‹ Sénégambie et GuinéeChapitre 5 sur 25 · I/UN · texte numérisé non relu

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tour de lui une maçonnerie en terre glaise, à la hauteur de trois pieds, qui se termine en plate-forme comme un autel. Au-dessus sont fixées de belles dents d'éléphants du poids de quarante à cinuante livres, bien sculptées en forme e lézards et.de serpents. Ces dents sont appuyées sur des têtes de bélier ou de bouc en bois, d'un travail grossier. On n'entre qu'une fois l 'an dans la chambre mortuaire, et seulement pour célébrer l'an ni versai re. Tous les parents et amis du défunt assistent à la cérémonie. On fait dans un trou carré de six pouces à peu près, profond de dixhuit, au pied du tombeau, des libations devin de palme et d'eau-de-vie, et on y introduit le fruit du kola; après quoi les assistants prononcent une longue suite de prières. Les filières de corail du mort sont renvoyées au roi, car les fouctions ne sont pas héréditaires , et il faut que les fils du défunt aient vingt ans, qu'ils aient rendu un service signalé à I État et que la majorité des habitants du canton de leur père sollicitent en leur faveur, pour qu'ils obtiennent les mêmes honneurs. — L'homme du peuple qui I. tisse une certaine fortune est porté à la sépulture sur un brancard couvert d'un drap blanc; des pleureuses le suivent, et on lui fait faire le tour du village. Quant au pauvre, il est presque abandonné ; quelquefois on le jette hors de la ville dans les fossés, où une multitude de vautours le dévorent.

Quand le roi de Bénin ou celui d'Oware avance en âge, il convoque tous les grands du royaume dans une cour de son palais où peuvent tenir plus de dix mille hommes et d'où les femmes ce jour-là sont exclues , et il leur présente tous ses enfants mâles pour qu'ils choisissent entre eux celui dont les qualités leur paraissent le plus dignes du trône. Le choix tombe rarement sur le fils aîné. L'héritier reconnu du trône prend aussitôt le titre de roi d'une province. L'assemblée se lève alors, le salue, et le harangue par l'organe de son président.

On le conduit à son père, qui lui donne l'accolade. Ensuite il se rend dans sa province, d'où il ne doit sortir au'une fois l'an, le jour anniversaire de son élection, pour venir rendre hommage à son père. Landolphe raconte qu'il fut

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