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FORMES DIVERSES

Comment viendront-ils ? Voilà ce qu'il est important de se demander.

Donne-t-on aux sénateurs nommés une part dans la désignation de leurs collègues ou de leurs remplaçants ? Il nVst pas douteux qu'ils auront une influence considérable, sur les opinions futures du sénat.

Dans le cas contraire, il faudrait que ceux-ci aient été choisis parmi des hommes bien illustres, bien populaires pour que les électeurs soient amenés par la seule force de leur présence, à envoyer à la chambre haute des citoyens pensant comme eux. Leur propagande individuelle risquerait d'être trop peu de chose.

Pour la qualifier d'un mot la nomination subjectivement temporaire est un expédient, un expédient, dont il vaut mieux user le moins souvent possible. Le peuple est toujours disposé à se jouer de ceux qui semblent se méfier de lui. Dans les invalidations de députés, même lorsque l'élection était vicieuse il suffit que Télecteur s'aperçoive que Ton dirige son vote, pour qu'il s'empresse immédiatement de se prononcer dans un sens contraire et de renvoyer au parlement ceux que l'on avait prétendu en exclure.

La nomination temporaire chez le nommé, a l'avantage de laisser voir clairement la situation, et de permettre au chef de l'Etat de compter sûrement sur le concours de ceux qu'il désigne.

Mais, que l'on aille point dire qu'elle permet de proportionner la longueur du droit à la valeur démocratique des nations, que l'esprit nouveau exigeant des mandats très courts pour pouvoir mieux agir sur ceux qui les détiennent, elle lui donne satisfaction d'une manière précise. Le mandat à vie n'est pas, en effet, sans froisser les idées d'égalité de beaucoup de peuples. Bien des événements se passent encore durant une existence humaine, et l'on soupçonne ses sénateurs d'être plus

attaches à ce qui a été, qu'à ce qui veut être. Mais, si la démocratie aime les courts mandats c'est à condition d'en profiter elle-même. Que lui importe leur durée s'ils ne doivent être distribués que par un chef dont elle peut ne point partager les vues ?

Il y a de bons ou de mauvais monarques absolus. La nomination temporaire produirait des résultats variables selon les circonstances, mais, rassemblée à laquelle elle donnerait naissance ressemblerait beaucoup plus à ces conseils consultatifs, dont les peuples se sont lontemps contentés qu'à une chambre de gouvernement constitutionnel.

Elle représente la forme la plus aristocratique de la nomination.

Ce mode de recrutement nous est apparu comme une revanche du pouvoir personnel des siècles derniers acculé à de coûteuses conces.sions. Mais, que d'aspects divers ! Partout à peu prés il s'est trouvé en face d'aristocraties encore ou déjà assez puissantes pour l'empêcher de fonctionner autrement qu'en tenant compte de leur existence.

Ici le chef de l'Etat jouit d'un pouvoir illimité. Mais, en pratique c'est parmi les membres des grandes familles qu'il ira chercher ses pairs. Ils le savent et acclament un mode qui élargit le champ de leurs ambitions. On commence à comprendre, autour d'eux, que dans cette transformation d'inlluenee (l(*s aristocraties natives, malgré un mandat à vie transitoire, leur indépendance politique a disparu de plus en plus, qu'elle ne les a dispensés que de leurs devoirs en leur laissant la jouissance des honneurs.

Là c'est l'aristocratie intellectuelle qui a obligé la nomination à fléchir par la contrainte des catégories.

Ailleurs l'argent tient encore la première place. Mais, il ne pourra se présenter à l'agrément du souverain qu'ondoyé dans un demi baptême électoral.

Ainsi donc, lorsque Ton onlr'ouvro la nomination, en modo introduit dans tant do ehamhros hautos pour y roprosenter à coté d'autres une idée propre : Tautorité absolue, le plus souvent on le trouve altéré, à Tintérieur, par cette grande lutte de forces sociales qui Tenvironne, par ce combat de la naissance, de la fortune, du talent, dont nous connaissons déjà les nombreuses péripéties.

Les pays où Ton rencontre la nomination sont la plupart de ceux où dans la conception sénatoriale s'est affermi le principe de la souveraineté corporative ou do la souveraineté personnelle. Dans les pays de souveraineté corporative elle a été une victoire de Tindividualismo. On peut donc en parlant de cette nomination les assimiler à ceux de la souveraineté personnelle. Ici et là c'est à la plus valance do quelques hommes que Ton a demandé l'énergie pondératrice. Comme l'accolade royale n'a pas sufli souvent à en doter les pairs vis-à-vis d'assemblées puissantes, il a fallu à tout prix l'étayer sur qu»»lque chose, sur quelque supériorité capable de remplacer les inégalités féodales.

A qui donner la préférence dans le conflit des aristocraties ?

Partout dans les pays de nomination l'indécision est extrême. On tâtonne et l'on cherche.

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