NANTES
Vinclinaison aura lieu à droite ou, pour se produire à gauche, nécessitera des courants plus intenses. Le vertige est unilatéral.
De même, le nystagmus calorique gauche obtenu par l'épreuve initiale à l’eau froide est compensé par l'application à droite de la cathode, qui en l’absence d’épreuve calorique doit provoquer un nystagmus droit. *
Les mouvements réactionnels des extrémités qui accompagnent les épreuves nystagmogènes offrent un grand intérêt. Barany a montré qu'ils revêtent une importance toute particulière dans le diagnostic des affections du cervelet. On peut examiner les mouvements qui se produisent dans les diverses articulations au moyen d'expériences faciles à réaliser, telle que l’épreuve de l’index pour l'articulation de l'épaule. Dans cette épreuve, l'opérateur et l'examiné étant assis l’un en face de l’autre, l'opérateur lève la main droite par exemple, de façon que son avant-bras soit sensiblement horizontal, l'index .étant en extension et commande au sujet examiné de lever la main droite reposant primitivement sur son: genou droit, de façon à toucher avec son index l'index de l’opérateur. L'opération est répétée plusieurs fois, les yeux ouverts, puis les yeux fermés. En l’absence de toule excitation vestibulaire, le sujet examiné sans le secours de la vision vient toucher avec son doigt le doigt de l'opérateur. Il n’en est plus de même après une excitation vestibulaire. Par exemple, après un nystagmus à droite, le sujet indique à côté de lui et à gauche. Barany a été conduit à penser qu’il existait dans les hémisphères du cervelet des centres qui règlent les mouvements des extrémités en étendue et en direction. Il résulte de cette
hypothèse que les lésions dans la région de ces foyers se manifestent par le trouble des mouvements réactionnels qui devraient normalement se produire chez un sujet sain apfès provocation du nystagmus.
Cette nouvelle représentaiton motrice dans le cervelet a déjà donné des résultats remarquables dans le diagnostic des tumeurs cérébelleuses.
G.-A. Weill a décrit sous le nom d’épreuve de la déviation inscrite une modification de l'épreuve de l'indication de Barany.
Sur une feuillé de papier tendue sur une planchette munie d’un encadrement, on fait tracer au sujet, les yeux fermés, un certain nombre de traits verticaux qui, en l'absence de toute excitation labyrinthique, doivent se superposer sensiblement.
Dans Tépreuve du nystagmus galvanique, il se produit à la fermeture du courant une forte déviation vers l’anode et à l’ouverture une contre-déviation en sens inverse, qui ne tarde pas à disparaître.
Dans les épreuves giratoire ou calorique, on observe des déviations analogues suivant le sens de la rotation ou suivant l'oreille qui a été irriguée.
Les réactions générales du corps doivent être étudiées avec soin, soit j—au repos, soit pendant la marche. Elles peuvent être observées, soit en l’absence de toute excitation labyrinthique, soit pendant ou après une. des nombreuses épreuves nystagmogènes que nous avons décrites. D’où une grande variété d’épreuves, qui toutes d’ailleurs n’ont pas la même importance clinique.
La recherche du signe de Romberg est négative chez les malades compensés, comme ceux que nous avons eu l’occasion d'examiner en l’absence de toute excitation labyrinthique. Au contraire, nous avons
vu que la position de Romberg était la position de choix pour la recherche du vertige voltaïque. L’incurvation du corps se produit normalement vers l’'anode, soit en sens inverse ‘du nyslagmus correspondant.
Il en est de même pour les autres épreuves nystagmogènes, l’incurvation se produisant en sens inverse du nystagmus provoqué.
Von Stein a décrit un grand nombre d'épreuves destinées à rechercher les troubles de l’équilibration. Parmi ces épreuves, citons la marche en ligne droite en avant ou en arrière, les yeux ouverts ou les yeux bandés, le saut en avant ou en. arrière. les pieds joints ou alternativement sur un pied ou sur l’autre, la station sur un seul pied, etc.
Babinski et G.-A. Weill ont décrit sous le nom d’épreuve de la marche en va-et-vient ou épreuve de la déviation angulaire, une épreuve qui n’est en somme qu'une adaptation à un espace restreint de l'épreuve classique dite du tapis vert.
Elle se pratique dans une salle de six mètres de côlé environ.
Le sujet, les yeux bandés, adossé au mur, au milieu d’un des côtés, est mis en marche au moyen d’un signal convenu. S'il présente une lésion prédominante d'un côté de l'appareil d’équilibration, il dévie et, au lieu de se diriger vers le milieu du côté opposé, il se dirigera soit à droile, soit à gauche de ce ‘milieu. d
On l’'arrête, au moyen d’un nouveau signal, quand il a atteint le mur opposé et on le fait marcher à reculons, jusqu'à ce qu'il rencontre une nouvelle paroi de la pièce et ainsi de suite. Les déviations
s'ajoutent, la déviation se produisant du côté de l’appareil déficient.
En totalisant un certain nombre de va-et-vient, cinq par exemple, on peut mesurer la déviation angulaire par rapport à la déviation initiale, et apprécier ainsi le degré de déséquilibration du sujet.
Cette épreuve est très sensible. On peut aussi, après avoir excité le labyrinthe par un des procédés employés dans la recherche du nystagmus, froid, chaleur, courant galvanique, rotation, rechercher les troubles de l’équilibration, dans la marche en ligne droite ou dans l’épreuve de la marche en étoile.
Cette sensibilisation du labyrinthe a pour but de mettre en évidence des troubles légers de l’équilibration qui, sans cet artifice, passeraient inaper- ÇUS.
L'épreuve de Foy, qui consiste à faire marquer le pas au sujet tout en lui appliquant le courant galvanique, est d’un emploi très commode, quand on dispose d’un espace très restreint.
La rotation s'effectue normalement vers le pôle positif.
Ces différentes épreuves nystagmogènes sont accompagnées de phénomènes subjectifs d'intensité variables, sensations verligineuses, nausées, vomissements, dues aux connexions du noyau de Bechterew avec le noyau du pneumogastrique. Une auire méthode d’examen de l'appareil semi-circulaire est celle qu'a fait connaître M. le professeur André Broca. Elle consiste à mesurer le temps de réaction aux accélérations angulaires. | : |
Le sens de laccélération angulaire est, comme nous l’avons vu, intimement lié au fonctionnement de l’appareil semi-circulaire.