‹ Sémites et AryensChapitre 58 sur 61 · Origène, Exhort. ad Martyr · texte numérisé non relu

Origène, Exhort. ad Martyr

son corps en holocauste, et saint Arcade offre à Dieu ses membres coupés; saint Thiemon exhorte les assistants à considérer son supplice comme une immolation; saint Anastase s'écrie : « Dieu, veuillez accepter mon sacrifice! » Saint Laurent devient une victime brûlée dont l'odeur est agréable à Dieu. Il y eut un moment de folie de la mort; ce fut l'âge d'or de l'idée chrétienne.

Ces effervescences développées par la persécution s'éteignirent après Dioclétien. La religion naissante avait reconnu au sang de Jésus une telle vertu de rachat, que tout autre holocauste devenait inutile, et le sacrifice de l'homme-Dieu était de si haut prix que lui seul devait suffire pour satisfaire Jéhovah.

Mais il fallait que ce sacrifice fût, comme ceux pratiqués par les Juifs, une source de purification; il fallait boire le sang et manger la chair de la nouvelle victime > d'autant que ce sang et cette chair étaient plus précieux que ceux des anciens holocaustes * et devaient pos-

séder une vertu sanctifiante plus souveraine. Aussi l'eucharistie fut-elle instituée, et Jésus devint l'agneau pascal.

Le corps entier du Christ existe substantiellement dans l'hostie consacrée, au lieu et place du pain; et la messe est le renouvellement complet des angoisses du Calvaire. Tous les jours, et des milliers de fois, les prêtres font donc subir un nouveau supplice à Jésushomme, puisque le Christ ne souffrit que dans son humanité. Telle est du moins la doctrine catholique; et il y a dans cette répétition du sacrifice du Golgofha un illogisme évident, car, d'après les mêmes croyances, l'immolaon de l'homme-Dieu avait suffi pour le rachat étinitif de l'humanité. Mais il importait que :s adeptes pussent se purifier comme le failient les Hébreux, boire le sang de l'holoiuste et manger sa chair.

Les catholiques parlent toujours du sacrice du Dieu en Jésus, et jamais de celui de homme qui, pour eux, est cependant tout

aussi certain. D'après le dogme, les deux, bien qu'unis par un lien hypostatique, conservaient leurs personnalités et leurs volontés particulières; ils existent donc aussi réellement l'un que l'autre dans l'hostie consacrée, et la communion est analogue à l'ancien pessa'h, tel qu'il existait avant que la victime fût remplacée par un agneau; avec cette différence toutefois que le croyant ne boit pas seulement dans l'eucharistie le sang d'un homme, ne mange pas seulement sa chair, mais boit et mange en même temps le sang et la chair du fils de Dieu *•

Ce point est si évident que plusieurs pères de l'Eglise, parlant de la communion, déclarent que le chrétien mange de la chair humaine, et considèrent ce rite comme intégrant du culte s .

Saint Augustin dit que les fidèles l'ac-

1. Les protestants qui n'admettent pas la transsubstantiation n'en restent pas moins molochistes, puisqu'ils enseignent encore la nécessité du sacrifice de Jésus.

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