‹ Sénèque et la mort d'Agrippine, étude historiqueChapitre 12 sur 53 · ELECTION DE NERON AU PRINCIPAT. ROLE DE SENEQUE EN CETTE AFFAIRE · texte numérisé non relu

ELECTION DE NERON AU PRINCIPAT. ROLE DE SENEQUE EN CETTE AFFAIRE

Quelle était la composition du Sénat romain au moment qui nous occupe? quelle était sa force? Quels étaient les sentiments de la majorité? Était-elle dévouée ou hostile à Néron? Quelle était la situation de Sénèque auprès du prince? Ce sont là choses essentielles à connaître pour apprécier le message qui fut adressé au Sénat au sujet de la mort d'Agrippine.

Pour cela il faut nous demander d'abord dans quelles conditions s'était faite l'élection de Néron au principat. C'est

d'ailleurs une question historique qui nous semble intéressante à étudier.

Agrippine n'avait pas acquis sans lutte le titre d'épouse de Claude et après son union les familiers et les gens du Premier demeuraient divisés en deux camps, celui de Narcisse et celui de Pallas ^). Malgré son échec dans la présentation d'une épouse, Narcisse demeurait le principal personnage du Palatin ^), et il affichait hautement son dévouement aux enfants de Claude et à Britannicus en particulier ^). Agrippine avait pour elle Pallas le rival parfois heureux de Narcisse.

Mais ce n'était pas dans les intrigues du palais que devait se décider le choix du prince.

Quand Agrippine méditait d'assurer à Néron la succession de Claude, elle savait bien que si le prince avait toujours été jusqu'alors choisi dans la famille d'Auguste, il n'y avait aucun droit d'hérédité attaché à un pouvoir encore mal défini et que l'adoption de son fils par Claude ne lui constituait aucun titre dans l'état. Le principat était électif, et il fallait l'obtenir du vote du Sénat et du consentement de l'armée qui maintenait dans l'ordre et l'obéissance l'immense population de la capitale de l'empire. Il lui fallait donc s'assurer du concours des Sénateurs et de celui des prétoriens.

Elle manœuvrera de façon à faire donner la préfecture du prétoire à un homme capable de tenir en mains les soldats du camp, et sur qui elle pourra compter; elle y réussira, et cet homme sera Burrhus *).

Mais d'abord elle voulut disposer de la majorité du Sénat ^),

1) Tacite A. XII. 1. 2.

2) Juv. XIV. 329—331. Tacite. A. XI. 38. XII. 67, 59. Suétone, Claude 28.

3) Tacite A. XII. 65, Suet., Claude. 43, 46.

4) Tacite A. XII. 42.

5) Dion L. 60. Ch. 32.

la rendre favorable à son influence personnelle et à ses projets. Pour cela que fit-elle?

Comme dans tout corps politique deux partis divisaient le Sénat; celui du pouvoir et celui de l'opposition. Par les soidisant épurations de Claude faites sous l'influence de ses courtisans , les intrigants et les faiseurs formaient le parti dominant alors dans la Curie ') ; ce parti suivait les inspirations de Narcisse, et n'avait aucun intérêt à se détacher de Claude et de ses enfants ^). Le second celui comme l'appelle Tacite ^) , des honnêtes gens, constituait la minorité ou l'opposition. Ce fut donc dans ce dernier parti que Pallas et Agrippine durent chercher leur appui.

Il était d'ailleurs tout naturellement porté de bienveillance pour Agrippine: d'abord parce qu'elle était la fille de Germanicus *) , auquel on avait supposé des sentiments libéraux , puis parce qu'elle savait sinon être , du moins paraître *) chaste et sévère dans sa conduite.

En conséquence, sous son influence et celle de Pallas ^), l'administration ne tarda point à passer en d'autres mains ').

1) Tac. A. XI. 5, 6. Suet. Claude 16, 24, 25 in fine, 29.

2) Dion L. 60. Ch. 34.

3) A. XIV. 52. quia nec bonis arlibus idem virium crat altero velut duce amoto. et Nero ad détériores inclinabat.

4) Tac. A. XII. 2.

5) Tac. A. XII. 7.

6) N'est-on pas fondé à penser que Pallas n'a pas été un aussi vil gredin que les historiens à la solde des Flaviens ont bien voulu le dire , quand on le voit estimé de Sorea Boranus, de Cornélius Scipion, et de Burrhus? Tacite rapporte (A. XII. 53) et Suétone le confirme, (28) que l'austère et inflexible Soranus (voir A. XVI. 23, 30, 32.) consul désigné et P. Cornélius Scipion qui sera consul plus tard, proposèrent au Sénat de voter une dotation et des honneurs à Pallas et qu'un senatus-consulte té moigna de son désintéressement et lui accorda les ornements de la préture. Tacite admet (A. XIII. 23) que Burrhus avait conservé d'assez étroites relations avec Pallas.

7) Tac. A. XII. 7.

„Pins, nous dit Tacite'), Agrippine, qui ne voulait pas que „ l'opinion publique ne vit en elle qu'une femme capable de „ crimes, obtint la grâce et le rappel de Sénèque, et elle fit en „même temps proposer sa candidature à la préture. Elle sa- „vait devoir se concilier ainsi la faveur du public auprès du „quel Sénèque était en grande considération. Elle fit plus „encore. Elle confia l'éducation de Domitius à ce maître il- „lustre, persuadée qu'elle trouverait en lui un appui pour ses „ projets ambitieux, par la reconnaissance qu'il lui devrait „et le ressentiment qu'il conserverait de l'injustice de Claude „à son égard."

Ainsi pour gagner le Sénat, Agrippine chercha l'appui de Sénèque.

Quel était cet honome sous le patronage duquel la petite fille du divin Auguste voulait placer son fils? De quelle force disposait-il? • Sénèque était un personnage considérable dans l'Ecole romaine. Déjà sous le principat de Caïus il était le philosophe le plus en vogue *), et les critiques du jeune César n'avaient certainement pas modifié l'opinion du public à son égard. La philosophie stoïcienne ne se bornait pas à se livrer en silence à des études scientifiques; elle jouait un rôle important dans la politique. „Elle était, dit Mr. Havet % une sorte de pou- „voir, comme on l'a dit en d'autres temps de la presse." Par elle on arrivait aux honneurs et aux fonctions publiques; à tel point qu'on la vit servir de marche-pieds à des ambitieux *).

Le stoïcisme , en effet , et l'Ecole romaine surtout mettaient , ainsi que nous l'avons vu , au nombre des devoirs du citoyen philosophe le soin des affaires pubhques. Par suite de leurs

1) Tac. A. XII. 8.

2) Suétone, Caligula, 53.

3) Tome II. page 250.

4) Exemple, Junius Othon; Tac. A. III, 66.

doctrines les stoïques romains voulaient avoir une influence active dans l'état, en leur qualité de philosophes; ils entendaient imposer dans les lois, dans les usages, tous les principes de l'Ecole. Ils formaient un parti politique actif, puissant. Tacite les peint en disant '): „Stoïcorum arrogantia sedaque quœ turhidos et 7iegotiorum appetentes faciat." Deplus, c'étaient, dit iP), des hommes „ in accessibles à la peur, „ inaccessibles aux séductions; ils ne faisaient aucun cas de „la fortune, ni de la puissance, ni des honneurs, en un mot „de tout ce qui est hors de l'âme; et ils ne reconnaissaient „d'autre bien que la vertu, d'autre mal que le vice."

Le parti philosophique constituait une véritable aristocratie, l'aristocratie de l'intelligence et de la vertu. Comme on le vit au 18e siècle , il se recrutait surtout dans les classes élevées ^) ; tandis que les enseignements du stoïcisme trouvaient dans les superstitions du peuple des obstacles alors insurmontables *).

Sénèque, le premier personnage de son temps par son éloquence et son érudition ^) , était naturellement devenu leur chef, le dux ®) du parti des gens de bien.

Sa notoriété, aidée toutefois du crédit de sa tante, l'avait fait porter à la questure ') ; et la questure lui avait ouvert les portes du Sénat'). Il n'était pas alors dans la Curie le

1^ Tac. A. XIV. 57.

2) Tac. H. IV. 5.

3) Juv. sat. II. Sic praetextatos referunt Artaxata mores.

4) Perse, sat. III, 86: Hoc est quod pâlies? Cur qiiis non prandeat hoc est?

His populus ridetj multum que torosa juventus Ingeminat tremulos naso crispante tachinos, Sat. V. 189: Dixeris hœc inter varicosos centuriones, continuo crassum ridet Vulfenius ingens et centum grœcos curto centuse licetur.

5) Pline, H. N. XIV. 5.

6) Tacite A. XIV. 52 déjà cité.

7) Helvia 17.

8) Suétone, Ne'rou. 7.

seul représentant du stoïcisme; mais son parti n'était pas en majorité ; et nous le voyons frappé d'exil , interné en Corse.

Quelles circonstances, quels faits motivèrent cet exil? On l'ignore. Nous aurons ailleurs l'occasion d'examiner cet épisode de sa vie- Pour le moment, nous n'avons qu'une chose à constater, c'est que ni les actes qui avaient amené son expulsion de Rome , ni sa conduite dans l'ile sauvage et malsaine où il avait été rélégué, ni sa correspondance avec ses amis et les hommes politiques, ne lui avaient fait perdre l'estime qu'on avait pour lui. Il semble au contraire que cette sorte de persécution l'ait entouré d'une plus brillante auréole. Juvenal nous montre ') comment les mesures de rigueur infligées aux devins les grandissaient dans l'opinion du peuple, et il n'en était sans doute pas autrement dans les hautes classes à l'égard des philosophes stoïciens, qui avaient eu à subir les vexations du pouvoir. N'oublions pas, en effet, que c'est de lui-même et à l'occasion de son exil que Sénèque a dit : ^) Res est sacra miser.

S'il en eut été autrement, si Sénèque avait perdu une partie de son influence et de sa considération dans le parti stoïcien, pourrait-on supposer que l'habile Agrippine eut songé à se donner le mérite de l'avoir fait rappeler, et à lui confier la tutèle de ce fils pour lequel elle rêvait de si hautes destinées ?

Mais quelle que fût la force du parti philosophique, comment Agrippine crut-elle pouvoir s'appuyer sur lui? Comment Sénèque fût-il amené à accepter son alliance.

Les stoïques, en effet, pensaient avec Cicéron, „ qu'aucun „ pacte ne pouvait lier les citoyens aux tyrans; que ceux-ci „formaient une race perverse et impie qu'il fallait exterminer *);

1) Juv. sat. VI. 556 à 565. Prsecipuns tamen est horum qui ssepius exsul.

2) épig. 4.

3) De officiis III. 6, 7, 23.

„et qu'à l'exemple de Bru tus un fils devait plonger le poig- „nard au cœur de son père pour le salut de la liberté pu- „blique." Ils regardaient la constitution du principat comme un obstacle au libre exercice de leur activité politique , et à la réalisation de leurs idées ; ils ne désiraient rien tant que le retour au régime ancien de la république ^), et le minimum de leurs revendications était l'extension des attributions du Sénat ^). Caton, Brutus, Cassius étaient à leurs yeux les citoyens philosophes par excellence. A l'apothéose d'Auguste ils opposaient l'apothéose futur et légal de Caton. „0 Rome, disait „leur éloquent interprète 3), voilà, o Rome, le véritable Père „de la patrie, celui qui mérite tes autels, celui dont le nom „peut être invoqué sans honte dans les serments, celui que „tu feras Dieu , le jour ou tu relèveras ta tête hbre de joug !" A Rome on était devenu alors plus républicain , si ce terme pouvait être ainsi employé, qu'on ne l'avait été sous Tibère ou sous Auguste. Nous ne parlons pas du peuple. E n'y avait plus à proprement parler de peuple romain, mais une plèbe cosmopolite qui ne demandait au gouvernement que de lui vendre à bon marché le blé nécessaire à sa consommation , et lui donner des spectacles gratuits , panem et circences. Tel n'était pas le cas de l'aristocratie. Quoique de date récente et formée d'éléments mélangés, elle se croyait héritière des Scipions et des Metellus ; elle entendait être romaine ; elle rêvait de jouer le rôle de l'ancien patriciat ; et pour cela elle demandait le retour de ce qu'on appelait alors la liberté. Par liberté elle n'entendait pas réveiller les échos du forum; elle voulait l'extension des privilèges politiques des grands, et comme conséquence nécessaire la suppression du principat.

i) Tac. A. XVI. 22.

2) Tac. A. XV.^51. neque senatui quid mauere.

3) Pharsale, IX.

Pompée était devenu le grand homme par exellence; César n'était plus qu'un brigand '). L'école disait:

Virtus et suimua potestas Non coeunt =*).

Si Sénèque a pu se rapprocher d'Agrippine, c'est qu'il ne partageait pas les idées généralement admises par les philosophes romains au sujet de la forme du gouvernement. „Bru- „tus, disait-il ^), qui se distingue même parmi les grands „hommes , me semble avoir commis une erreur et n'avoir pas „agi suivant les vraies doctrines stoïciennes quand il prit la „ résolution de tuer César le dictateur. Il avait tort de re- „ douter le nom de roi , car le meilleur gouvernement est celui „d'un roi juste. Comment d'ailleurs pouvait-il s'imaginer „qu'il eut été possible de rétablù: l'ancienne constitution , quand „des milliers d'hommes ne combattaient que pour le choix de „ celui auquel on devait obéir, quand les anciennes mœurs „n'existaient plus."

A notre avis Diderot se trompe quand il loue comme un acte de courage les traités de la Clémence. Ce ne furent pas des leçons sévères que Sénèque osa donner au jeune César; ces traités constituaient , croyons-nous , un manifeste politique , une profession de doctrine pour rallier au principat le parti des philosophes. Ecoutons le: „Le peuple romain, o César, „ s'était soumis à une redoutable épreuve quand il ignorait quel- „les seraient vos quahtés .... aujourd'hui les vœux publics „sont accomphs, on n'en saurait douter .... Vos concitoyens „sont forcés d'en convenir; mais 'c'est un aveu qui leur est „pénible et qu'on n'obtient d'eux qu' avec peine, car jamais les passions ne désarment. ... Je parais m' être éloigné de mon

1) Lucain n'appelle Pompée que Magnus. Il dit de César: jusque datum sceleri Pharsale. Chant 1er. 2) Id.

3) De beneficiis II. 20.

„sujet, mais par Hercule il neyi est rien. J'ai voulu établir „que vous étiez l'âme de la République dont les autres ci- ,^toyens et vous, vous ne faites qu'un corps." Dans son plaidoyer en faveur du principat, de la concentration des pouvoirs, il invoque l'argument le plus susceptible d'être agréé par l'école romaine, la loi de la Nature, et pour cela il présente l'exemple des autres créatures qui , comme l'homme , doivent vivre en Société. „C'est „la nature dit-il, qui a établi Ja royauté. On peut s'en convaincre en observant les mœurs „c?e plusieurs espèces d'animaux, entre autres celles des ^abeilles" ').

Sénèque, on le voit, avait eu fort à faire pour rallier autour de lui les philosophes de l'école romaine; et il le reconnaît.

Il avait une autre tâche certainement aussi difficile, c'était celle de conjurer les attaques des a.utres sectes jalouses, et surtout de ceux en grand nombre qui restaient attachés aux anciennes mœurs, aux anciennes croyances, moins .par conviction que par crainte instinctive de tout changement.

Ces adversaires de toutes nuances publiaient que les stoïciens étaient des hommes durs, inflexibles, qui n'admettaient aucune distinction entre les fautes et qui déclaraient dignes des mêmes rigueurs le parricide et le vol d'une pomme. Il y avait, il faut le reconnaître, un certain fonds de vérité dans ces allégations. En étabhssant, en effet, avec une rigueur remarquable que le devoir était absolument obligatoire, l'école du Portique n'avait point fait la distinction nécessaire entre le principe même de l'obligation et les difficultés

1) De clementiâ I. 1. 5. 19. 20.

Virg. georg. IV. 220: His quidam signis atque hsec eiempla secuti, esse apibos partem divinse mentis et haustus setherios dixere.

de raccomplissement ; par suite elle ne reconnaissait guères de degrés dans le mérite ou dans le démérite.

Le second livre de la Clémence constitua alors un nouveau manifeste politique où la question du principat n'est plus qu'au second plan , tandis que l'objet principal est la défense personnelle de l'auteur et celle de son parti. ^^L' ignorance, dit il, ,^e le sais, décrie la secte des stoïciens comme trop dure et ^comme incapable de donner au prince de bons co?iseils; on „lui reproche d'interdire au sage la pitié et le pardon ... au „ contraire, il n'y a pas de secte plus bienveillante , plus douce, „plus amie de l'humanité, plus occupée du soin du public, etc." ^) En même temps il présente son programme politique, fait le tableau de l'idéal qu'il se propose de réaliser „c'est „aujourd'hui *) , dit-il, qu'il faut voir renaître la piété et la droi- „ture, et avec elles la pitié et la modération; c'est aujourd'hui „que les vices après avoir exercé trop long-temps leur funeste „empire devront faire place à un siècle de bonheur et de prospérité. Cet avenu-. César, je crois qu'il est permis de l'espérer."

Pour arriver à vaincre les résistances de ses amis, et celles de ses ennemis, quelle habilité n'a-t-il pas fallu à Sénèque ? ou plutôt , car l'habileté n'aurait certainement pas suffi , quelle considération ne devait-on pas avoir pour son talent et son caractère?

Ainsi donc à la mort de Claude, Sénèque et Burrhus se trouvaient les plus influents personnages de l'empire; et ce sont eux qui prennent Néron sous leur protection ^). BuiThus le présente au camp, le fait acclamer par les prétoriens; Sénèque l'introduit dans la Curie, se porte garant de son administration, et obtient en sa faveur les votes de l'assemblée.

1) De clementia. 5. 2) id. 1. 2.

3) Dion. Liv. 61, ch. 3. 'é te "ZevÏKXç xxi é BoVp^oç (PpoviiMTcerot re Hiicc xceî

SvvetTÛTCtTot Tuv TTipi rov "Nspovce J/vreç.

Mais la confiance en Sénèque n'aurait certainement pas suffi à décider les barbes blanches du Sénat à donner leurs su&ages pour l'élection de Néron. Ils espérèrent en cette occasion reconquérir sans coup d'état l'indépendance ou l'omnipotence du Grand Corps en remettant la charge redoutable de prince aux mains d'un enfant sous la tutelle d'une femme et d'illustres conseillers , Sénèque à Burrhus qui avaient manifesté le respect de leurs droits. Aussi dès l'abord, et comme condition de l'élection, les sénateurs apportèrent des restrictions, dictées d'ailleurs par la jeunesse du candidat, aux délégations dont avaient été investis les princes antérieurs ^) ; et en prenant possession de son siège Néron dût remercier les Pères et reconnaître qu'il tenait son pouvoir de l'autorité souveraine du Sénat et du consentement de l'armée , de auctoritate patrum et consensu mïlitum prœfatus *).

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