‹ Sénèque et la mort d'Agrippine, étude historiqueChapitre 51 sur 53 · H. III · texte numérisé non relu

H. III

5) Sat. 2.

des fourbes, d'infâmes débauchés; ils sont la cause de tous les vices qui souillent la capitale, de tous les crimes qui s'y commettent, car ce sont eux qui par leurs enseignements impies ont détruit la croyance salutaire aux dieux infernaux, à la religion traditionnelle. Et alors notre satirique se fait l'apôtre de l'Olympe. Autres temps, mêmes mœurs. Juvénal se montre à nous sous la figure d'un de ces écrivains spirituels et mordants qui dans le journalisme attaquent de nos jours la philosophie et les philosophes, au nom d'une religion vieilhe et qui cherchent en vain à paraître convaincus de la foi qu'ils défendent.

QuintiUen, lui, conteste la capacité politique du parti. „L'orateur, disait-iP), doit avoir une science universelle, et „ c'est pour cela qu'il doit étudier les divers systèmes de phi- „losophie. Mais que les dieux me gardent de vouloir faire „de l'orateur un philosophe, car je ne sais rien de plus op- „posé aux devoirs du citoyen. Qui d'entre eux s'est jamais „ distingué dans les assemblées? qui d'eux a pris part aux „affaires pubhques? Tous cependant font des théories sur „ l'art de gouverner. Je veux que l'orateur soit un véritable „homme d'état, et non un disputeur oisif. Laissons se ra- „battre sur la philosophie ceux auxquels l'éloquence deman- „derait trop d'études et de travail. Il est facile de laisser „ croître sa barbe, d'affecter le dédain pour l'art oratoire, de „prendre les dehors d'un sage sans l'être; tandis que l'élo- „quence est à l'abri de l'hypocrisie et personne n'a jamais pu „s'en revêtir comme d'un masque".

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