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L'ŒUVRE DES ALLEMANDS

Communiqué par M. de Rozychi.

M. l'abbé Concn, M., Mine et Mlle Adcr, Mme Morand, procédant au transport de blessés.

et méthodiquement il la brise. Plus bas encore, un vieillard râle sur le trottoir (i). Une maison est épargnée. Gela rend songeur : « Franzose? » demande-t-il, « Américaine » lui dis-je, au petit bonheur. Hélas ! elle ne sera pas épargnée le lendemain, car l'incendie est réglé et méthodique.

...Enfin, voici l'hôpital. Ignorant que je voulais voir le major, M. G. fait très justement observer que notre mission est terminée? u Nein ! » répond l'homme.

11 nous mène dans les dortoirs encombrés de blessés français.

(l) J'ai oublié de dire que nous avions pu, quelques instants plus tard, le ramasser et le ramoner à l'iiôpital. C'était Frigaut. Cet acte de cbarité est uniquement dû à l'initiative de M. C. qui obtint cette permission pendant que je causais avec le major allemand.

Toujours leur but : nous montrer leur force. Quelle joie de voir dans cet enfer une figure amie, l'aumonier, qui me dit : « Ils sont un peu calmés, mais furieux d'être traités de barbares. »

Ils sont sûrs de leur mission et de leur victoire. — Pendant que nous causons à voix basse, le petit incendiaire détrousse avec diligence les effets militaires, mais il donne à l'aumônier les boîtes de pansement qu'il trouve.

Je désirais voir le major. C'est utile pour l'inléret général et particulier. Il est dans le.dorloir des Allemands, beaucoup plus nombreux. Il est couché et éreinté ! Il promet de venir le lendemain matin voir notre blessé ; mais il n'est pas venu. Tout le jour, l'hôpital a été criblé de balles et de mitraille et les malades n'en menaient pas large. Je demande au major qu'on épargne au moins les maisons religieuses ou sont réfugiés les malheureux. Il me répond en bon français qu'il part le lendemain, mais qu'il transmettra ma demande et tâchera de réussir(i), une excellente dame qui est là (2) et parle allemand a déjà adouci les choses, ainsi que la Supérieure et l'Aumônier.

Enfin, on cric quelque cl ose à la sonlinclle cl on nous laisse partir. Et, le lendemain, le même Allemand \oulait donner une bicyclette volée à un domesti([iie du collège cl des bonbons à la fille de Pierre !... Puis, chaque jour, il revenait en chien fidèle. Pierre nous a dit que ce petit ennemi élait « 1res méfiant ». Il racontait avoir tué le jour même un civil qui lirait sur eux et avoir blessé par mégarde une petite fille, à laquelle le lendemain il apportait 10 maiks. Etrange mentalité des temps de guerre ! Le fait est exact et m'a élé confirmé à Saint-Lazare: seulement le civil ne tirait pas. (3)

Au retour, — sauf un malheureux brancardier qui s'était dissimulé à notre vue, — pas une âme, pas un bruit, si ce n'est celui des flammes. Ça brûle, sur notre chemin, d'un feu d'enfer. Il doit être minuit et demi. M. C. et moi nous croyons vivre un rêve...

(1) Je ne me fais d'ailleurs aucune illusion sur celte ('.cmarclie.

(2) Mme la baronne Mou...

(3) Ce malheureux était un nommé Eckès, ouvrier inoiïcnsif. Une enquête approfondie m'a permis de savoir que c'est devant son cadavre à demi calciné que notre compagnon — le meurtrier — s'arrêta longuement. Je n'ai d'ailleurs connu ce sinistre détail que plus lard.

Js/[. l'Archiprêtre Dourlent est arrêté

Accusé d'avoir laissé tirer du clocher, M. l'Archiprètre proteste énergi-;uement. Il est acquitté et obtient que la ville ne soit pas entièrement incendiée.

Le Mérite Civil

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