LA GARE - VUE INTÉRIEI ]{E
.' •■,,,,,, unique par M. de Rozycki. Quelques ^qenadcs ont dcliuit les Ijàlinionts de fond en comble.
retour à tous deux dans cette ville tragique. Le soldat dit alors que si nous rencontrons l'ennemi, nous devons lever les bras en criant : Hôpital ! Je ne réfléchis pas beaucoup. Alors commence la satanique promenade, d'une horrible beauté que je n'oublierai jamais... mais je m'arrête... c'est folie d'écrire dans un tel...
J'oubliais un détail : nous avons su depuis que le général exigeait que deux brancardiers reconduisent le soldat. — Il était formellement interdit de sortir dans la partie incendiée de la ville, cette nuit-là. — Le soldat nous avait dit aussi d'enlever le drapeau français de Saint-Vincent. Je le fais moi-même avec un domestique pour qu'il ne soit pas touché par l'ennemi : je l'embrasse et je le cache.
Dimanche, lo heures.
Je continue. Cet homme nous emmène donc fusil-baïonnette à la main. Là, pour la première fois, je crois apercevoir la mentalité si
étrange de l'Allemand : un homme comme un autre quand il dc£arme et « en action » un homme qui remplit un terrible sacerdoce, auquel tout est permis. 11 n'a qu'un mot : u C'est la guerre ! ».,,
Mais je reviens à l'aspect de la ville.
Nous arrivons rue de la République. Jusqu'au faubourg Saint- Martin, ce n'est qu'un immense brasier. A droite et à gauche, nous sommes « inondés » de lumière par les maisons qui flambent, crépitent, s'écroulent. Par les vitres brisées je vois les meubles qui flambent, les cheminées qui tombent; tout est en feu; les rares magasins dont les marchandises crépitent. A gauche, sur les remparts, une grande lueur : on m'a dit que c'était Villemétrie qui flambait. Je ne suis pas encore fixé sur la nouvelle. Je crois pouvoir espérer qu'efle est fausse ou, du moins, si nous sommes brûlés,