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d’ailleurs variables d’un sujet à l’autre. Chez certains, l'organe auditif seul est touché plus ou moins grièvement, chez d’autres tout le labyrinthe est atteint. À la surdité s'ajoutent des troubles de l’équilibration.
Nous verrons combien sont fréquentes les lésions vestibulaires chez les sourds-muets. On sait également que dans les cas d’autopsie de malades atteints de maladie de Menière, on a toujours trouvé des lésions des canaux semi-circulaires.
Mais ce n’est que par l’expérimentation sur l’animal, en provoquant soit l’irritation du labyrinthe, soit son abolition fonctionnelle, qu’on a pu connaître le rôle joué par le vestibule dans la pathogénie de ces troubles. C’est Flourens, qui, le premier, a décrit les troubles consécutifs aux lésions des canaux semi-circulaires. Depuis, d’autres physiologistes, en variant les conditions expérimentales, se sont efforcés de préciser les fonctions du labyrinthe, mais ne sont pas tous d'accord quant à l’in- terprétation de leurs expériences.
Deux procédés différents peuvent être utilisés pour étudier ces fonctions. On peut supprimer tout ou partie du labyrinthe et étudier les effets produits par cette suppression. Mais, il ne faut pas perdre de vue que, dans ce mode opératoire, la paralysie labyrynthique partielle ou totale n’est pas immédiate et que ce qu'on observe aussitôt après La lésion ce sont des phénomènes d’excitation.
On peut encore provoquer seulement l'excitation du labyrinthe par un des nombreux procédés connus, excitation mécanique, électrique, thermique, ete. et examiner les résultats produits.
. Rappelons tout d’abord les expériences de lésion
AR RE ou dablation labyrinthique, d’ailleurs les plus anciennes.
Les résultats obtenus sont sensiblement les mêmes, qu'on extirpe le labyrinthe en entier ou seulement tous les canaux semi-circulaires. L'ablation de l’utricule et du saccule seuls n’est pas possible chez les vertébrés. ve
Aussitôt après l’ablation du labyrinthe des deux côtés et pendant un temps plus ou moins long après l'opération, ce sont les symptômes d'irritation labyrinthique qui prédominent.
Les oiseaux et les mammifères ainsi opérés présentent des phénomènes tumultueux. « Le pigeon ne peut alors ni se tenir debout, ni rester couché, ni voler, ni exécuter un mouvement combiné quelconque, ni conserver, ne serait-ce que pendant un instant, l'attitude qu’on lui imprime. Tous les muscles de son corps se contractent violemment, il exécute les sauts les plus périlleux, tantôt en arrière, tantôt en avant, tourne autour de son axe longitudinal, s'élance en l’air et retombe sur le sol, pour se livrer ensuite de nouveau aux mêmes mouvements.» (De Cyon.) |
Ses mouvements d’agitation sont tels que, si on ny prenait garde, il se briserait la tête contre un obstacle quelconque.
Au bout de quelques jours, ces troubles s’amendent, le pigeon réapprend à se tenir debout, puis à
marcher, mais sa démarche est lente, incertaine...
L'animal décrit une ligne en zigzag (Marikowsky). ‘Si on l’aveugle, il ne peut plus se tenir debout.
Même plusieurs mois après l’opération, le pigeon est incapable de voler.
Des constatations semblables ont été faites sur les mammifères (Goltz, Bechterew, Ewald, Thomas).
Après la période de mouvements tumultueux et désordonnés, qui suit Popération, Panimal réapprend à marcher, mais sa démarche reste incertaine et hésitante. Si on le prive du secours de la vue, comme pour le pigeon, les troubles réapparaissent avec toute leur acuité, |
Ewald a démontré que la suppression des deux labyrinthes produit en outre :
1° Un trouble de la précision des mouvements, surtout marqué .dans les mouvements délicats, tels que mouvements de la tête, de l’œil, mouvements nécessaires pour la préhension des aliments, le saut, le vol, la natation;
20 Une remarquable faiblesse musculaire, la fatigue est rapide. Un poids léger suffit à maintenir la tête d’un pigeon dans une position anormale;
30 Une diminution du sens musculaire, L'animal élabyrinthé retire, plus lentement qu'un animal normal, la patte à laquelle le point d'appui manque brusquement. |
De ces faits, Ewald a conclu que l'excitation normale de l'appareil semi-circulaire détermine par voie réflexe le tonus des muscles striés (tonus labyrinthique).
Plusieurs auteurs ne partagent pas celte opinion {Gley, Gradenigo). Les troubles moteurs décrits par Ewald se dissipent en effet assez vite et chez les sourds-muets dont le vestibule et les canaux semicirculaires sont détruits, les muscles se comportent d’une façon parfaitement régulière. La force musculaire de ces sujets est sensiblement égale à celle. des enfants normaux. La faiblesse et la lenteur des
mouvements de la langue et des lèvres, signalées par Féré chez certains sourds-muets, disparaissent par l’éducation. à
Chez les animaux aquatiques, sur lesquels les expériences ont été faites, la suppression des deux laby- IL suffit de changer la position du centre de gravité d'un poisson élabyrinthé pour qu'il nage régulièrement le ventre en l’air (Loeb, Bethe), À
De même, la grenouille élabyrinthée roule sur ellemême et vient se poser au fond du vase, tantôt sur le dos, tantôt sur le ventre (De Cyon)..
Chez les invertébrés, on constate des phénomènes analogues; l’otocyste, vésicule membraneuse renfermant un liquide tenant en suspension des particules calcaires, les otolithes, joue le rôle du labyrinthe chez les animaux supérieurs. Un poulpe, dont on a extirpé les otocystes, ne peut plus nager régulièrement, mais tourne autour de son axe longitudinal (Delage). Il est possible d’ailleurs de supprimer les otolithes, sans opération, chez certains invertébrés. Il suffit de laisser des larves de homard séjourner dans l’eau distillée pour empêcher la formation des granulations otolithiques calcaires. On constate alors que cette suppression produit la désorientation chez ces animaux.
La destruction du labyrinthe ou des canaux semicirculaires d’un seul côté produit des désordres moins graves. Aussitôt après l'opération, ce sont les phénomènes d’excitation qui prédominent avec des mouvements fumuliueux de la tête el du corps, Ces troubles s’amendent progressivement.
Chez le pigeon, on observe des déplacements de la tête qui s'incline vers le côté opéré et des faux
DO e
pas pendant la marche, Parfois on observe des mouvements de manège (De Cyon). |
Parfois même, l'animal opéré ne diffère pas au repos d’un animal normal, maïs, dans les mouvements provoqués, les troubles réapparaissent.
Les mammifères, un certain temps après l’opération, présentent une attitude analogue.
Ils inclinent la tête et le corps du côté opéré, en même temps la tête présente un mouvement de torsion qui porte le nez du côté sain, l'œil du côté
“opéré dévie vers le bas, celui du côté sain vers le
haut. Les membres antérieurs sont déviés du côté sain; l’animal éprouve de la répugnance à marcher et tombe facilement du côté malade (André Thomas).
Une grande part des troubles de la marche ainsi constatés après la destruction du labyrinthe est imputable à la position de la tête prise par l’animal.
Des expériences fort anciennes de Longet reprises par De Cyon ont montré en effet que la section des muscles de la nuque chez le chien suffisait à provoquer des troubles de l'équilibre.
De Cyon, en fixant la tête de ses pigeons non opérés dans la position identique à celle qu’ils prendraient après destruction du labyrinthe, a observé des troubles de l'équilibre comparables à ceux qu’on observe après l’opération.
L'importance de la position normale de la tête pour le maintien de l’équilibre est donc indéniable.
Mais ces positions anormales disparaissent à la longue. On ne les observe pas chez les sourds-muets.
Les opérations portant sur un canal isolé où sur deux canaux symétriques présentent un intérêt beau-
à nt
D'or —
coup plus grand, pour la compréhension du rôle du labyrinthe.
Les phénomènes qu’on observe aussitôt après la section des canaux ne diffèrent pas de ceux obtenus par irritation. de ces mêmes canaux.
Les premières expériences faites sont dues à Flourens. Voici comment Flourens dècrit les expériences qu'il pratiquait sur le pigeon :
« La section du canal horizontal des deux côtés est suivie d’un mouvement brusque et impétueux de la tête de droite à gauche et de gauche à droite; la section du canal vertical inférieur des deux côtés est suivie d’un brusque mouvement vertical de bas en haut et de haut en bas, et la section du canal vertical supérieur toujours des deux côtés est suivie d’un mouvement vertical inverse, c’est-à-dire de haut en bas et de bas en haut. » |
Flourens ajoutait : « La section de chaque canal détermine donc une suite de mouvements, lesquels s’exécutent dans la direction même du canal. Il y a
donc un rapport donné, un rapport constant entre
la direction de chaque canal semi-circulaire et la direction du mouvement produit par la section de chaque canal. »
Ces très remarquables expériences ont été reprises et confirmées par De Cyon.
Les mouvements de l’ensemble du corps qu’il a décrits présentent la même direction que les mouvements de la tête, mais sont moins faciles à analyser. D’une façon générale, le mouvement s’accomplit dans un plan parallèle à la direction des canaux lésés.
Lorsque l'opération a été bien conduite et n’a pas provoqué d’hémorragies inondant tout le labyrinthe,
Ci Es AT DORE PAFALRE MAPS PARCS AY DER
en
les troubles s’amendent. L'animal réapprend à marcher. Le pigeon peut voler, mais difficilement. Plusieurs mois après l'opération, les animaux opérés ne se distinguent des animaux non opérés que par des mouvements oscillatoires de la tête qu'ils présentent de temps à autre.
Les mammifères (De Cyon, Bechterew) présentent des troubles analogues, mais tandis que la section d’un seul canal chez le pigeon ne produit que des troubles fransitoires, chez les mammifères elle suffit à provoquer des troubles tumultueux et d'assez longue durée. En outre des mouvements de la tête et . du tronc, on observe des mouvements oscillatoires des veux, dits nystagmiques. La direction de ces mouvernents est en rapport avec celle du ganal lésé.
Au bout de quelques jours, ces troubles s’atténuent considérablement. La démarche cependant demeure hésitante et l'orientation reste défectueuse,
D’autres physiologistes se sont efforcés de stimuler l'appareil labyrinthique sans produire de lésions durables.
Chez les invertébrés, lPotocyste ne subit pas de différenciations au cours du développement et persiste à l’état de vésicule remplie d'un liquide dans lequel se trouvent les otolithes.
Kreidl a réussi à provoquer la stimulalion de cet appareil otolithique par une expérience très élégante. [IL mit À contribution la faculté que possèdent les crevelles au moment de la mue de se faire de nouveaux otlolithes, en empruntant au milieu ambiant des grains de sable. Il mêla au sable des grains de limaille de fer et constata que le plan de symétrie de ces animaux variait suivant la direction du champ magnétique produit par un aimant,
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Ces expériences furent reprises et leur résultat confirmé par Prentiss.
Chez ces animaux, il ne semble donc pas douteux que les pressions exercées par ces otolithes sur les organes sensibles les renseignent sur la direction de la verticale.
Chez les vertébrés, en raison de la différenciation de l’otocyste au cours du développement, l’importance de l’appareilotolithique semble décroître. Néanmoins, un certain nombre de faits sont en faveur de l'existence dans l'oreille interne d’un organe sensible à l’action de la pesanteur. |
On sait que chez les mammifères et chez les oiseaux, la position de l'œil dans l'orbite varie avec les changements de position de la tête par rapport à la verticale. Si la tête s'incline latéralement, l'œil subit une rotation aulour de laxe antéro-postérieur de l'orbite en sens inverse. Si la tête s'incline en ayant ou en arrière, l'œil subit une rotation autour d’un axe transverse en sens opposé. La position de l'œil dans l'orbite dépend de la position de la tête, par rapport à la verticale.
Ces déplacements stables de l'œil sont aussi obtenus en soumettant le sujet à l’action de la force centrifuge.
D'autre part, chez les sourds-muets présentant de graves troubles de l’équilibration ou chez les mammifères chez lesquels on ja pratiqué l’extirpation complète du labyrinthe, ces phénomènes sont [rès atténués.
: On. sait. aussi que l’homme a la faculté de se rendre compte les yeux fermés de la position de sa tête par rapport à la verticale, lorsqu'il est sous
l'eau, c’est-à-dire quand le poids de la tête sur le cou est en quelque sorte annihilé.
Les sourds-muets, à destruction labyrinthique étendue, perdraient, dans les mêmes conditions, la notion de la situation de leur tête par rapport à la verticale (James).
Tous ces faits viennent donc à l'appui de l’existence dans le labyrinthe d’un appareil sensible à l’action de la pesanteur.
Chez les invertébrés, cet appareil serait formé par les otolithes agissant par leur pression sur les macules. | Chez les vertébrés, conformément aux données de l’'embryologie, il y a lieu de supposer que l'utricule et le saccule jouent le même rôle que l'appareil otolithique chez les invertébrés. Nous reviendrons sur cette interprétation un peu plus loin.
La stimulation des canaux semi-circulaires seuls est possible également sans altérer leur continuité.
L’irritation peut être portée directement sur l'ampoule. L'expérience réussit bien chez la grenouille. L'’excitation de l’ampoule du canal horizontal d'un côlé produit un mouvement de la tête en sens opposé.
Si lirritalion est plus forte, le mouvement s'étend à tout le corps qui s’arque du côté opposé. |
iwald a réalisé une expérience dite expérience du marteau pneumatique, qui reproduit lexcitation physiologique normale des canaux semi-circulaires.
Il oblurait la lumière du canal loin de l’ampoule par compression. é
À laide d’un petit ballon, placé entre la paroi osseuse el le canal membraneux, dans la région siluée entre l’ampoule et l'obstacle, il pouvait pro-
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voquer le déplacement de l’endolymphe, en insuflant de l'air dans le petit ballon.
Il constata alors que le déplacement de l’endolymphe était accompagné d'un mouvement de la
tête et des yeux dans le plan du canal excité, la compression produisant toujours un mouvement opposé à celui de la décompression. de
Il prouva en outre que, d’une façon générale, les ampoules d’un même labyrinthe, droit ou gauche, sont plus sensibles aux déplacements endolymphatiques qui ont lieu dans une direction opposée au côté de ce labyrinthe.
Ces expériences permettent de comprendre le fonctionnement de l’appareil semi-circulaire, quand un animal ou un sujet en expérience est soumis à une rotation, autour d’un axe vertical par exemple.
Prenons une rotation vers la droite autour de l’axe vertical. Au début de la rotation, l’endolymphe, par suite de son inertie, ne suit pas le mouvement du canal.
I1 se produit un-:déplacement relatif du liquide par rapport aux parois du canal et ce déplacement continue tant qu'il ya une accélération angulaire.
Il cesse quand la vitesse de rotation est constante, puis reprend en sens inverse quand l'accélération angulaire est dirigée en sens opposé.
Dans l'exemple choisi, il y aurait mouvement de l'extrémité non ampullaire vers l’ampoule dans le canal externe droit et vice versa dans le gauche.
L'endolymphe, en passant sur les crêtes ampullaires formant barrage, excite le nerf ampullaire correspondant. Cette excitation, en raison des connexions nerveuses avec le noyau de Deiters, provoque le nystagmus. Le nystagmus se produit donc
au début et à l'arrêt du mouvement de rotation.
Telle est la théorie généralement admise. IL importe de faire remarquer que les forces d'inertie ne sont pas seules mises en jeu dans la rotation et qu'il y à lieu de tenir compte des forces centrifuges qui s'exercent sur les parois des canaux et des poches utriculaire et sacculaire.
Le nystagmus m'est pas le seul phénomène observé, il se produit en outre des phénomènes d'ordre subjectif, tels que vertige, nausées, vomissements, mouvements apparents des objets environnants et des phénomènes d'ordre objectif, tels que tendance à la chute et parfois même chute dans le sens de la rotation. Il se produit en outre des phénomènes réactionnels des extrémités sur lesquels nous aurons l’occasion de revenir.
La chaleur agit également comme excitant des nerfs vestibulaires.
La. stimulation thermique, indiquée par Barany, s’obtient en injectant dans l'oreille de l’eau à température plus basse ou plus haute que celle du corps.
Cette stimulation provoque le nystagmus, Barany explique ce phénomène par la théorie du déplacement de l’endolymphe. Il compare le labyrinthe à un vase rempli d'eau à la température du corps. Le refroidissement de la paroi externe amènerait des mouvements de convection dans le liquide, les parties refroidies plus denses descendant le long de la paroi. Le réchauffement produirait des mouvements inverses.
Le nystaigmus qui avait lieu dans un sens avec l’eau froide sera dirigé en sens inverse avec l’eau chaude. C’est ce que l'expérience vérifie. |
Mais cette théorie un peu simpliste n’est pas
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admise par tous. Certaiñs (GA. Weill) pensent que cé phénomène serait dû à une action secondaire vaso-motrice provoquée par le froid ou le chaud. Des Variations thermiques produites dans le voisinage du Conduit, Où au niveau du tympan, provoquent les mêmes réactions que l’épreuve clssique (Baldenwek et Ramadier). e
Le nystagnus est accompagné des phénomènes d'ordre subjectif et objectif que mous avons décrits.
La direction du nystagmus varie avec la position de la tête.
La stimulation des canaux semi-circulaires peut aussi être obtenue au moyen du courant galvanique.
On observe des mouvemeñts nystagmiques des yeux et des mouvements d’inclinaison du corps.
Le nystagmus galvanique est rotaloire ou presque exclusivement rotatoire.
Il a lieu dans le sens de la cathode et on l’observe surtout peñdant le passage du courant.
Lés mouvements réactionnels qui l’accompagnent ont dépuis longtemps attiré l'attention des physiologistes. Les expériences de Purkinge, reprises par Breuér et d’autres établissent que le passage d’un courant d'intensité suffisante détermine uhe sensation de chüte vers la cathode ét un mouvement d'’inclinaison de là tête d’abord, du tronc ensuite en sens opposé, mouvements qui peuvent amener la chute.
Pendant longtemps, ces mouvements réactionnels
furent attribués à l’action du courant sur les centres nerveux.
, L’expérimentation ruina cette théorie. Réalisée d’abord par Breuer, puis par Ewald, l'excitation directe du labyrinthe par le courant fut reprise par Babinski.
I1 met à nu sur loreille d’un pigeon les canaux semi-circulaires et le vestibule, applique les électrodes d’une batterie de piles, l’une immédiatement sur un point de l'appareil labyrinthique dénudé, l’autre à un demi-centimèêtre environ de cet appareil.
A la fermeture du courant, la tête s’inclinait du côté du labyrinthe excité, si l’électrode avec laquelle ïl se trouvait en contact était positive et lorsque l’électrode était négative, la tête s’inclinait du côté opposé. Le mouvement produit par le pôle négatif était plus brusque et plus intense.
Babinski avait supposé que, comme dans les expériencés de Flourens, l'excitation électrique de chacun des trois canaux semi-cirçulaires produirait des phénomènes différents. ,
Ses prévisions ne se sont pas réalisées, la réaction paraît être la même, que l’on excite l’un des trois canaux ou le vestibule. « Il faut remarquer, du reste, écrit Babinski, que l’ébranlement causé par l’électrisation d’une des parties du labyrinthe peut se propager à tout l’appareil et que, dans ces expériences, une dissociation des fonctions est malaisée.
Je puis dire, seulement, que dans la genèse du vertige voltaïique, l'excitation du vestibule et des ampoules me semble jouer un rôle capital, car, lorsqu'on les a détruits, on ne peut plus provoquer le phénomène en question, tandis que la destruc- Uon de la majeure partie des canaux semi-circulaires ne supprime pas la possibilité de le faire apparaître. »
Ces expériences sont donc en désaccord avec l’hypothèse de Brünings qui pense que le courant galvanique wagit pas en irritant directement l'élément
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nerveux, mais en provoquant une sorte de cataphorèse.
Les expériences de Babinski ont été reprises et confirmées par d’autres expérimentateurs (CI. Vincent, Weill, Barré, Nageo:e).
Elles établissent que chez un animal totalement élabyrinthé d’un seul côté, l’inclinaison se produit du côté sain, que chez un animal dont le labyrinthe a seulement été lésé l’inclinaison a lieu du côté malade, que chez l'animal totalement élabyrinthé la résistance est considérable, et enfin que longtemps après l'opération, pendant la période de compensation, l’inclinaison peut se produire principalement d’un seul côté, si la lésion a été unilatérale ou même vers l’anode des deux côtés, si l'animal à été opéré des deux côtés et guéri.
Dans ce dernier cas, il faut invoquer l'intégrité des éléments nerveux. :
Il est fort probable qu'au moment de l’opération les nerfs subissent une sorte d’inhibition qui les empêche de réagir à l’excitant galvanique.
La résistance au vertige chez un animal dont les lésions ont été compensées traduit donc létat de réflectibilité des nerfs vestibulaires.
Ainsi, grâce aux nombreuses expériences de physiologie que nous venons de passer en revue, grâce aussi aux observations nombreuses des pathologistes, le rôle du labyrinthe, comme organe d’équilibration, commence à être connu. {
M. A. Broca a précisé les notions que nous possédions déjà sur le fonctionnement de l'oreille interne comme appareil d’équilibration, et montré que [la disposition de l’oreille interne était telle qu’elle nous permettait une représentation sensorielle exacte
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d'actions mécaniques différentes, la pesanteur et la force centrifuge d’une part, la force tangentielle d'inertie liée à l’accélération angulaire d’autre part.
M. Broca montre la différence fondamentale qui existe entre les fonctions des macules utriculaire et sacculaire d’une part et des crêtes ampullaires d’autre part. -
Les premières nous donnent la notion exacte de la position de la verticale et peuvent dans certains cas nous renseigner sur certaines forces centrifuges.
Les secondes nous renseignent sur les accélérations angulaires.
Les macules vestibulaires sont les organes du sens des forces, les crêtes ampullaires sont ceux du sens des couples.
Nous avons vu que le rôle des macules vestibulaires comme organes susceptibles de nous renseigner sur la direction de la verticale avait déjà été entrevu par plusieurs physiologistes, mais M. Broca a montré la nécessité d’avoir deux sensations obtenues par deux appareils sensibles distincts pour donner la notion de verticale. Ces deux appareils sont le saccule et le canal cochléaire d'une part, V'utricule et les canaux semi-circulaires d'autre part.
La disposition de la macule utriculaire est telle qu'elle supporte la pression maxima du liquide endolymphatique contenu dans le système de l’utricule et des canaux semi-circulaires dans la position normale de la tête de l’homme assis où debout.
La disposition de la macule sacculaire située le plus loin possible de l’hélicotréma, au contraire, est telle que dans la position normale de la tête la pression est minima, qu'elle est maxima dans la position couchée sur le ventre et négative sur le dos.
Les macules utriculaire et sacculaire donnent doc deux pressions différentes. D’après les lois bien connues des liquides pesants, la pression qui s’exercera sur l’organe sensible ne dépend que de la distance verticale qui le sépare du plan horizontal tangent à la surface du liquide.
Si cet organe est contenu dans un vase, la con- ‘uaissance de la grandeur seule de la pression est insuffisante pour déterminer la position du vase dans l'espace. D’autres positions du vase pourront donner la même pression. Il faut un deuxième organe sensible renfermé dans le même vase et donnant une pression différente ‘du premier pour que la position du vase soit déterminée.
Si, au lieu d’un seul vase, on a deux vases solidaires l’un de l’autre et rénfermant chacun un organe sensible, la position de ce système dans l’espace sera également déterminée.
Nous trouvons dans l'oreille interne les deux systèmes hydrostatiques distincts nécessaires pour déterminer la position de la verticale. L’un de ces systèmmes. est formé de l’utricule et des canaux semicirculaires, l’autre du saccule et du canal cochléaire.
Dans le cas de la pesanteur, chacun de nos deux systèmes labyrinthiques nous donne une notion de verticale et ces deux notions sont identiques. II n’en est plus de même quand à une accélération de pesanteur vient s'ajouter une accélération centrifuge. Les pressions ‘qui s’exercent sur les macules vestibulaires sont modifiées et les deux systèmes labyrinthiques n’enregistrent pas les mêmes pressions.
Mais la position de l’axe et la vitesse angulaire restent indéterminées.
I1 est un cas cependant où ces systèmes sensibles
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aux pressions peuvent nous renseigner, C’est quand nous sommes soumis à une rotation, avec vitesse angulaire constante, autour d’un axe vertical éloigné.
Toutefois, l'interprétation est imparfaite, le sens de la rotation nous échappe et le vertige qui est la traduction de l’incoordination de nos sensations en est la conséquence.
Pour les rotations autour de l’axe horizontal avec vitesse constante, notre appareil vestibulaire est impuissant à nous renseigner.
Nous voyons donc que les sensations qui nous sont fournies par les macules vestibulaires sont trop imparfaites pour nous servir dans la marche, comme le montre M. Broca.
Dans l'acte de la marche, notre corps est soumis constamment à des rotations autour d’axes horizontaux et verticaux.
La pesanteur entraîne notre corps en avant et si nous n'avions pas des organes sensibles pour nous avertir de cette rotation autour d’un axe horizontal, ce mouvement en avant se continuerait jusqu'à la chute. |
De plus, au moment de l’appui unilatéral sur le sol, le corps effectue une rotation autour d’un axe vertical et si cette rotation n’était pas perçue d’une façon précise, nous serions incapables de marcher en ligne droite.
Heureusement, les rotations s'effectuent avec des vitesses angulaires variables. Autrement dit, il y a accélération angulaire.
Les organes sensibles, qui nous servent dans la marche, doivent donc nous avertir des accélérations angulaires, afin que nous puissions compenser, par
, une impulsion donnée à un groupe musculaire convenable, le mouvement dangereux.
Ce rôle est dévolu aux canaux semi-circulaires. Leur disposition en forme de canal fermé, muni de crêtes ampullaires pour percevoir les frôlements, les rend aptes à nous renseigner sur les accélérations angulaires auxquelles notre corps est soumis, par les courants d'inertie, qui se produisent à leur intérieur.
M. Broca calcule la pression qui s'exerce sur un barrage dans un canal fermé parcouru par un courant soumis à des forces d'inertie et montre que cette pression est proportionnelle à la densité du liquide, à l’accélération angulaire et à Ia surface de projection de l'aire du canal sur un plan perpendiculaire à l’axe de rotation.
Dans le cas où l’axe de rotation n’est pas perpendiculaire au plan d’un des canaux, la pression subie par chaque organe sensible des trois canaux sera différente et le nombre des conditions est suffisant pour pouvoir déterminer les angles des plans des canaux avec le plan normal à l’axe de rotation et l'accélération angulaire. \
L'éducation des sens pourra donc se faire puisque le problème comporte une mise en équations et que la résolution de ces équations conduit à une solution unique.
En d’autres termes, des sensations perçues, nous pouvons remonter aux causes qui les ont produites.