‹ Sémiologie des affections du système nerveuxChapitre 88 sur 222 · I. — CATALEPSIE · texte numérisé non relu

I. — CATALEPSIE

On a appelé catalepsie I impossibilité de la contraction volontaire des muscles, coïncidant avec une aptitude spéciale à conserver l'attitude imprimée aux membres.

Il esl à peu près admis aujourd'hui que la catalepsie vraie u existe que chez les ( hystériques en étal ou non d'hypnose.

Le sujet reste figé dans la position où on le met, les veux ouverts et immobilisés, l'expulsion de physionomie atone, ou répondant à l'hallucination qui s’esl emparée de lui; les membres sont immobiles; si ou x eut les mouvoir, on s’aperçoit qu'ils soûl souples, non contracturés

mon: lus de i.a motilité

llc.ribililas cerea : — les divers segments conservent la position dans laquelle on les place : on dirait un mannequin articulé et mù par quelqu’un. Les cataleptiques peuvent prendre el conserver les situations les plus variées, sans témoigner aucune sensation de fatigue. Lorsqu’on imprime de petites secousses à un membre en catalepsie, il peut arriver ([lie ces oscillations se prolongent un certain temps. Cherehe-l-on à mettre en marche un cataleptique, il fait automatiquement quelques pas, puis revient à son attitude antérieure.

Si la catalepsie vraie est toujours une manifestation artificielle obtenue chez des hystériques, il existe cependant des états cataleptiques assez semblables que l’on peut observer chez les idiots, les dégénérés et au cours de certaines maladies mentales: ils se rapprochent alors de la catatonie. On peut les rencontrer aussi dans les maladies infectieuses.

Catatonie. — On désigne sous le nom de catatonie une tendance à conserver une attitude imposée ou même choisie spontanément. Le malade prend souvent de lui-même une altitude et la conserve presque indéfiniment ; pendant des heures, parfois même des mois et des aimées, il restera les bras en croix ou les mains jointes : il accepte avec la même facilité une attitude qu'on lui impose el la conserve très longtemps.

Il peut également reproduire indéfiniment le même mouvement, mais on désigne plutôt ce phénomène sous le nom de stéréotypie.

La catatonie ne survient qu’au cours des maladies mentales: elle accompagne presque toujours un étal démentiel avec affaiblissement notable de l'intelligence.

Très souvent, la catatonie se trouve associée, chez le même sujet, à d’autres manifestations d’automatisme, telles que la stéréotypie sous toutes ses formes : stéréotypie motrice, graphique, verbale, avec écholatie, verbigération, etc.

La catatonie est particulièrement fréquente dans la démence précoce, au point que Kahlbaum décrivait sous le nom de catatonie une maladie que Ton assimile maintenant à la forme dite catatonique de la démence précoce. En effet, la catatonie est essentiellement un symptôme qui peut se rencontrer — quoique avec une fréquence beaucoup moins grande dans Y idiotie, la confusion mentale, la mélancolie avec stupeur, et même au cours de la lièvre typhoïde, dés intoxications alcoolique el urémique Elle peut s’observer aussi dans les affections du cervelet (Habinski). (Yoy. p. i24.

Avant de terminer cet exposé rapide de la catalepsie, je signalerai encore ce fait que Spina ayant injecté un centimètre cube de teinture fraîche d’opium dans l’abdomen d’un rat qui n’était pas lié à la table d’opération, a pu provoquer, en passant doucement à plusieurs reprises la main sur la queue de cet animal, un état cataleptiforme des muscles caudaux. L'auteur en conclut qu’il est probable que chez l'homme, les contractions, dans l’état cataleptiforme, sont causées par l’action réitérée

SÉMIOLOGIE DU S) > T ÉMU .XLIIVÉUX.

vos

de 1 excitation. On sait, en effet, qu’il est possible de provoquer la catalepsie chez l'homme, ainsi que Rosenthal, Stubing, Onimus l’ont montré, au moyen du courant électrique ou par l'excitation mécanique de la peau.

Résistance à la fatigue chez l’enfant. — Jusqu'à l’âge de deux ans et demi environ, reniant normal possède une aptitude particulière à conserver sons fatigue les attitudes passives (Collin, 1011). Il pourra par exemple maintenir pendant un quart d heure, vingt minutes ses bras en I air ou dans la position horizontale. Si, même après avoir placé les bras de l'enfant dans l'une ’mi l’autre de ces positions, on en abaisse un. Cap Ire bras reste levé, comme s'il était oublié par le petit sujet. A cet âge, on constate également l'exagération des réflexes tendineux. le signe de Babinski. C'est le tvpe des réactions des nourrissons.

A partir de l’âge de deux ans et demi, fous ces caractères se modifient chez reniant normal. L exagération des réflexes tendineux disparaît, le réflexe cutané plantaire se l’ail en flexion, l’enfant ne garde plus sans fatigue les attitudes passives et, lorsqu après lui avoir levé les bras en I air, on en abaisse un, l’autre s abaisse spontanément. On peut dire alors que chez lui l'évolution du système nerveux est terminée.

Certains enfants conservent plus longtemps que normalement — jusqu à quatre, cinq, six ans — les réactions du premier âge. On constate alors ( liez eux, outre 1 exagération des réflexes tendineux et quelquefois le signe des orteils, la persistance des attitudes passives, la résistance à la fatigue, le phénomène du bras restant levé lorsqu'on abaisse l’autre.

Tous ces phénomènes sont à rapprocher du syndrome de débilité motrice étudiée par Du pré cl Merck len ( l!tl 1 ). Ils montrent que b* développement du svstème nerveux n’est pas encore terminé et se rencontrent par conséquent chez les enfants retardataires ; j’en ai observé un exemple remarquable chez un enfant de douze ans très nettement arriéré. Mais ces phénomènes survenant chez des enfants avant dépassé 1 âge où ils existent normalement, s ils prouvent, je le répète, que le développement du système nerveux n’est pas encore terminé, n indiquent pas cependant que ce développement ne puisse se parachever. Kntin, d'après Collin, la constatation du svndrome de résistance à la fatigue pourrait aider au diagnostic di lièrent iel entre l’enfant simplement arriéré et 1 idiot ou l'imbécile. Il ferait en général défaut chez ces derniers.

K. — HYPOTONIE

Ce tonus musculaire peut être diminué dans certaines affections du système nerveux. Lcyden, puis Frankel ont décrit l’hypotonie musculaire des tabétiques. On l’observe également dans la maladie de Friedrcieh. Lcyden, Frankel avaient remarqué que les tabétiques prennent souvent sans effort et sans fatigue des attitudes irréalisables chez un individu normal : quelques-uns d’entre eux peuvent par exemple se mettre à leur

premier essai dans la position du grand écart, c’est-à-dire réaliser une abduction exagérée des cuisses, mouvement que les gymnastes de profession n’acquièrmt qu’aux prix de longs efforts: chez d’autres, on peut plier complètement le tronc sur les jambes et amener les genoux au contact de la bouche (fig. 259 et 240).

On peut mesurer d’une façon plus précise le degré de celle atonie des

Fi;;. 2i0.

Fijr. 2.7.1 i't 2 in. — Hypotonie dans lo tabes. Femme de trente-quatre ans arrivée à une période d'incoordination moyenne dticèlre. 1899).

tabétiques on faisant coucher le sujet sur un plan horizontal dur, et à étudier la flexion possible île la jambe étendue sur le bassin. Sur un sujet sain, la jambe levée le plus liant possible fait avec l’horizontale un angle de 05 à 75 degrés en moyenne, et en tout cas n'arrive jamais à la verticale. Quand on veut lever la jambe plus liant, le mouvement est limité par la résistance tonique des muscles antagonistes. Oitez le tabétique, au contraire, la jambe est levée facilement jusqu à ce qu’elle fasse avec l’horizontale un angle qui dépasse 100 degrés cl qui peut atteindre 120 à 150 degrés (Frankel) (fig. 211 .

SÉMIOLOGIE DU SYSTÈME SERVEUX.

(le sont là des attitudes <|iie l'on ne peut guère produire mèiiic chez des sujets atteints d'atrophie musculaire très avancée, et on ne peut les réaliser que sur le cadavre, ce qui démontre bien qu elles sonl dues à la disparition du tonus musculaire. D'une manière générale, on peut dire que dans le tabes, l'hypotonie est d'autant plus prononcée que le sujet est lui-même plus incoordonné. Cette proposition n'est cependant pas absolue et même à la période pré-ataxique— j’ai été à môme de constater le lait

plusieurs fois — on peut rencontrer parfois une livpolonie extrême.

.l'ai également observé I hypotonie dans le mal <le nott et dans un cas de syrinyomyélie. Dans deux e&sAe. vertige labyrinthique de mou service, Kgger a également constaté une livpolonie de toute la musrulalure du corps.

a«- - Uyi )o tonie clans le tabes imnlndc des ligures 259 el 210 j.

L hypotonie. en elfet.

n'est pas un phénomène particulier aux lésions des voies sensitives périphériques (racines postérieures « * I cordons postérieurs dans le tabes) : toutefois elle ne s'observe qu’à un degré bien moindre dans le cas de troubles des voies motrices centrales ou des voies cérébelleuses.

Dans Y hémiplégie, Babinski a attiré l'attention sur l'hypotonie des muscles du côté paralysé. Il a montré par exemple que la flexion passive de l'avantbras sur le bras pouvait être plus complète du côté parai \ sé ; ce fait est devenu un des petits signes de I hémiplégie organique: il se rencontre même au cours d'hémiplégies extrêmement légères, comme par exemple dans certains cas de chorée de Sydenham à forme hémiplégique, ainsi (pie l a montré André-Thomas. C'est là encore un symptôme qui montre la nature organique de cette affection Ivov. Chorée].

TROUBLES IÆ LA MOTfLITK 1

Dans les ((//celions cérébelleuses . il existe en général de I hypotonie (Babinski, André-Thomas) et j’ai constaté quelle était plus marquée au niveau des membres inférieurs — hyperextension de la jambe sur la cuisse, abduction excessive des cuisses. Cette hypotonie fait partie, d une façon à peu près constante, du syndrome cérébelleux, h hypotonie enfin est le symptôme essentiel de l'affection désignée sous le nom de myatonie congénitale. On peut l’observer également, et à un degré très accusé, dans certains cas (V hémiplégie cérébrale infantile bilatérale accompagnée ou non < Valhétose .

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