‹ Sensation et mouvementChapitre 21 sur 49 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

EXCITATION PRODUITE PAR L'iRRITATION DES ORGANES INSENSIBLES. — LA POLARISATION PSYCHIQUE.

On peut donc dire, en résumé, que toutes les sensations s'accompagnent d'un développement d'énergie potentielle qui passe à l'état cinétique et se traduit par des manifestations motrices susceptibles d'être mises en évidence même par des procédés grossiers comme la dynamométrie.

Les excitations des organes internes peuvent déterminer une dynamogénie analogue. C'est ainsi que In pincement même peu énergique d'une des lèvres du col de l'utérus, qui est, comme l'on sait, insensible à l'état normal, est susceptible de déterminer une augmentation considérable de la force de pression. Cette observation est propre à montrer qu'une excitation n'a pas besoin d'être perçue pour déterminer une action mécanique. C'est là un fait intéressant pour l'interprétation des manifestations convulsives, conséquences de lésions viscérales non douloureuses. Nous pouvons citer, pour corroborer cette déduction, une série d'observations sur les effets de l'excitation produite par les rayons colorés sur un œil achromatopsique ; les effets dynamiques sont parallèles à ceux qui sont déterminés par les mêmes excitations sur l'œil qui perçoit les couleurs. On peut donc dire que toute excitation périphérique détermine une augmentation d'énergie potentielle.

Ce qui se passe en somme à la suite d'une excitation quelconque, que cette excitation résulte d'une action physique ou d'une action chimique, c'est une transfor-

mation de force, une modification de la forme du mouvement. Nous avons pu voir qu'en particulier pour les sensations de la vue et de l'ouïe on peut établir une relation entre la quantité d'excitation et la quantité de réaction, l'énergie du mouvement déterminé donnant en quelque sorte la mesure des vibrations initiales. L'organisme humain, si compliqué, a donc réagi en somme comme un corps quelconque sous l'influence des agents extérieurs, il ne s'est produit que des transformations, dont un grand nombre, il est vrai, échappent à l'analyse. Le mouvement produit n'est pas l'effet total de l'excitation ; une part de force s'accumule dans les centres nerveux, et c'est cette part qui donne lieu aux faits de mémoire, etc. Cette transformation du mouvement, que l'on voit se produire chez les organismes les plus simples qui réagissent aux excitations par un changement de forme appréciable, constitue en somme la fonction essentielle des éléments du système nerveux. Qu'il s'agisse du réflexe le plus simple ou de l'opération psychique la plus compliquée, tout se résume en dernière analyse dans une transformation de force que l'on peut souvent mettre en évidence par l'étude des résidus moteurs qui survivent au travail cérébral.

Le corps humain se comporte comme toute masse de matière quelconque qui transforme et transmet le mouvement communiqué avec des variations en rapport avec la constitution moléculaire. Or, cette constitution moléculaiiv varie sans cesse en raison du mouvement d'assimilation et do désassimilation ; il en est donc de même de la forme de ses vibrations propres. Chaque individu et chaque partie do l'individu réagit suivant ■On énergie spécifique. Cette variation individuelle nous explique liment chaque sujet peut transformer différemment un mouvement commnniqué, comment il peut réagir d'une façon différente à la mémo excitation suivant les circonstances. Certains sujets réagissent avec

Page 1