PORTUGAL
fendre autrement que par leur fonctionnement même. On n'attend plus en Portugal que le peuple ait parlé, pour écouter la chambre haute, on trouve plus prudent derempécher de dire ce qu'il veut.
C'est de cette façon que le gouvernement est arrivé à obtenir la majorité aux élections du V avril 1890. Mais, il lui a fallu prendre une peine telle que, dès le 8, il a fait voter une série de mesures coercitives pour se protéger à l'avenir. La Constitution devenait un dogme soustrait au libre examen. Toute attaque contre elle devait être sévèrement punie. Les associations^ les cercles, tombaient sous le bon plaisir du gouvernement qui acquérait le droit de les dissoudre. On ne redoutait pas seulement les établissements où l'esprit d'opposition, par la continuité des mêmes fréquentations, se développe chaque jour. Les réunions isolées où le mécontentement public apparait soudain, dans toutes ses menaces, tombaient sous un régime dictatorial, pendant que la presse était bâillonnée et que ses délits étaient enlevés au jury, leur tribunal naturel.
Vacillante, la Constitution, semble devoir s'écrouler au moindre souffle. Il n'y a pas longtemps, lorsque la vieille alliance, si rarement interrompue du Portugal et de l'Angleterre, a été dénoncée à propos des possessions de l'Afrique du Sud, et que lord Salisbury eut fait sa brutale application du droit du plus fort, c'est à ses institutions que le peuple s'en est pris dans son impuissance. Nous n'ignorons certes pas, le danger de s'emparer d'événements politiques, résultat de causes innombrables pour, faisant le procès des rouages constitutionnels, en rendre un seul responsable. Mais, il ne saurait être défendu de reprocher à une institution de ne pas rendre les services qu'elle aurait fournis sûrement organisée d'une autre manière. Assu-
rément, rhérédiié ne saurait être accusée d'avoir soulevé le conflit anglo-portugais. Telle qu'elle est entendue, accompagnée dans le Sénat de principes hétérogènes, elle est la raison indiscutable de son impuissance.
Le parti régénérateur était bon juge. Après avoir conservé l'hérédité pendant près d'un demi-siècle, il a iini par comprendre combien sa situation était précaire, son rôle politique dangereux. En 1878, il lui a refusé l'énergie de sauter d'une ligne dans une autre, une fois éteinte, la descendance directe masculine et féminine.
De plus, il a exigé que non seulement les sénateurs à vie soient choisis dans certaines catégories, mais, encore que le fils du pair héréditaire, voulant recueillir sa succession législative, appartint à une d'entre elles. Ces catégories qui comprennent les plus hautes fonctions de l'Etat, avec où sans adjonction d'un certain temps d'exercice, représentent ou la fortune comme en Hongrie, ou une haute situation politique, le plus souvent l'une et l'autre à cause des appointements élevés de cette dernière. Nous ne retrouvons pas ici le sommeil de l'hérédité, de la réforme de M. Tisza. Le fils du pair qui n'a pas siégé, ne peut venir siéger luimême, qu'en prouvant que son ascendant avait été éloigné de la chambre haute pour un motif légitime. De plus, la valeur des héritiers de la pairie doit toujours être attestée par un diplôme d'instruction supérieure de l'Université de Goïmbre, ou de quelque autre établissement ayant le caractère ofliciel.
Jamais plus libéral, plus vigoureux effort n'a été tenté dans les temps contemporains pour obliger l'aristocratie parlementaire à demeurer mêlée à la vie nationale, pour rendre à l'hérédité législative son ascendant sur les masses en essavant de l'accommoder avec les