‹ Sénats et chambres hautesChapitre 26 sur 91 · SAXE · texte numérisé non relu

SAXE

blée populaire que le pays tout entier, satisfait pour le moment de pouvoir s'occuper de sa prospérité matérielle, et qui fait bien d'en être satisfait car, mécontent, il n'aurait d'autre langage à sa disposition que la brutalité pour le dire. Chacun des Etats d'Allemagne est capitonné contre les influences révolutionnaires du dehors, par un amas de pays ayant ses idées et ses institutions. L'esprit démocratique se heurtera encore longtemps en vain contre la masse formidable que lui opposent les principautés allemandes. Il lui faudra plutôt y grandir d'une existence séparée que s'y communiquer par dessus le Rhin. Quelques démangeaisons de renverser et de détruire s'y font-elles sentir? Elles n'auront qu'à en aviser leurs représentants au Reichtag, pour donner libre cours à leur hardiesse et à leurs envies réformatrices. Quant à leurs institutions particularistes(l), elles les aiment. Si arriérées et somnifères qu'elles puissent paraître, elles sont l'aflîrmation de leur réalité en tant qu'Etats. En elles l'Allemagne d'aujourd'hui peut oublier quelquefois 1866, se croire au temps où elle ne se sentait point oppressée par la domination de la Prusse. On a beau protester contre la suprématie du seigneur et du prêtre, on ne leur enlèvera pas leur place dans les chambres hautes. On comprend qu'il y a dans l'ombre des yeux qui guettent, une nation ne demandant pas mieux que de contribuer à détruire des institutions qui entre-

(1) Ces insiiiutiuns renferment parfois des hommes qui no leur appartiennent pas en propre. C'est aini^i, pour ne ciler qu'un exemple, que les princes de Fursteuberg ifont en vertu de leur immense fortune territoriale, mrmbros hôréd il aires des Chambres des seigneurs de Prusse, de Wurtemberg et «lo lîade. Un détail qui a fon importance, le dernier lojeton n.oit de celti' puissante famille était aussi général de ia cavalerie prt^ssienne.

tiennent le souvenir d'un temps où elle ne dominait pas et pourront peut-être servir un jour de ralliement à ceux qui persistent à souhaiter en Allemagne un temps où elle ne dominera plus.

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