ETATS-UNIS
tera surtout de savoir s'il est apte à faire de la bonne politique puis lui laissera accomplir sa tâche dans Tindépendance et le recueillement qu'elle réclame.
Cette intervention du Sénat , sorte d'exéquatur accordé aux sous-secrétaires, n'a pas peu contribué à attirer autour du pouvoir pondérateur une vie, une influence que l'on voit se porter auprès des Chambres basses maîtresses du sort des ministres.
Si, comme pour des ambassadeurs dans un pays étranger , on pensait que les ministres devraient être agréés par les Etats qu'ils auraient à conduire et si, pour la rapprocher du Président, on avait confié cette acceptation au corps dépositaire de leur autorité il convenait d'appliquer le même principe aux fonctionnaires fédéraux de tous ordres.
Il a produit, quant à eux, des résultats moins satisfaisants.
Démocrates et républicains lorsqu'ils se remplacent, tour à tour, au pouvoir ont pris l'habitude, intervertissant les rôles, de présenter au Président des listes toutes faites. Les deux sénateurs de chaque Etat qui ne se sont point déshonorés dans l'opposition, apportent la leur. Sans préoccupation du mérite, on y est classé selon le zèle déployé dans la défense de leur candidature. La Chambre des représentants y exige aussi une place pour ses agents électoraux. En cette Amérique où la fortune est si abondante, tient une si importante place dans les propagandes politiques, on a eu besoin encore de monnayer les charges. Leur répartition n'est qu'un paiement.
C'est là ce fameux spoils System^ empruntant son nom au cri fameux du président Jakson : « Au vainqueur les dépouilles ! » Cette malaria qui, au dire de M. Winthrop, fait couler le poison dans les veines dea Etats-Unis,
28 PAYS FEDERATIFS
Jusqu'ici seules Tannée et la magistrature sont demeurées à Tabri de ces malversations. L'armée, en vertu d'une disposition expresse de la Constitution, exceptant les grades des dignités pour lesquelles la ratification du Sénat est nécessaire, la magistrature pour des raisons qui varient avec chacune de ses branches.
Il y a dans la République des juges fédéraux et des juges appartenant aux Etats particuliers.
Les juges fédéraux constituent un tribunal désigné sous le nom de Cour Suprême, placé au-dessus de tous les autres pouvoirs, investi de la haute mission d'annuler les actes émanés d'eux qui porteraient atteinte aux principes vitaux de la constitution américaine. Cette magistrature, dont on ne trouve le pendant nulle part^ est nommée dans les mêmes conditions, et d'une manière aussi vicieuse que les autres fonctions, mais, l'inamovibilité en épure les membres.
La magistrature des Etats, celle qui tranche les procès civils et criminels, elle, a été livrée à l'élection durant l'époque où le suffrage universel s'emparait des législatures. On a assisté à des abus insensés. Toute entreprise^ se respectant, s'est empressée, pour empêcher qu'une concurrente ne le fit à sa place, de consacrer une partie de ses capitaux à l'élection de magistrats honorés de sa confiance.
Et pourtant, malgré cette corruption, nous pensons qu'aux Etats-Unis la magistrature élective n'a été qu'un moindre mal I Jusqu'à un certain point elle a paralysé les excès dix spoils System, ha réaction amenée contre elle par les scandales de New- York do 1872, en tendant à allonger de plus en plus le mandat des juges, et en permettant, comme dans l'Ohio, aux électeurs de cumuler leurs suffrages sur un même nom, pour assurer la représentation des minorités, la rend chaque jour plus équitable.