Lund, p
l'agneau rôti, et s'étaient préalablement rassasiés par un repas, la chigiga '. D'après Lund, ils étaient obligés d'en manger un morceau de la grosseur d'une olive *; et la petite quantité exigée parait témoigner que chez les ancêtres cette chair était distribuée avec parcimonie, pour satisfaire le plus de monde possible. Après la réforme, les prêtres juifs ordonnaient encore de boire pendant celte communion une certaine quantité de vin; même les plus pauvres devaient au besoin engager leurs vêtements pour se procurer celte boisson usitée, avant que l'agneau eût remplacé la victime humaine, pour étouffer le dégoût que pouvait éveiller « le morceau d'horur », selon l'expression des prophètes.
On peut voir encore dans la manière dont 1 immolait ta victime une nouvelle preuve ; l'origine molochiste du pessa'h. Justin le artyr dit que les Juifs mettaient deux bro-
ches en bois dans le corps de l'agneau, l'une étendant les pattes de devant et l'autre, tout le long du corps '. Ce point est important, car nous ne devons pas oublier que depuis l'ère chrétienne quelques Juifs descendants de ceux qui n'avaient pas accepté la réforme d'Esdras, ont été accusés de crucifier des enfants pour célébrer leur pessa'h ; et ce rite barbare ne peut résulter que de la persistance d'anciens usages. Or, l'espèce de crucification avec deux broches dont parle Justin, convient beaucoup mieux au corps humain qu'à celui d'un animal. Il faut donc croire qu'originairement les Hébreux attachaient sur une croix les enfants voués au rachat de la nation, et qu'après la réforme, ils continuèrent à placer leur holocauste sur ce vieil emblème de la divinité *. Je dois répéter ici que la croix était chez