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CONSTITUTION DU SOL

L'aspect dé la région du Nil , à laquelle appartient le sol nubien, est un des plus extraordinaires qui existent sur le globe, par sa configuration

nant sans doute leSennâar; Poncetet Bruce semblent d'accord stu* ce point avec le géographe arabe.

particulière et les phénomènes qui en font, dans sa plus grande étendue, une contrée habitable et isolée au milieu de l'aridité des sables. C'est un fait curieux à observer que ce long sillon de fertilité tracé par un fleuve puissant au milieu de ces immenses plages vouées à une stérilité éternelle et sans cesse envahissante.

Àu travers de cette zone de déserts

au'on a si bien nommés les lacunes ela nature, et qui traversent entièrement l'Afrique d'orient en occident, la vallée du Nil qui , dans certaines parties de la Nubie , atteint à peine plusieurs centaines de toises de largeur , est le seul lien qui rattache le centre de ce continent à ses régions septentrionales. Cette vallée parait avoir été creusée à peu près entièrement au travers d'une foule d'obstacles naturels par les eaux du fleuve même, et dans une direction presque continue du midi au nord , déterminée par l'inclinaison générale de cette partie de l'Afrique. La configuration de la région du Nil semble, d'après beaucoup de probabilités, avoir subi des changements importants, et son état actuel, suivant de graves autorités, aurait été substitué à un ordre de choses antérieur, par suite des dernières convulsions du globe , ou d'un de ces accidents de localité dont certaines contrées nous révèlent des exemples.

Dans l'antiquité, Hérodote avait avancé comme un fait positif , que la vallée inférieure du Nu d'Égypte, autrement dite le Delta , était un présent de ce fleuve. Ses inondations transportant chaque année une quantité énorme de limon des hautes régions de l'Ethiopie , et des dépôts successifs exhaussant le sol, auraient de plus en plus étendu la terre cultivable au-delà des embouchures du fleuve, et seraient arrivé à conquérir un vaste espace sur les eaux de la mer. De nos jours, on a été plus loin dans le domaine des conjectures. De bons esprits, se fondant sur l'observation attentive des faits physiques et de la constitution actuelle "de la région du Nil , ont cru pouvoir établir qu'une grande partie

NUBIE

de la vallée de l'Egypte Àrt primitivement occupée, soit par les eaux de la mer, soit par les sables. Dans cette hypothèse , les chaînes de montagnes transversales qui, depuis la Nubie supérieure jusqu'aux confins de PÉgypte, interrompent accidentellement le cours du Nil, auraient opposé dans l'origine des digues insurmontables au cours du fleuve précipité par une pente rapide du midi au nord. L'une de ces cnaînes , située dans une partie de la Nubie appelée par cette raison la Région des pierres, devrait être considérée, ainsi que les masses granitiques de Syène*, comme ayant formé dans le principe les barrières les plus considérables que le fleuve n'aurait pu franchir pendant une longue série de siècles. Ses eaux enflées , en s'accumuiant contre ces barrages naturels, se seraient déversées d'abord dans les déserts à l'ouest du cours qu'elles décrivent aujourd'hui. Le voyageur peut encore suivre de loin en loin la trace du lit qu'elles se seraient creusé au milieu des sables, et dont la tradition locale semble s'être transmise d'âge en âge jusqu'à nos jours, dans la désignation de fleuves sans eau que les Arabes du désert donnent encore à ce qui reate de ces espèces de vallées. De grands fossiles du règne végétal, des arbres de haute futaie, qui se montrent à l'état de pétrification lorsque les ouragans les exhument du sein des sables mouvants, viennent aussi attester de la manière la plus évidente , que là où l'on ne voit plus qu'une stérile aridité, il y eut, à une époque très-reculée, une végétation active, peut-être même de vastes forêts alimentées par l'humidité d'une inondation bieniaisante. Enfin , on ne saurait se refuser à admettre cette hypothèse , quand on observe la chaîne de ces oasis, disposées les unes à la suite des autres, et dans la direction du midi au nord , toujours d'après l'inclinaison générale du sol dans cette partie du continent africain. Situées au milieu d'espaces immenses qui ne sont jamais humectés par les eaux du ciel , ces oasis semblent autant de

jalons qui ont résisté à l'envahissement des sables, comme des témoignages éternels de la puissante fertilité dont les eaux du Nil sillonnèrent jadis cette partie de la région libyque.

A cette époque reculée VÉgypte n'existait pas, selon toute apparence, et les éléments de la civilisation étaient alors retenus, comme les eaux du fleuve , au-dessus de ce que nous appelons aujourd'hui les cataractes.

L'Éthiopie renfermait tous les germes gui devaient se développer plus tard jusqu'à l'état le plus perfectionné sur la terre des Pharaons. Ainsi s'expli-

3uerait la présence sur les monuments e l'Égypte d'une foule de productions et d'animaux qui n'ont jamais existé dans cette contrée , et dont l'origine appartient bien évidemment à la Haute- Éthiopie. Un nouveau degré d'intérêt s'attacherait à la création de l'Égypte par le Nil , qu'un mythe religieux avait consacrée. Chez un peuple où les faits naturels avaient leur expression mystique, la tradition d'un événement aussi remarquable devait être enregistrée soigneusement, comme se rapportant à ses origines. L'Éthiopie devrait donc être regardée comme le berceau de l'Égypte.

Il était nécessaire de remonter autant que possible à l'état primitif des choses, avant de considérer la constitution actuelle de la région du Nil.

Le sol de la Nubie , par son inclinaison générale du midi au nord , et par sa configuration, appartient au grand système oui, d'après la géologie moderne , constitue le continent africain, et qui se compose de plateaux tendant à s'élever successivement vers un point culminant, situé au centre, à peu près sous l'équateur , et où se développent de grandes chaînes de montagnes qui forment comme le noyau de l'Afrique. Plusieurs de ces immenses plateaux et particulièrement une partie de celui de Nubie, dont uelques montagnes ou des chaînes e collines interrompent quelquefois l'uniformité , sont couverts de sables fins et mouvants , de cailloux roulés comme par les tempêtes. La présence

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des eaux de la mer dans ces solitudes, à l'époque des plus grandes révolutions du globe, semblerait attestée par les nombreuses couches de sel gemme oui apparaissent à la surface du sol et les gisements de coquilles marines, à l'état fossile, qu'on y rencontre fréquemment. Une zone de ces déserts, que les eaux du ciel n'humectent jamais , est condamnée à une éternelle stérilité.

Dans ce gouffre toujours altéré, est absorbée et se perd la multitude des cours d'eau que leur pente naturelle conduit de la région pluvieuse vers cet autre océan. À peine quelques rares oasis y apparaissent comme des îles, pour réjouir l'œil par leur verdure. (Test tout au plus si en fouillant profondément ces plages inhospitalières, on y rencontre quelques filets d'une eau saumitre. lin seul grand fleuve , par la masse imposante de ses flots, a pu se frayer un passage au milieu de ces sables. Une crue périodique t en épanchant ses eaux Tbourbeuses sur ses rives, dépose un limon argileux qui renferme les qualités végétales au plus haut degré. Ce contraste de deux espèces de sol adhérentes l'une à l'autre , et cependant différant si essentiellement dans leurs qualités, comme dans leurs résultats,avait frappé dès l'origine les habitants de ces parages, qui, comme tous les peuples primitifs , ne voyaient dans les laits . physiques que l'expression de la'puissance divine. Ce pnénomène leur ins-

r' a l'allégorie la plus ingénieuse que mythologie antique ait consacrée comme l'un de ses dogmes religieux fondamentaux. Le fleuve, c'est Osiris, le principe fécondant , qui , descendu des hautes régions de l'Éthiopie, crée la terre cultivable et alimente la végétation et les êtres animés. Le désert', le principe éternel de stérilité , se personnifie dans Typhon, être malfaisant , sans cesse envahissant et sans cesse refoulé par Osiris qu'il ne peut anéantir. La limite des deux empires est celle des débordements. La terre fécondée est représentée par Isis, à la fois sœur et épouse d'Osiris; et la terre aride du désert, qui ne participe

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