RI = E
d’autre part
Rio
Posons que la perte de sensations est proportionnelle à la différence pendant le temps t entre l’énergie El de la pile sensorielle quand la pile psycho-motrice est fermée et son énergie EI0 quand cette dernière pile est ouverte ; nous avons
K (Su — S) = E (lu — I) / ;
NOTES
en retranchant (10) de (11), on trouve (13) R(IU-I) = ^E';
d’où, en comparant (12) et (13) :
K (So — S) = 20 HÎV ^
Si on multiplie le deuxième membre de cette équation, haut et bas par I' qui est une constante quand on ne considère que les pertes de sensations correspondant aux phases de croissance et de constance du moteur, en posant le travail = El/, il vient
K (So — S) = Tr
rr'E
2pRR'
En admettant que K, R, /’, E sont sensiblement les mêmes pour
rr'E
tous les centres sensoriels, nous pouvons remplacer 2KRR' ’ Pai la constante C et poser
d’où, pour un même travail G, si nous désignons par / = pw (w dépendant de la section et de la conductibilité de la libre) la distance des deux centres moteur et visuel, par /' = p'w la distance des deux centres moteur et auditif, par S0, S les sensations lumineuses, So', S' les sensations auditives
/' So - S
/ So'-S';
En consultant les courbes d’évanouissement des sensations en fonction de l’effort, on trouve ^ = 2,5.
Les anatomo-pathologistes localisent dans la première temporale le centre auditif, dans le lobule lingual et les lèvres de la scissure calcarine le centre visuel et dans la région rolandique moyenne le centre des mouvements du bras ; or, si on mesure sur la feuille 8 d’autopsie du docteur Déjerine, complétée par la figure 376 de l 'Anatomie des centres nerveux de M. et Déjerine, la longueur du faisceau arqué qui relie l’opercule rolandique et la pre-
mière temporale, on trouve 6 centimètres environ ; d’autre part, sur la coupe horizontale 45 (fig. 221 de ce bel ouvrage), on trouve pour la distance comprise entre la pointe occipitale et la région
rolandique moyenne, 13 centimètres, c’est-à-dire que j, = 2,16.
Cette remarquable concordance avec le nombre 2,3 est intéressante, surtout pour la justification qu’elle apporte aux équations (12), (15) et (16) et aux propositions importantes dont elles sont l’expression.
On voit par cet exemple que la proportionnalité de la sensation à 1 énergie du courant électro-nerveux est une donnée féconde; et il est vraisemblable que l’écart de 5 0/0 trouvé entre le calcul et 1 expérience est dû au caractère évidemment approximatif de l’équation (15).
Les points de départ de ces calculs sont conformes aux points de vue électriques sur lesquels M. Ernest Solvay a fondé toute une physiologie cérébrale et même une synthèse de la vie (').
Que l’on professe la réductibilité ou l’irréductibilité des phénomènes biologiques au monde inorganique, il nous paraît également utile de chercher à tirer toutes les conséquences biologiques des faits physico-chimiques ordinaires, au fur et à mesure de leur découverte, sauf à greffer sur ceux-ci une physico-chimie spécialement biologique, si l’expérience et une connaissance moins rudimentaire des actions nerveuses nous y obligent.
(') Du rôle de l’clectricité dans les phénomènes de la vie animale. Bruxelles, 1894.