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CHAMBRES HAUTES GERMANIQUES

mêmes privilèges, groupements séculaires , enfantés en plein Moyen- Age, ont trouvé, dans les Chambres des seigneurs , des organes indiqués. Lorsque les théories constitutionnelles modernes ont été acceptées, elles ne se sont point approprié le passé, c'est lui qui leur a emprunté ses formes extérieures, et les a disposées à son usage.

Les constitutions germaniques sont plus anciennes en date, mais, pourtant plus libérales que la prussienne. Si Ton va de la Bavière au Wurtemberg, du Wurtemberg dans le grand-duché de Bade, du grand-duché de Bade en Saxe on voit s'effacer graduellement dans les chambres hautes Tinfluence du souverain. Un soin plus grand y est mis à limiter son autorité pour le contraindre à Tabandonner aux groupes sociaux. Ce qui constitue en somme une manière de self-governement bien que ce ne soit point celle que nous comprenons. Ici la lutte n'aura pas lieu entre une ou plusieurs unités corporatives et l'individualisme, entre la famille représentée par l'hérédité et l'homme abstrait. Si, comme partout, l'individualisme est trop en progrès pour ne pas se montrer à travers de nombreuses fissures, ces unités corporatives sont encore trop vivaces pour qu'autrement qu'entre elles ait lieu le véritable combat, combat si intense, qu'au profit d'autres agrégats, c'est quelquefois l'hérédité qui a disparu.

Partout, disons-nous, on s'est appliqué à contenir le souverain. C'est en réglant parcimonieusement le nombre et les conditions des nominations laissées à son choix que l'on a travaillé à restreindre les influences rovales ou ducales.

Ce n'est plus une simple présentation qui appartiendra aux personnalités collectives, mais, un vrai droit électoral. Elles pourront posséder plus ou moins. Ce qu'elles posséderont sera bien à elles. L'élection

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s'alliera avec Tusage, dans les chambres hautes^ de membres de droit. Lorsque le représentant d'un être moral est suffisamment désigne, le plus logique n'cst-il pas de rappeler par le fait même de la situation qu'il occupe ?

Ainsi sont entrés dans les assemblées les dignitaires des différents cultes. Selon le nombre que Ton entendait en admettre, la place que Ton voulait réserver aux sentiments religieux, et l'honneur que l'on désirait rendre à leurs ministres on a fait, de grands groupes comme les Eglises, ou d'infimes établissements comme les consistoires et les chapitres des personnalités politiques. Ainsi dans les pays où règne le droit de suffrage, plus on souhaite de représentants, plus on fait de circonscriptions électorales. De même qu'en Hongrie l'Etat a dû professer un certain scepticisme, et l'entrée à la Chambre des seigneurs n'a pu être le monopole des ministres d'une seule religion. Sans parler des querelles anciennes, les chiffres serviront d'explication suffisante.

En Bavière, le culte catholique est celui de la majorité. Les habitants qui le professent sont au nombre de 3.439.000. Mais , les adhérents aux Eglises protestantes s'élèvent à 1.327.000. Minorité respectable.

En Wurtemberg, il faut renverser la proportion. Lors de la statistique dressée en 1871, cet Etat comptait 1.290.484 protestants contre 528.000 catholiques.

En 1867, le Grand-Duché de Bade renfermait 475.918 protestants en face de 931.007 catholiques.

C'est en Saxe que la religion en minorité est numériquement la plus faible. On n'y trouve que 54.000 catholiques sur 2.556.022 habitants. Mais l'écart est balancé par la présence sur le trône d'une maison

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