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feiises en troublent la paix et le bon gouvernement. Leurs propriétés passeront à leurs plus proches parents résidant dans la colonie; et s'ils n'en ont pas, elles retourneront à l'État (art. 12).
— Le jugement par jury aura toujours Heu, et toutes les procédures judiciaires seront réglées par la loi commune et par les sentences des cours de la Grande- Bretagne et des États-Unis (art. 14).
— Tout individu sera libre de léguer ses biens par testament (art. 15 ). — Le tiers de toutes les terres accordées aux propriétaires sera réservé pour les nécessités publiques (art. 16). — Personne ne deviendra propriétaire de terres sans y demeurer ; et il doit en cultiver au moins deux acres ou exercer quelque métier, avec le consentement de l'agent. 11 doit aussi faire construifeune maison solide sur son propre terrain. Elle sera bâtie en pierres, en briques ou en charpente, couverte de tuiles et assez grande pour loger commodément toute sa fa»
mille ( art. 17 et 18). — Les terrains publics de la ville doivent être entourés d'une palissade (art. 20). — Tout homme marié aura, outre son lot de ville , cinq acres de terres de plantation , deux pour sa femme et un pour chaque enfant chez lui ; mais une famille ne peut posséder plus de dix acres (article 22). — Nul colon ne peut acheter de terres des naturels (art. 23). — La milice de Libéria consiste en corps de volontaires organisés par le gouvernement de la colonie. Les officiers sont commandés par l'agent ; ils sont jugés par une cour martiale et générale. — Tout colon qui a besoin des secours de la médecine, les veuves et les femmes indigentes, les orphelins et les orphelines, sans être malades , peuvent être admis , sur un billet d'un des directeurs, dans finfirmerie des invalides, établissement dirigé par l'agent de la colonie, un conseil et un médecin. L'objet principal de cet établissement est de fournir des matériaux, desoutils, etd'assurer un travail suivi à toutes les personnes qui y sont admises, conformément à leurs occupations antérieures, à leur sexe, leur âge et leur état de santé. Les frais de leur logement, de leur nourriture et de leur habillement sont prélevés sur le prix de leur travail, qui consiste, outre
les soins domestiques, à coudre, à faire des seines, à moudre le cam-wood, à pulvériser l'ocre qui abonde dans le pays, à préparer les étoupes, à éplucher carder, Gler et tisser le coton, etc. (1).
Sous l'empire de cette constitution, la colonie de Libéria s'est développée et accrue sans cesse; quelques faits de nature et d'ordre différents rapprochés et groupés suffiront à marquer les progrès et les principaux résultats de ce bel établissement jusqu'à ces derniers temps. En 1832 la population s'élevait à 2,500 individus; les efforts des colons se concentraient sur la culture du café , et un habitant de la colonie préparait une plantation de 20,000 plants de caféier. La terre se vendait à 25 centimes ou un quart de dollar l'acre. Les exportations s'étaient élevées à 125,549 dollars, et le montant des produits et marchandises en magasins, au 1er janvier 1832 , était évalue à 47,400 dollars. Les importations furent à peu près de 80,000 dollars. Monrovia commençait à devenir le marché des naturels du pays de Condo et des pays limitrophes du Fouta-Djallon. — Dans le mois de janvier de cette même année le gouverneur fit une excursion depuis l'embouchure de la rivière Junk jusqu'à Grand Bassa, et s'avança à cinquante milles de distance de la côte : pendant cette excursion il eut plusieurs entrevues avec différents chefs , acquit d'eux la propriété pleine et entière d'une portion considérable de territoire sur la rive gauche de la rivière Saint-Jean, renfermant quatre grandes Iles; et Bob- Gray , l'un de ces chefs , s'engagea à faire pour l'usage des nouveaux colons de grandes plantations de cassave et de patates, et à construire pour eux trois cabanes spacieuses. Il reconnut aussi avec soin le cours et l'importance des principaux affluents des rivières
(i) J'emprunte ces détails à une Notice sur la colonie américaine de IÀbèria de M. W. ( Warden ), insérée dans le Bulletin de la Société de géographie, t. XII, p. x-35, et extraite des rapports annuels de la Société de colonisation et de VHistoire de la colonie de IÀbèria , depuis le mois de décembre i8ai jusqu'en i8a3f par J. Ashmun, rédiçée d'après les archives de la colonie; Washington, i8a6.
Junk et Saint-Jean. — Au mois d'avril , les esclaves de Brumley, l'un des rois deys, s'échappèrent, comme on les conduisait pour être vendus aux Espagnols de Gallinas, et se réfugièrent au sein delà colonie. Kaïpa, fils du roi, vint les réclamer auprès du gouverneur sans succès; et comme son père mourut peu de temps après , il commença les hostilités , aidé de quelques autres rois deys et de ceux de Gurran. Le gouverneur, à la téte de la milice, de 150 volontaires et de 120 Africains rachetés , soutenus par une pièce de campagne , s'empara sans difficulté de la ville du roi Brumley et de celle du roi Willie. Les rois deys demandèrent la paix, et l'obtinrent à condition qu'ils livreraient un libre passage aux nations de l'intérieur qui voudraient venir trafi-
3uer avec la colonie. — En même temps, ans l'intérieur de la colonie, la tribu Congo, établie dans un beau village, à tTois milles deCaldwell et près de la rive gauche du Stockton-Creek, fondait une école du dimanche, suivie régulièrement par les enfants et même par les adultes; et un journal rédigé par des indigènes, sous le titre de Liberia He> rala, commençait à paraître à Monrovia. Il y avait uue école publique de garçons et une de filles dans chacun des districts de la colonie, deux à Monrovia, deux à Caldwell, deux à Millsburg, comptant ensemble deux cent un élèves des deux sexes , à qui l'on enseignait la lecture, l'écriture, le calcul, la grammaire et la géographie. — D'autre part, la société de colonisation de l'État de Maryland, auxiliaire de la société de colonisation américaine, formée en janvier 1831, avait fait partir la même année, au mois d'octobre, le navire fOrion pour Monrovia avec trente et un émigrants sous la direction du directeur James Hall. Au mois de décembre la législature du Maryland accordait encore une somme de 200,000 dollars pour le transport et la colonisation d'émigrants en Afrique; et le cap Palmas était choisi comme lieu d'un nouvel établissement que le directeur Hall avait mission de fonder : en 1835 on y comptait déià trente fermes d'une étendue considérable. — Le 6 novembre de l'année 1835 un traité de paix perpétuelle,
conclu entre Joe Harriss et Peter Harris King Soldier de Grand-Bassa, d'une part, et la colonie de Libéria et les États de Pennsylvanie et de New-York de l'autre, stipula que toutes les terres qui appartenaient à Joe Harriss au sud de la rivière de Benson seraient possédées à tout jamais par les sociétés de Pennsylvanie et de New-York, et les premiers contractants s'engageaient à ne plus faire la traite. — A la fin de l'année 1837 l'établissement de Libéria s'étendait le long de la côte sur un espace de trois cents milles, et s'avançait de dix ù quarante dans l'intérieur : elle comprenait quatre colonies : 1° Monrovia, établie par la Société américaine de colonisation, renfermant les villesde Monrovia, de Nouvelle-Géorgie, de Caldwell, de Millsburget de Marshall; 2° Bassa-Cove, établie par les Sociétés réunies de colonisation de New- York et de Pennsylvanie, et comprenant Bassa-Cove et Edina, village qu'avait fondé la Société américaine et oui avait été cédé depuis pénaux Sociétés réunies; 3° Greenville, établie à Sinou par les Sociétés de colonisation de Mississipi et de la Louisiane ; 4° Maryland, formée au cap Palmas par la Société de colonisation de Maryland. Ces neuf villages renfermaient une population de 5,000 personnes de couleur. Les importations et les exportations montaient à une valeur de 80,000 à 125,000 dollars. On comptait dix -huit églises à Libéria : quatre à Monrovia , deux à la Nouvelle-Géor-
§ie , deux à Caldwell, deux à Millsburg, eux à Edina, trois à Bassa-Cove, une à Marshall, deux au cap Pal mas; parmi ces églises huit étaient baptistes, six méthodistes, trois presbytériennes et une épiscopale. La cinquième partie de la population professait le christianisme. A Bassa-Cove et au cap Palmas, d'après les instructions de la Société coloniale des amis {quaker) de Pennsylvanie, la vente des liqueurs fortes était prohibée. De même a Sinou , dès 1 834, une société de tempérance s'était formée , et en quelques semaines avait réuni cinq cents membres. A Bassa- Cove on avait ouvert des sociétés littéraires libres, sur le plan des lycées des États-Unis ; et la bibliothèque publique comptait déjà douze à quinze cents vo-
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lûmes. — A quelques années de là, en 1842, M. Roberts, gouverneur de Libéria, acheta du roi et des chefs du territoire du Grand-Sess 6,400 acres de terres fertiles, dans les districts de Bekley et d'Édina (comté du Grand- Bassa"), commençant à l'embouchure de la rivière J'ow, et s'étendant de là deux milles au sud-est, ensuite vingtcinq milles vers I est, puis uix au nordouest, de là dans une direction ouest jusqu'à l'embouchure de ladite rivière de Pt'vr. Le piix <?ece terrain fut fixé à 1,000 barres ou 500 dollars, qui dev aient être payés par la Société de la colonisation américaine. A la date de cette cession, deux comptoirs, l'un américain , l'autre anglais, existaient dans les limites de ces distriets avec le droit de commercer librement pendant trois ans.
Le gouverneur Roberts espérait faire l'acquisition de tout le pays situé entre les caps Monte et Palmas. Le 21 octobre 1842 il faisait des préparatifs pour l'exploration de la rivière Saint-Paul à l'effet d'ouvrir une communication avec les naturels du pays situé au delà de Bopora. — Cette même année, la ferme coloniale produisit 3,000 livres de sucre et plus de 200 gallons de mélasse. Le directeur du magasin public avait expédié pour New-York 19,000 gallons d'huile de palmier, 25 tonneaux de cam-wood. Les recettes de la Société de colonisation, en 1842, s'élevaient à 10,586 dollars, dont 8,533 provenaient du commerce avec la colonie.
Depuis le 15 mars 1843 la colonie de Libéria, si intéressante pour le peuple américain, a reçu, comme l'espérait M. Upshur, alors ministre de la marine des États-Unis . une nouvelle impulsion dans cette voie de prospérité de la présence assidue des bâtiments de guerre américains. Je ne rappellerai pas les lon-
gues négociations diplomatiques poursuivies depuis 1819 par le gouvernement britannique auprès du gouvernement des États-Unis pour obtenir son adhésion au droit de visite. Quoique l'Angleterre cherchât à se montrer animée du seul désir de mettre tin au commerce des esclanesy et qu'à cet effet elle définît le droit de visite comme rigoureusement distinct du droit de recherche, droit qui découle de l'état de guerre, et qui ne peut jamais, dur.mtla paix , être exercé en haute mer, on sait quelle répugnance constante le gouvernement de l'Union conservait à participer à aucune^convention relative à la traite. Enfin, 'à la suite de nouvelles communications de I rd Aberdeen, où les vues positives du gouvernement britannique étaient expliquées plus nettement qu'elles ne l'avaient encore été, les deux puissances s'obigèrent , par l'art. 8 du traité du 9 août 1842. à maintenir séparément et respectivement en surveillance, à la côte d'Afrique, une force navale de quatre-vingts canons au moins, destinée à favoriser l'exécution des lois et des engagements des deux pays concernant l'abolition de la traite. Cette croisière américaine est chargée à la fois de protéger le commerce des États-Unis avec la côte occidentale d'Afrique, et de veiller a la suppression de la traite des Noirs en tant quelle serait faite par des citoyens d'Amérique ou sous pavillon américain.
D'autre part, la convention du 29 mai 1845 entre la France et l'Angleterre a rassemblé les plus énergiques et les plus noblesdispositions pour anéantir promptement l'odieux trafic qui depuis un si long temps dépeuple et ruine l'Afrique occidentale, et qui parait devoir être bientôt refoulé sans retour au sud de l'équateur.
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