CONSTITUTION DE L»AN III
sation, chercher des forces qui provinssent non d'inégalités contingentes, mais, de supériorités naturelles inévitables. C'est là le grand effort de l'organisation des Anciens. Parmi les prééminences fournies par cette déesse Nature autour des autels de qui le peuple était accouru en foule, les unes comme l'âge resteront, les autres disparaîtront comme la paternité. Mais, le soin que les collègues de Thistorien Daunou ont mis à ne pas la désigner par son nom, ne porterait-il pas à croire qu'ils ne sont point sans avoir entrevu ce vieux sénat patriarcal des premiers rois de Rome, où Ton était appelé comme chef d'une nombreuse maison ? On les aurait traités d'assassins du peuple s'ils avaient proposé de rétablir l'hérédité, ils ont consacré sa cause universelle : Tunion conjugale.
Prononcer un jugement sur la conception dualiste de Tan III est presque impossible. Elle fut établie en un moment où l'épouvante avait détourné la masse dos fonctions publiques. Bientôt elle allait se trouver aux prises avec un de ces génies formidables, qui traversent, de temps en temps, le monde, et contre lesquels il ne peut rien, tant ils semblent faits d'une autre essence que lui.
Ce n'est pas une chambre haute qui pouvait tenir tête au Napoléon des Pyramides et d'Aboukir, de Rivoli et d'Arcole. Il eût fallu pour avoir raison de son ambition un autre général comme lui, et il était seul de son espèce.
La différence des deux conseils était complète malgré leur proximité d'origine. Mais, sous les rayons de Tastre dictatorial qui se levait, Torganisation de Tan III subit les conséquences d'une fîkhcuse imprévoyance de ses auteurs. Tandis que le Corps législatif se renouvelait par tiers, leur Directoire devait se renouveler par cinquièmes. Par là, toute harmonie entre les assemblées et l'exécutif devenait impossible. Elles étaient
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condamnées, par la force des choses, à se liguer contre le pouvoir suprême et à préparer un gouvernement désuni à Tépée de brumaire.