L EFFORT MUSCULAIRE ET LA RACE
tain nombre d'observations sur les femmes nous permettent de reconnaître que, chez elles aussi, la plus grande énergie de Y effort momentané coïncide avec la plus grande activité des fonctions intellectuelles.
M. Manouvrier (1) a fait des recherches dynamométriques sur des sujets qu'il a choisis parmi ceux qui n'exercent point professionnellement leurs muscles, et il pense que l'énergie de la contraction musculaire pourrait être mise en rapport avec le volume du cerveau ; mais la preuve n'est pas faite.
Quoi qu'il en soit, relativement à ce dernier point il nous semble que des observations qui précèdent on est en droit de tirer cette conclusion que V énergie de l'effort momentané est en rapport avec l'exercice habituel des fonctions intellectuelles (2).
Toutefois on peut objecter qu'il est impossible d'établir quel rôle l'alimentation et l'hygiène individuelle jouent dans la production de ces différences d'énergie du mouvement volontaire ; sans compter qu'en ces matières il est imprudent de tirer des conclusions trop formelles de statistiques toujours insuffisantes : c'est une réserve que nous avons faite expressément dès le début de nos recherches. Il importait donc d'apporter de nouveaux faits pour mettre hors de doute cette influence du travail intellectuel.
(1) L. Manouvrier, Note sur la force des muscles fléchisseurs des doigts chez l'homme et chez la femme, et comparaison du poids de l'encéphale à divers termes anatomiques et physiologiques {A ssoc. franc, pour l'avancement des sciences. La Rochelle, 1882, p. 60û).
(2)« On peut affirmer, dit MinghettifDes rapports de l'économie politique avec la morale et le droit, p. 210), en considérant les différentes époques de l'histoire en générai, que la civilisation des peuples, à son sommet et à son déclin, peut se mesurer par l'accumulation ou la déperdition des capitaux », c'est-à-dire du travail accumulé.