AUTRICHE
« un reste du paganisme » parce que la différence des langues est : « une conséquence du péché et de la chute de rhomme. »
A ce moment on négociait déjà avec le Saint-Siège les bases du célèbre Concordat auquel, en 1855, Alexandre de Bach devait attacher son nom. Le gouvernement centraliste n'y sut c[ue faire pour s'assurer le concours d'un aussi persuasif agent unificateur que le clergé catholique. La religion romaine fut reconnue culte privilégié. L'épiscopat était appelé à diriger non seulement les écoles de l'Etat, mais, à commander souverainement l'enseignement privé. Il avait le droit de s'opposer à la diffusion de toute publication qui pouvait lui déplaire. On armait sa bouche faite pour le pardon du droit de prononcer des peines corporelles. Il pouvait condamner à l'emprisonnement tous les gens d'Eglise. Le gouvernement s'engageait à exécuter à la lettre toutes ses décisions et abdiquait même son droit de contrôle sur les documents pontificaux.
Si l'on peut faire un reproche au clergé autrichien, c'est d'avoir trop souvent parlé comme clergé, alors qu'il aurait été si facile à ses membres de s'exprimer comme citoyens. La preuve qu'ils allèrent trop loin, que la religion catholique n'est ni unitariste ni attachée aux doctrines fédérales, c'est que pendant qu'ils lançaient l'anathème aux nationalités, il y avait en Croatie un évêque, l'illustre Strossmayer qui dirigeait le patriotisme de ses compatriotes et paya par les tristesses de l'exil son ardeur à les défendre.
Après Solférino, le concordat 3c 1855 est toujours en vigueur. Aussi voyons-nous les prélats pénétrer en grand nombre dans la Chambre des seigneurs de Schmerling, et bien que la convention de M. de Bach eut été dénoncée en 1867 par le premier ministère cisleithanien du prince d'Auersperg, le parti unitaire ne
cessa de conserver leur place dans sa haute assemblée à ceux qu'il a pris Thabitude de considérer comme des alliés naturels.
On le voit l'hérédité, la pairie spirituelle sont protégées en Autriche par des circonstances très spéciales. Les révolutionnaires autrichiens, les plus intransigeants n'oseront pas, durant de longues années encore, toucher à la Chambre des seigneurs. Ils sentent que leur Constitution est comme une de ces fines constructions qui, malgré leur fragilité apparente, réussissent à se soutenir parce que toute pièce y porte. En touchant a un boulon aussi important que la Chambre des seigneurs, ils craindraient de compromettre irrémédiablement un Etat d'équilibre instable. Ne risquerait-on pas de raviver de vieilles idées, des dissentiments qui , sous l'influence du fait accompli essayent de s'assoupir ?
Un grand nombre de Tchèques se sont laissés séduire par les tentations du pouvoir. On les a vus entrer dans les ministères. D'autre part, la noblesse autrichienne et la noblesse de Bohême semblent vouloir se réconcilier.
Beaucoup de membres de la première commencent à se souvenir que leur origine les rattache au pays tchèque lorsqu'ils ne sont pas appelés déjà par leurs intérêts, vers cette partie de l'Empire, qui est la terre, entre toutes, des majorats et de la grande propriété.
11 ne faut pas oublier non plus qu'un des vœux les plus chers du fédéralisme est de voir à Vienne un Sénat élu comme celui de Washington, par les diètes nationales, et cela suffit pour faire repousser aux démocrates centralistes, pour la Chambre des seigneurs, la base du droit de suffrage.
Comment ce droit réussirait-il dans de pareilles conditions à s'établir à la chambre haute, lorsque l'on a