‹ Sénats et chambres hautesChapitre 25 sur 91 · SAXE 1G · texte numérisé non relu

SAXE 1G

de Bavière pour s'en faire un auxiliaire , donna le même titre à Frédéric-Guillaume III de Saxe pour le récompenser de s'être montré notre allié fidèle en agrandissant son territoire ; un représentant des fondations protestantes et un député des fondations catholic[ues, un envoyé de l'Université de Leipsick, deux prélats protestants, les huit bourgmestres des villes principales, et cinq personnes seulement laissées au choix du souverain ; dans la seconde, 25 députés des villes, 25 députés des paysans, 10 de l'ordre des commerçants et des manufacturiers, et nous aurons l'exacte physionomie de la division du pouvoir législatif, dans un pays dont on pourrait sans peine prendre les deux chambres pour n'en faire qu'une le jour éloigné, où le droit de suffrage aura demandé un organe.

Nulle part on ne s'est appliqué, comme en Saxe, à déconcerter la formation de partis uniquement politiques par l'emprisonnement de leurs tronçons dans des groupes prépondérants. Non seulement comme dans le grand duché dé Bade ces groupes ne se trouvent rapprochés, ne peuvent se pénétrer les uns les autres que dans des sessions triennales, mais, les députés n'ont pas même le droit de choisir leur place dans la salle des séances. Le sort la leur désigne.

On pourra reprocher à une pareille organisation d'entraver le progrès, si l'on entend par ce mot la mise en pratique d'un certain faisceau d'enseignements de la raison pure, de manquer de proportionnalité en n'accordant pas à chaque intérêt un nombre de représentants correspondant à son importance. On ne saurait lui refuser de s'adapter étonnemment à l'état présent de la Saxe, d'avoir facilité son mouvement en avant par des développements spéciaux tout en sauvegardant l'ordre. Ce pays dont la culture intellectuelle est des plus grandes excitait déjà l'admiration de M"® de Staël :

i64 HEREDITE LEGISLATIVE

« La liberté de la presse la plus ilUmîlée existait en Saxe, mais, elle n'avait aucun danger pour le gouvernement, parce que Tesprit des hommes de lettres ne se tournait pas vers les institutions politiques. La solitude porte à se livrer aux spéculations abstraites, ou, à la poésie. Il faut vivre dans le foyer des passions humaines pour sentir le besoin de s'en servir et de les diriger. Les écrivains allemands ne s'occupaient que de théories, d'érudition, de recherches littéraires et philosophiques, et les puissants de ce monde n'ont rien à craindre de tout cela. D'ailleurs quoique le gouvernement de la Saxe ne fut pas libre de droit, c'est-à-dire représentatif, il l'était en fait par les habitudes du pays et la modération des princes. »

Ces princes n'ont pas fait mentir M"' de Staël et depuis qu'elle écrivait ces lignes, dans V Allemagne^ ne se sont jamais départis de la modération qu'elle loue, n'ont jamais hésité à se servir de leur droit exclusif d'initiative dans le sens delà vraie justice.

Il suffit d'avoir été à Munich, à Stuttgard, à Garlsruhe, à Leipsick pour n'être plus tenté de se demander pourquoi l'hérédité législative se maintient dans les pays dont ils sont les capitales. On pourrait répondre en quelques mots : ce sont des peuples heureux des institutions qu'ils possèdent , suivant le cours des choses, mais, ne songeant nullement à en hâter la marche. L'hérédité , et les autres unités corporatives, universités, chapitres, les ordres, chevaliers, paysans, ou gens de commerce y offrent si vermoulus que soient leurs agrégats une résistance suffisante dans des pays où la volonté populaire n'a pu venir battre encore ses Ilots déchaînés. Doubles chambres hautes, leurs diètes sont plutôt organisées pour annihiler certaines * aspirations que pour en présenter la traduction fidèle. On n'v connaît d'autre assem-

Page 1