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ETATS-UNIS

naieurs fédéraux s'y trouvait très modifiée. Celles-ci avaient accaparé une influence prépondérante étant beaucoup plus nombreuses que l'autre conseil où, par une imitation assez inutile du Sénat fédéral, chaque comté (1) élit un sénateur sans qu'il soit tenu compte du chiffre de la population. Alors ne voulant pas paraître arriérés tous les Etats successivement procédèrent à l'extension illimitée du droit de suffrage. Tout au plus, çà et là, quelques restrictions surnagèrent-elles imposant une moralité notoire ou l'obligation de savoir lire et écrire l'anglais.

Pendant que la transformation se propageait d'Etat en Etat, on le comprend, la différence fut considérable entre la vigueur des divers mandats sénatoriaux. Mais, depuis quelques années la substitution du suffrage universel au suffrage restreint est devenue partout un fait accompli, les sénateurs eux-mêmes des législatures particulières sont nommés par lui, et cette différence a cessé.

Elle ne reparaîtra pas de longtemps.

Dès leur venue au pouvoir les radicaux des Etats- Unis ont rendu son usage obligatoire en décernant une sorte de prime aux provinces qui le pratiquent. Ils ont introduit dans la constitution par voie d'amendement que le nombre des députés de chaque Etat à la Chambre des représentants serait non plus en raison de leur population, mais, du chiffre des habitants reconnus par eux comme électeurs. De plus, même par les réglementations intérieures, aucune exclusion des urnes ne pourra être prononcée pour cause de couleur ou de race.

Mais, à mesure qu'un plus grand nombre de citoyens

(1) Cette appelatîon assez bizarre dans un pays où la noblesse n'existe pas et qui^ne s'explique que par de lointainn souvenirs désire la subdivision des Etats de TUniop.

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étaient appelés à concourir à Télection des sénateurs des Etats-Unis un terrible mal se répandait sur eux et redoublait ses ravages.

Il y a cent ans, la forme monarchique était à peu près universellement admise. Les fondateurs de la République américaine entreprirent non de détruire le gouvernement personnel, mais, de prouver qu'on pouvait le retremper dans la souveraineté nationale. Ils n'ont pas , lançant Tinsulte à la face des rois , fait table rase de l'unité de direction que peut imprimer à l'Etat la volonté d'un seul, ils ont cherché à la rajeunir en renouvelant son principe et en l'accommodant aux formes de la démocratie. Loin de diminuer son autorité vis-à-vis des Chambres ils l'ont environnée d'une puissance redoutable. Elle ne projetera plus, il est vrai, les rayons pâlis d'un droit divin que des philosophes osent fixer dans leurs sarcasmes, mais, cherchera son appui au centre même de cette multitude qu'elle verra ailleurs contre elle se ruer furieuse. Elu par le pays', le Président de la Confédération, conservera pendant quatre ans un pouvoir cent fois plus étendu que celui de beaucoup de souverains. En droit de se targuer de l'opinion populaire, il pourra s'il le veut entrer en lutte ouverte avec le Congrès. Ses sous-secrétaires d'Etat (ministres), entièrement couverts par lui, ne dépendront pas d'un vote du Parlement, ne fourniront pas une longue hécatombe , ne devront pas abandonner le gouvernail, au grand détriment des affaires, dès que, sur une question sans importance, la majorité leur aura joué le tour de ne pas être de leur avis. Le chef de l'Etat devra consulter le Sénat avant de délivrer un portefeuille. Il est défendu d'en choisir le titulaire parmi les membres de l'une ou l'autre Chambre. La haute assemblée regardera moins si l'homme qu'on lui présente est inféodé à telle ou telle doctrine, s'inquiè-

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