‹ Sensations d'artChapitre 12 sur 35 · I, E s Œ U V R E s E T L ES H 0 M M E s · texte numérisé non relu

I, E s Œ U V R E s E T L ES H 0 M M E s

sa littérature devant sa couleur, a traduit Byron et l'a imité. Géricault ne se doute pas qu'il le soit, quand il l'est. Il n'est pas même byronkn, — il est lui-même ! Il a la naïveté de son inspiration comme Byron a la naïveté de la sienne, et, chose curieuse! ill'a puisée ici dans la même source que Byron, c'est-à-dire dans le récit d'une épouvantable réalité, mais dont, génjes tous deux, ils ont inventé les détails.

Et Byron et l'identité de son inspiration ne sont pas que dans le Radeau de la Méduse. Ils sont ailleurs. Ils sont dans l'idéal et dans le style de ces deux peintres, qui peignent avec des procédés et des modèles différents... L'idéal de Byron, qui a tout peiut et particulièrement des femmes d'une beauté si individuelle qu'on dit: Les femmes de lord Byron,comme on dit: Les femmes de Shakespeare, est plus vaste et plus varié que celui de Géricault, qui n'a ni la mélancolie ni les tendresses du poète de Parisina et de Zuléïka, ni l'ardente passion du chantre de Gulnare et de Gulbéyas, mais, dans les limites de sa pensée, il est aussi pur, aussi élevé, aussi poétique. Parce que Géricault n'a pas craint d'aborder les sujets populaires, les types de mendiants et d'infirmes (1), les misérables Réalistes de notre âge peuvent le réclamer comme un de leurs ancêtres ; mais nous ne voulons pas le leur céder... Géricault, trop spontané et trop artiste pour avoir la solennelle sottise d'un système, a parfois de l'idéalité de

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