Munster, IV
ceptent sans répugnance, a bien que dévorer cette chair paraisse plus affreux que de tuer un homme » '. Saint Chrysostome rappelle que Jésus montra par son exemple à ne pas reculer devant un acte si horrible *; et saint Cyrille considère même la sainte cène comme un banquet de cannibales 3 .
Toutes les religions se sont transformées avec le temps, et plusieurs qui enseignaient la nécessité des offrandes propitiatoires remplacèrent les sacrifices humains par des immolations d'animaux; mais le catholicisme ne pourra jamais modifier son rite fondamental, l'eucharistie ; et la présence réelle de l'hommen:, m dans l'hostie consacrée rejettera tou-
irs cette religion parmi les dogmes molo-
stes.
1 est encore un autre article de foi que le
ips ne saurait modifier. Bien que gracié
Augustin, Cont. advers,, II, C. 8.
Chrysostome, In Maih. komel., 83.
Cyrille, Cont. Nettorium, IV, 4. — Mùnaler, IV, 3
par le baptême, le catholique peut être éternellement damné, s'il meurt sans confession; et il faut lire les écrits du moyen âge pour connaître les angoisses du vrai croyant.
Vivant terrifié de son immortalité, l'homme ne songeait qu'à s'isoler du monde, à se couvrir par avance d'un linceuil, et à attendre la fin du supplice. L'on comprend ceux qui se réfugiaient dans une solitude pour se soustraire à toute occasion de pécher, et s'y éteindre sans parler et sans penser.
Le Dieu des chrétiens n'est autre que le Jéhovah sans pitié qui ordonna aux Hébreux d'immoler leurs premiers-nés, et qui n'ayant plus de victimes humaines à contempler, trouve encore dans l'eucharistie des holocaustes sanglants. S'il sacrifia son propre fils, l'existence de l'enfer n'en reste pas moins un article de foi, et la damnation des réprouvés donnera éternellement satisfaction à sa haine.
C'est toujours le Dieu des Sémites, le Moloch
avide de supplices, qui pouvant oublier ceux qui l'ignorent, les prédestine à cette ignorance afin de les frapper, et les ressuscitera pour avoir le spectacle de tortures qui ne finiront plus.