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SÉMIOLOGIE ’ DU U Y ST ÉMU SE TU’ EUX

La paraplégie hystérique petit se compliquer quelquefois d’atrophie musculaire susceptible d'atteindre parfois mi degré très accusé (fig. 91 1. ( Voy. Atrophie musculaire hystérique.)

La durée de la paraplégie hystérique est très variable, de quelques jours a plusieurs années. C est avant tout une question de thérapeutique.

Fig. 91 — Paraplégie hystérique datant de cinq ans, avec atrophie très accusée des muscles paralyséchez un homme de quarante-six ans (Bicêtre, 1892).

Dans les cas anciens accompagnés de contracture il n’est pas rare d’observer des rétractions fibro-musculaires, en particulier de la plante des pieds <pii, une fois la paraplégie guérie, constituent un sérieux obstacle à la station debout et à la marche (fig. ôll). J’ai insisté sur le rôle joué par l’émotion dans la genèse de cette paraplégie comme du reste dans la genèse de toutes les manifestations de l’hystérie et je tiens à mentionner ici le fait, que, chez plusieurs sujets atteints de paraplégie hys-

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térique (|ue j’ai observés, il existait depuis l’enfance une tendance à sentir une faiblesse se produire « dans les jambes » à l'occasion de la moindre émotion.

Basophobie [Idiobie de la sial ion debout et de la marche, staso-basophobie). — Chez les neurasthéniques, chez les hystériques, souvent aussi chez des suje s qui 11e présentent pas un état névropathique nettement déterminé, mais qui ont cependant un fonds d’émotivité, on voit survenir à la suite de causes morales, quelquefois à la suite d’un traumatisme souvent léger, une chute par exemple, — toujours somme toute à la suite d’une émotion — divers troubles de la station debout et de la marche plus ou moins associés entre eux. Certains sujets éprouvent la plus grande difficulté à se tenir debout en équilibre, ils prétendent que leurs jambes sont trop faibles pour les porter, et s’ils ne sont pas soutenus ils ont peur de s'effondrera terre. D’autres fois ils peuvent tenir sur leurs jambes mais ne peuvent marcher sans soutien. Ces malades ne sont autre chose que des « phobiques » de la marche et surtout de la marche dans les rues, car chez eux ils se comportent comme des sujets normaux. Ce diagnostic est des plus faciles car ici il n’y a pas de paraplégie mais bien un état émotif qui empêche le sujet de se servir de ses jambes. Ce! état de basophobie se rencontre encore assez souvent associé à la paraplégie par lésion organique et il en exagère parfois notablement les symptômes.

Dans le cadre des paraplégies fonctionnelles rentrent encore les paraplégies réflexes décrites par Charcot : « ce sont des affections parétiques ou paralytiques des membres inférieurs, survenant dans le cours de certaines affections des voies urinaires et paraissant devoir être rattachées à celles-ci, à titre d’elfet consécutif, d’affection deutéropathique ». Il est plutôt question, dans ces cas, de faiblesse des membres inférieurs que de paralysie à proprement parler : les symptômes sont transitoires; les accidents débutent brusquement et disparaissent de même. Cette question des paraplégies dites réflexes est du reste encore des plus obscure et nécessite de nouvelles recherches. Je n’en ai jusqu’ici pour ma part jamais encore observé d’exemple.

Cn dehors de la paraplégie par* sclérose des cordons latéraux chez les tabétiques — sclérose combinée — et dont j’ai parlé plus haut, je tiens à dire quelques mots d’une paraplégie de nature fonctionnelle que j’ai observée quelquefois chez ces malades, à la suite de crises de douleurs fulgurantes des membres inférieurs ayant présenté une intensité et une durée peu ordinaires. Il s’agit d’une paraplégie flasque, pouvant être totale, absolue et se terminant peu à peu par la guérison dans 1 espace de quelques semaines. Dans ces cas il s’agit sans doute de paraplégie par épuisement, d’une sorte d’inhibition de la motricité, (lue à une excitalion douloureuse trop prolongée.

SÉMIOLOGIE D L S Y S TÉ ME iXEli I E L X.

Y. Paralysies intermittentes et paralysies périodiques.

Dans cette classe rentrent tonie une catégorie de paralysies dont la pathogénie est encore fort obscure et qui ont pour principal caractère d’être périodiques, intermittentes.

Un certain nombre de ces faits rentrent dans le domaine de la malaria. On rencontre, en effet, parfois dans cette affection des paralysies intermittentes, accompagnées ou non de troubles du côté de la sensibilité et des sphincters, durant quelques heures et disparaissant avec l’apparition d’une sorte de crise sudorale. Ces attaques de paralysie peuvent affecter le type quotidien ou le type sérié, et sont favorablement modifiées par la quinine.

Paralysie périodique. — Plus importants et d’une interprétation beaucoup plus délicate sont les faits de paralysie périodique . observés pour la première fois par Westphal (1885). Ici la symptomatologie est la suivante : Un sujet bien portant est pris très rapidement d’une paralysie des quatre membres et du tronc, paralysie Masque avec intégrité de la sensibilité et en général des sphincters. Les membres inférieurs sont en général pris les premiers, puis les muscles du tronc et des membres supérieurs se paralysent à leur tour. Le plus souvent, pas toujours cependant, les muscles de la face, de la langue et du pharynx sont intacts. Dans quelques cas on a observé pendant la crise de paralysie une dilatation du cœur (Oppenheim, Goldllam, Mitchell, Hirsch). L’état des réflexes tendineux est proportionnel à l’intensité de la paralysie, ils diminuent d'abord puis disparaissent complètement. Il en est de même pour l’excitabilité mécanique, faradique et galvanique des nerfs et des muscles qui, s'affaiblissant progressivement, finit par disparaître complètement. Les muscles paralysés finissent par ne plus répondre à aucune excitation — réaction cadavérique. Il n’y a pas de fièvre, mais le malade accuse de la soif et il transpire beaucoup. L’accès de paralysie disparaît graduellement et la motilité redevient normale. Le début de l’accès se fait la nuit et se termine en général vers midi. Le retour de ces accès n’a rien de fixe: ils peuvent être quotidiens, hebdomadaires ou survenir à une époque plus éloignée. Dans l’intervalle des crises le sujet est normal.

Les faits de ce genre sont aujourd’hui déjà assez nombreux (Hartvvig, Cousot, Fischl, Goldflam, Greidenberg, etc.). Cousot (1887) a montré que cette affection pouvait avoir un caractère familial. Sa durée est indéterminée, elle peut même persister toute la vie comme chez le malade de Westphal et dans un des cas de Cousot. On ne sait encore rien de précis sur l’anatomie pathologique de celte singulière affection. Westphal et Oppenheim ont constaté quelques modifications histologiques des muscles dans des fragments excisés sur le vivant, et Goldflam a trouvé une hypertrophie avec vacuolisation et dégénérescence cireuse du faisceau primitif.

Un ne peut faire encore que (les hypothèses sur la nature de la paralysie périodique. L’évolution intermittente de ces paralysies exclut toute idée de lésion, au sens anatomique du mot. L’hypothèse la plus vraisemblable est celle d’une sorte d’auto-intoxication à décharges paroxystiques, avec inhibition passagère des centres nerveux ou de leurs terminaisons motrices périphériques. La présence de toxines et d’albumine dans l’urine, constatée dans quelques cas, est en faveur de cette opinion.

C’est par conséquent une paralysie fonctionnelle, sans lésion appréciable, de cause toxique ou auto-toxique.

Le diagnostic des paralysies intermittentes dues à la malaria n'offre fias de difficultés si l’attention est attirée de ce côté; on les rencontre, en elfet, chez d’anciens paludéens.

Quanta la paralysie périodique proprement dite, son diagnostic est facile et la paralysie ascendante aiguë ne saurait prêter à confusion, étant donnée sa marche grave et progressive.

A certains égards ces paralysies transitoires sont à rapprocher de la myasthénie grave pseudo-paralytique, — syndrome d’Erb — Goldflam, paralysie bulbaire asthénique.

On observe, en elfet, dans cette affection des paroxysmes paralytiques au cours de l’état myasthénique permanent. Il est vraisemblable qu'il s’agit également dans ces cas de troubles nerveux auto-toxiques.

Il n’existe dans ces cas ni douleurs, ni troubles circulatoires; les troubles moteurs consistent plutôt en asthénie profonde, fatigabilité extrême, el épuisement très rapide de la force musculaire, qu’en véritables paralysies. Le repos fait disparaître cet épuisement musculaire. L’existence à peu près constante de troubles asthéniques du côté des nerfs crâniens — ptosis, paralysies oculaires, phénomènes bulbaires — et la réaction spéciale des muscles atteints, rendent facile le diagnostic, de la myasthénie pseudo-paralytique. (Voy. Réaction myasthénique.)

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