction.

22° L’hypertonicité musculaire des hémiplégiques peut encore être décelée par le signe de Néri :

Si le malade étant couché ou pratique la mamruvre de Lasègue, en fléchissant sur le bassin le membre inférieur maintenu dans la position d’extension, le membre sain n’ofl’ro aucune résistance; le membre paralysé présente, dès qu’il forme avec le bassin un angle de 40° à 00°, une flexion de la jambe sur la cuisse.

Si le malade étant debout, les jambes un peu écartées, on lui commande de plier le tronc en avant, le membre inférieur sain reste étendu, le membre inférieur contracturé se fléchit au niveau du genou.

Néri a encore signalé un mouvement de supination passif de l’avant-bras et de la main, du côté Itémiplégié. Le sujet étant dans le décubitus dorsal, les membres supérieurs allongés sur le plan du lit et en pronation, si on glisse la main sous l’avantbras du sujet et si ou fléchit l’avant-bras sur le bras sans toucher à la main, ou constate le phénomène suivant : du côté sain, la main du sujet reste dans sa position primitive, c’est-à-dire en pronation, tandis que, du côté malade, la main présente un mouvement de supination.

25" Ou and un hémiplégique en marchant fait volte-face en tournant sur le pied malade, on peut affirmer, selon Kidd, une lésion organique. Itans le cas contraire, ou ne peut rien affirmer.

24° Phénomène de retrait du membre inférieur à la suite de la flexion plantaire des orteils. — Il y a plus de cinquante ans que Brown-Séquard montra que l’on pouvait faire cesser l’épilepsie spinale — phénomène du pied — en fléchissant fortement le gros orteil sur la plante du pied. On observe alors un retrait rapide du membre inférieur — mouvement de défense — caractérisé par une flexion brusque

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do la jambe sur la cuisse el de la cuisse sur le bassin. Ilechterew (ItUIÙ) étudia la valeur sémiologique de ce signe et décrivit ce réflexe connue l’expression d'une

hyperkinésie générale consécutive à la lési les différentes parties du neurone

moteur central. Tout en le considérant comme moins fréquent que le réflexe de Babinski et le phénomène du pied, Bechterew lui attribua une valeur diagnostique dans les paralysies spasmodiques. Ce phénomène de retrait du membre inférieur, que l’on obtient en prenant à pleine main le pied du malade et en effectuant une forte flexion plantaire du pied et des orteils, a été observé depuis par Pierre Marie et Foix (1910) et par Nonna-Baranow (1912). Pour ce dernier auteur il serait presque aussi fréquent que le clonus du pied.

25" Logre (191 1) a fait remarquer que, dans les hémiplégies et dans les paraplégies spasmodiques, on observe souvent une flexion dorsale spontanée du gros orteil, provoquée par la recherche du signe de Kernig, ou du signe de Lasègue.

Si l’on fait asseoir le malade, on constate que le membre inférieur s’étend incomplètement, le genou restant en flexion légèré. Cette attitude, en rapport avec l'état spasmodique, peut être facilement vaincue; mais si l’on applique le creux poplité sur le plan du lit, le gros orteil se met en flexion dorsale.

Ce signe coexiste habituellement avec le signe de Babinski dans les hémiplégies el les paraplégies spasmodiques. Il est cependant à rapprocher du signe décrit par P. E. Weil dans les méningites, où la recherche du signe de Kernig provoque également l’extension dorsale du gros orteil, alors qu'il n’existe pas de signe de Babinski.

2(1° Claude a insisté sur la valeur pronostique du phénomène éé hyperhinésie réflexe. L'excitation douloureuse, par piqûre, pincement, pression des masses musculaires, détermine quelquefois, dans un membre complètement paralysé et incapable de loul mouvement volontaire, des mouvements réflexes d'extension ou de retrait du membre. Ce signe, qui lui aussi est caractéristique de l’hémiplégie organique, esl considéré par Claude comme ayant une valeur pronostique en faveur de la restitution de la motilité.

On pourrait encore découvrir bien des petits signes de l’hémiplégie, car il peut en exister, pour ainsi dire, autant que d'appareils et de muscles. Il ne faut pas du reste se méprendre sur leur valeur. S’il est utile d'en connaître quelques-uns pour aider au diagnostic dans certains cas difficiles, leur recherche pratiquée d'une manière systématique me parait sinon inutile, tout au moins superflue.

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