‹ Sens des accélérations angulaires chez les sourds-muetsChapitre 20 sur 66 · PP: €; SR · texte numérisé non relu

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Si l'intégrité de cet appareil est complète, la perception de l'accélération angulaire imprimée au sujet sera nette, et la réponse rapide. Si au contraire l’appareil semi-circulaire a été touché, s’il existe des brides, des sténoses gênant la libre circulation de l'endolymphe, ou si les propriétés physiques du liquide ont été modifiées, la perception de la sensation d'accélération ne sera pas immédiate. Ce n’est qu'au bout d’un temps plus ou moins long que le sujet se rendra compte du mouvement auquel il est soumis. La réponse sera longue et incertaine.

Enfin, si le fonctionnement de l'appareil semi-circulaire est complètement aboli, les accélérations qui étaient nettement perceptibles dans les cas précédents ne le seront plus. Il faudra employer des accélérations beaucoup plus grandes pour que la perception ait lieu.

Par quel mécanisme se fait alors la perception ? I est difficile d’y répondre d’une façon certaine.

On pourrait invoquer les pressions contre les appuis du siège sur lequel est installé le sujet, pressions qui se font sentir dans les mouvements très rapides. ;

Il est possible aussi qu'il faille faire intervenir la pression du cerveau contre la boîte cranienne, comme me l’a suggéré M. le professeur Broca.

Nous nous trouvons en présence d’une loi générale de la physiologie. Quand la fonction d’un organe est abolie, il se produit une suppléance fonctionnelle par d’autres organes à fonctions différentes. Mais cette suppléance n’est jamais parfaite.

Nous avons vu que le chien élabyrinthé, qui, après son opération, est complètement incapable de se tenir sur ses paltes, réapprend peu à peu à mar-

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cher. Qu'on le prive alors de la vue, les troubles de déséquilibration réapparaissent avec toute leur acuité.

Chez les sourds-muets à destruction labyrinthique étendue, nous retrouvons les mêmes phénomènes. Ils marchent correctement les yeux ouverts, ils sont capables de faire les mêmes exercices que les enfants normaux, pourvu qu'ils aient le secours de la vue. Mais les yeux clos, leur démarche est titubante, ils ont perdu à la fois le sens de l'équilibre et le sens de la direction. Leur déséquilibre ne va cependant pas jusqu’à la chute, ce qui prouve qu’ils ont néanmoins une perception grossière du sens de la verticale et des accélérations.

L'étude des temps de réaction avait montré à M. le professeur Broca qu’il y avait des différences très appréciables entre les divers sujets normaux examinés, et que ces différences se retrouvaient dans leurs aptitudes physiologiques, ce qui était un sûr garant de l'exactitude et de la sensibilité de la méthode. On devait donc s'attendre à trouver des différences beaucoup plus grandes chez les sujets atteints d’affections de l'oreille interne.

C’est ce que l’expérience a vérifié.

Nous allons décrire l'appareil imaginé par M. Broca pour la mesure des temps de réaction aux accélérations angulaires.

Il se compose essentiellement de deux parties, le fauteuil B (fig. 1) destiné à produire les accélérations angulaires convenables autour des axes horizontal et vertical, l'appareil enregistreur À qui donnera le temps qui s'écoule entre le début de l’excitation et le moment où le sujet perçoit cette excitation.

Le fauteuil comprend une partie fixe, le trépied

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