ACTE SECOND
le murmure adorant qui exprime mon cœur,
si tu ne chasses pas le fanatique, ô mon idole, tu m'aimeras!
L'amour serait cette lente action, fruit de l'intimité! Je l'ai conçu plus vif et d'un tout autre éclat.
KETH-AOUR
Ainsi je l'éprouvai, subit et enflammé, quand tu parus ; mais mon âme était vide, prête à te recevoir!
Ne sens-tu pas, dans l'air, une sourde menace ? Il plane sur Ninive un essaim de génies mauvais. L'appréhension, chauve-souris aux ailes énervantes, m'enveloppe d'un froid vertige :
le malheur me viendra par toi.
Je dois mourir de mon amour, ô Reine, on l'a prédit!
Le crois-tu?
KETH-AOUR
Magnifique ou charmante, si la gloire ou l'amour l'emplit, l'existence, dans son cours ordinaire, ne vaut pas un regret.
On t'a dit,' n'est-ce pas, que, lascive et farouche, j'égorgeais mes amants d'une heure?
KETH-AOUR
Si ton cœur magnanime une fois s'enflammait, tu serais une amante fidèle, reine constante en tes desseins !
Donnerais-tu tes jours, pour la nuit de Sémiramis ?
KETH-AOUR
Pour l'instant d'un éclair, s'il contenait ton âme !
Tu veux mon âme ?
KETH-AOUR
Je veux ton âme, tes pensées, jusqu'au songe de ton sommeil!
Chacun de mes guerriers me dédie en son cœur une flamme ardente et cachée.
KETH-AOUR
Et qui donc te verrait impunément, ô femme surhumaine?
SÉMIRAMIS Que viens-tu faire encore ?
OURKAM
Zakir-Iddin est là.
Qu'il vienne !
OURKAM
Témérité ! Les instincts sont aveugles : ne les irrite pas.