CONCLUSION
Ce qu'il fallait rendre probable, ou tout au moins vraisemblable, c'était la présence de cette femme habile, rusée,
méfiante, et en même temps, orgeuilleuse , vindicative, liaîneuse, au palais d'un fils ingrat et qu'elle avait en abomination peu de jours auparavant. Il nous est impossible de comprendre comment elle aurait pu croire à des protestations si inattendues de respect et d'amour, comment elle a eu le courage ou la folie de ne vouloir tenir aucun compte des avertissements qu'elle avait reçus.
D'un autre côté, nous ne nous expliquons pas comment Néron au milieu des fêtes et des folies de Baies songeait à faire construire un navire destiné à faire périr sa mère, alors qu'elle était loin de lui, à Antium, et que selon toutes les probabilités elle ne devait pas venir à Baules; nous ne nous expliquons pas mieux quelle pouvait être la combinaison adoptée pour permettre au navire de s'ouvrir; nous ne nous expliquons pas davantage comment il a pu penser que sa mère consentirait à s'y embarquer.
Que Ton veuille donc suivre Tacite , ou Suétone , ou Dion Cassius, on ne trouve rien qui soit digne de créance; et si on veut confronter leurs témoignages, on demeure pleinement convaincu qu'ils ne nous ont transmis que des légendes et non de l'histoire.