THÉOPHILE SILVESTRE
Et voilà précisément la conséquence dont nous avons parlé au commencement de ce chapitre, et qui sort,quand on sait l'en tirer, du beau et triste travail de Théophile Silvestre. Son livre d'aujourd'hui est accablant pour qui croit à l'art de ce temps et en a conservé l'amour, l'orgueil ou l'espérance. C'est le bilan de bronze d'une situation frappée, malgré le nombre des œuvres, d'une mortelle aridité. Les gens superficiels ne verront, eux, dans cet ouvrage, que des critiques aux noms propres, des déconcertements de gloires qui se croyaient d'aplomb et parfaitement établies ; mais les esprits plus comprenants y verront ce qui n'y est pas exprimé d'une manière retentissante et qui s'y trouve cependant, une médiocrité générale dont le dix- neuvième siècle tout entier est plus ou moins coupable, et dont il répondra devant l'histoire ! Excepté Delacroix, auquel Silvestre reconnaît pleinement et en puissance tout ce qui faisait le grand peintre dans les plus belles époques de l'art, il n'y a guères, dans les neuf autres artistes dont il analyse le talent avec une propriété si étonnante de connaissances et un si renversant entrain, que des facultés éparpillées, incapables d'accomplir ce qu'on appelle une œuvre de génie dans le vaste
ensemble do sa splendeur, et encore celte pénurie de talents complets n'est pas le plus grand mal d'une situation qui parait si désespérée. Non ! Le mal le plus profond d'aujourd'hui tient beaucoup moins à la stérilité foncière des artistes, contre lesquels il faudrait retourner l'efl'royable mot de Mirabeau contre Pbilippe-Égalité, car, au bout du compte, ils produisent ! qu'à leur fausse notion de l'Art, à leur manque d'idées, à leur éducation, à leur moralité. Si nous en croyons Silvestre, qui a vécu fort intimement avec eux, les artistes contemporains ne savent rien en dehors du technique de leur métier. Leur bagage de connaissances se compose de ce qu'ils entendent dire ici et là (rappelez-vous la science i^rofonde des vieux artistes de l'Italie au seizième siècle!). Grands enfants qui ont de hons yeux, de bonnes oreilles, une bonne mémoire, mais pas assez de volonté pour se faire sur aucun sujet une opinion indépendante et réfléchie. Ce sont les fils d'un siècle vaniteux et malade. Ils concentrent en eux ses vanités et ses maladies, et ils deviennent alors le miroir ardent d'un temps dans lequel, au contraire, ils devraient empreindre leurs inspirations et répandre de nobles influences. Peuple simiesque, harpes éoliennes, ils n'expriment, à part de leur art, menacé de tomber en eux d'inanition intellectuelle, que les faiblesses, les ignorances et les plagiats d'un journalisme sans autorité. L'individualisme qui nous ronge tous, les dévore. Ils plongent dans son néant une imagination qui aurait besoin de la nourriture la plus énergique pour devenir féconde, et voilà comment, n'étant pas
au-dessus, ils tombent au-dessous d'une société dont l'idéal n'est plus que l'horreur de toutes les aristocraties légitimes, la décapitation sociale sous prétexte d'égalité,refîroi du grand de peur de se sentir petit, le moi, enfin, dans la cohue ! En de telles circonstances, l'Art, comme les artistes, tombe nécessairement au rang des choses individuelles et mesquines. Il ne ressemble plus à ce qu'il était dans les siècles qu'il a illustrés. Partout religieux et social, car l'Antiquité grecque elle-même, si belle toujours quand elle est chaste, symbolisait l'Art par les neuf vierges du Parnasse dansant aux sons de la lyre du Dieu du Jour, il oublie sa nature et sa destinée, et il meurt, en se convulsant dans la fantaisie et l'ennui, parce que les sources immortelles dans lesquelles il buvait la vie, il les a fermées, de ses propres mains ignorantes ou dépravées, à ■ses impuissantes aspirations!
C'est cette affreuse perspective d'un art épuisé, résumée pour nous en quelques mots, que l'histoire des Artistes vivants nous entr'ou\Te, et c'est cette terrassante conclusion, vue à fleur de sol par tout son livre, qu'aujourd'hui nous avons voulu seulement signaler. On comprend maintenant que la question d'un pareil livre ne s'agite pas sur la tète de Ingres, ni de Decamps, ni de personne; car personne, pas même Delacroix, le seul des artistes vivants qui ait vraiment la vie, selon Silvestre, ne représente l'art entier du dix-neuvième siècle. Or, c'est de cet art tout entier qu'il retourne, dans ces notices que le hardi critique jette à l'opinion. Mieux placé que personne
pour bien voir, il se présente à nous les mains pleines de faits et d'observations qui forcent les esprits attentifs à conclure. Si le livre est vrai, et il en a tout l'air, il est navrant et effrayant tout ensemble ; c'est un tocsin qui sonne comme une agonie! Quant au talent d'écrivain que l'auteur a déployé dans celte publication qu'il devait continuer, nous en avons tout dit quand nous avons dit qu'il avait la force. 111' a, en effet, partout où l'on peut l'avoir; dans le relief, dans la couleur, dans le mouvement, dans le repos comme dans la pensée. C'est là, en un mot, le style d'un homme qui, quoique jeune, a lutté contre la vie et qui était fait pour la dominer.
Malheureusement, il ne l'a point dominée au point de se l'asservir. Elle, qui semblait si forte en lui, l'a trahi comme les faibles trahissent ; car il n'y a de loyal et de généreux que les forts. Le livre des Artistes vivants, qui devait être le Panthéon des Artistes vivants en Europe, n'est que le premier pan du mur de face du monument que Théophile Silveslre rêvait de bâtir. On ne trouva rien à la mort de Silvestre qu'un livre qu'on a pubhé, et qu'on a pubUé sans préface, — sans le plus petit mot de
préface !... C'était le moment cependant. Théophile Silvestre disparaissait au plus bel instant de l'âge et du talent, laissant dans la littérature de cette dernière moitié de siècle le vide de sa puissante personne et d'une espérance plus puissante encore, morte avec lui ; carie peu qu'il avait écrit quand la mort est si brusquement venue donne l'idée de ce qu'il devait faire plus tard, et, croyez- moi, cette idée est grande ! Avant qu'on eût songé à réunir en volume ces Plaisirs 7'ustiques, T^uhliés un jour dans un de ces journaux qui sont, hélas ! le jouet des vents, sans être pour cela des feuilles de Sybille, Théophile Silvestre n'était guères célèbre que par un livre, mais qui, quand il parut, fit bloc. C'était les Artistes vivants. Tout le monde sait la vieille anecdote de Voltaire, qui croyait, une fois, écraser Piron sous la fastueuse nomenclature de ses œuvres, et qui lui disait, avec un orgueil de paon faisant la roue : « J'ai fait Mérope ! J'ai fait Za:ire ! J'ai fait Alzire ! » et il allait comme ça longtemps. Ce à quoi Piron répondait, imperturbablement, toujours par le même mot : « Moi, j'ai fait la Métromanie ! » Les Artistes vivants sont la Métromanie de Silvestre, et elle l'emporte même de beaucoup sur celle de Piron. Silvestre aurait pu opposer ce livre seul {La Tour seule !) aux livres nombreux de ses contemporains, si, comme Voltaire devant Piron, ils avaient voulu faire claquer devant lui le fouet de leurs œuvres. A chaque coup de ce long fouet de postillon vaniteux, il aurait pu dire : « Moi, j'ai fait les Artistes vivants !» comme Piron disait :« Moi, j'ai fait la Métromanie !*
Seulement, Piron, qui eut assez d'espritpour, un instant, faire trembler Voltaire, est mort à quatre-vingt-quatre ans sans avoir fait autre chose que la Métromanic, et Théophile Silvestre, mort à l'heure où son talent entrait dans toute sa force, eût ajouté certainement, s'il avait vécu, à ses Artistes vivants, et les Plaisi7's rustiques nous apprennent aujourd'hui qu'il y a ajouté.
C'était ce qu'une préface aurait pu nous dire. C'est ce que les stériles chercheurs de variations, toujours en ponte pénible de quelque chose, qui exécutent des sonates à grand'peine sur la mémoire des morts dont ils n'auraient pas dit un mot pendant leur vie, eussent pu exécuter à quatre pattes aujourd'hui; mais la veuve de Théophile Silvestre ne l'a pas permis. La veuve de Silvestre entend la gloire comme il l'entendait lui-même. Ah! il ne s"y méprenait pas ! Il ne prenait pour la gloire ni la Publicité ni la Popularité, et il n'avait nul souci de ces deux cocottes... Avant de mourir, bien avant de mourir, quand il avait encore de la vie jusque sous les ongles, il avait fait promettre à sa femme, qui lui a noblement et courageusement obéi, de brûler toutes ses œuvres commencées, dans lesquelles il y avait peut-être quelque Enéide, et tout a étébrûlé,— impitoyablement brûlé... C'est que, s'il n'avait pas le génie de Virgile, Théophile Silvestre avait, comme Virgile et comme tous les grands artistes, le cruel tourment de l'Idéal, la délicate exigence de l'œuvre et son mécontentement sublime... Moi, qui écris ceci, je ne l'ai jamais vu satisfait de ses plus belles
pages. J'étais satisfait, moi, — lui ne l'était pas, plus dur à lui-même que moi-même... Voulez-vous que je vous dise toute ma pensée ?... S'il n'avait pas été pris, comme nous tous, dans l'engrenage de cette vie littéraire, manœuvréc si souvent par la misère, qui nous entraîne et nous dévide comme une implacable machine, il n'eût peut-être jamais rien publié. .Même ses œuvres publiées, comparées à ce qu'accomplies il rêvait, il était homme à en avoir, de réflexion, le mépris connue lord Byron, qui voulut un jour racheter les siennes à son éditeur, pour les détruire et qu'il n'en fût plus question jamais ! L'éditeur — c'était Murray, — qui prévoyait l'avenir et la fortune que lui ferait le poète, — cria pitié ! du fond de ses entrailles de marchand épouvanté, et lord Byron se laissa toucher par ces cris et renonça à son projet avec une magnanimité nonchalante. Riche comme Byron, — s'il l'eût été, — Théophile Silvestre n'aurait peut-être pas renoncé, lui, à sa méprisante fantaisie.il était aussi difficile en gloire qu'en œuvres, et dans sonsentimentjl'œuvre, si elle était grande, et quelle que fût la gloire qu'elle rapportait à son auteur, valait toujours mieux que la gloire!...
Voilà le côté inconnu de Théophile Silvestre. L'homme était plus grand que ses écrits, et c'est le plus bel éloge que je puisse faire d'un homme !... Cependant, ses écrits ont une haute valeur. Le monde, qui ne voit l'œuvre et ne la juge que par dehors, n'a jamais su et ne sait pas ce que cette œuvre lui coûtait. Le monde, comme la na-
ture, ne voit que les résultats. Que sont pour lui les opérations césariennes? Il ne s'occupe que de l'enfant... Théophile Silvestre était le plus laborieux, le plus acharné et le plus ensanglanté des artistes. Il était le Christophe Colomb d'un Idéal qu'il poursuivait et qui le fuyait toujours, comme une Amérique désespérante. Pour nous, il y abordait, dans cette Amérique; mais lui n'en croyait pas même la certitude de ses amis. Cet anxieux de l'Idéal, — de cet Idéal que je m'obstine à nommer l'Impossible, — ce travailleur qui a l'air d'un improvisateur, tant il a travaillé! — qui s'y reprenait dix fois, vingt fois, quarante fois en sous-œuvre pour arriver au chef-d'œuvre dont il avait la vue claire en lui, — recommençait toujours de penser sur ce qu'il avait déjà pensé. Il avait la correction inépuisable. Tempérament de bœuf pour la patience sur le sillon, il n'était bœuf que là, car ailleurs c'était un taureau cérébral, ayant assez dans ses veines intellectuelles pour féconder la nuée qu'Ixion ne fécondait pas; mais, quand il l'avait fécondée, il trouvait qu'il ne l'avait jamais assez étreinte, et le supplice d'Ixion devenait alors le sien. C'est ce qui explique qu'il ait publié si peu avec les redoutables forces vitales de sa pensée. Son compte est bientôt fait devant la postérité. Nous avons de lui les Artistes vivants, que le malheureux songeait à retoucher dans une édition plus ou moins lointaine et qu'il nous eût gâtés peut-être par furie de jjerfection: car il avait fait un défaut du sentiment de la perfection en le poussant jusqu'à la furie. Nous avons les
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Plaisirs )'usliques, dont nous allons tout à l'heure vous parler. Et qui sait ? Peut-être, à quelque jour, auronsnous un livre sur la Marine française, dont les fragments, publiés dans le Paris- Journal -àT^Tès notre affreuse guerre de 1871, frappèrent tous les fronts comme un ceste! Enfin, il y a quelque part une Vie du chanteur Duprez, jetée dans le trou, qui n'a pas l'honneur d'être un gouffre, de je ne sais plus quel journal, et qui est digne d'ouvrir la série d'un second volume à! Artistes vivants. Outre cela, plus rien ! Mais c'est assez, du reste. On rêvera sur la base de ses œu\Tes un Silvestre plus grand que le Silvestre réel, et le Silvestre rêvé ne sera pas le moins vrai des deux !
Il fut, tout d'abord, un écrivain qui fit éclair. A son premier coup de plume, l'écrivain brilla. 11 avait le génie du style, qu'il travailla comme iltravaillatout, mais il l'avait de fond, jaillissant, dans sa brusque spontanéité. Seulement, ce n'est point aux choses littéraires qu'Ul' appliqua. Il avait, bien plus que l'amourdelalittérature, la préoccupation de l'art plastique . Aussi est-ce à la critique d'art que naturellement il se livra. Il s'y livra d'instinct, de
goût primitif ; mais comme c'était l'iiommc de l'efFort, de la force ramassée et réfléchie, doublée et redoublée par la volonté continue, il ne fit pas son premier livre — les Artistes vivants — comme nous avons tous fait, nous, notre premier livre,- — sur l'idée duquel nous nous sommes jetés comme les jeunes cœurs se jettent sur les premières femmes qui les aiment, c'est-à-dire, disait le grand Balzac, comme des insectes sur de la verdure ! — JNon ! malgré son ardeur et sa force, et sa jeunesse par-dessus le marché, Théophile Silvestre ne bondit pas sur son sujet comme un tigre sur sa proie, mais il y alla comme un éléphant, avec la lenteur, le pas sûr et la prudence de l'éléphant, qui est, comme on sait, un méditatif. Avant d'écrire, lui aussi médita; puis voyagea, regarda, compara. Il parcourut la plus grande partie de l'Europe, — l'Europe où il y avait de l'art ! Ayant hérité de quelque bien du chef de son père, il le dépensa pour son instruction et dans l'intérêt de sa pensée. Il visita tous les Musées pour être plus apte au livre qu'il projetait, montrant, dès le début, ce qui fut toujours le caractère saillant de son esprit : — la conscience de son œuvre, à laquelle il se préparait, comme Pitt, appelé par Sheridan le ministre des préparatifs, se préparait à la guerre. En matière d'œuvres, on eût pu appeler Silvestre aussi le ministre des pi'éparatifs. Il n'en unissait pas... Tyrannisé par son idéal, noble tyrannie ! l'auteur des Artistes vivants eut toujours la soif du complet, et sur tous les sujets qu'il traita, il épuisa toujours les notions et les renseigne-
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mcnts. Ce qu'il i)renait de notes est incroyable. J'en ai vu, chez lui, des montagnes. Pour écrire l'histoire des Artistes vivants à laquelle il s'était dévoué, il vécut avec eux, étudia leurs procédés et jusqu'au technique de leur art, mettant même la main à la palette... Critique hardi, violent, intense de tout, de fond et de forme, qu'on appela faussement systématique, probablement à cause de cette intensité et quoiqu'il fût l'esprit le plus sincère, il trancha par le coup de rasoir inattendu de ses aperçus et la profondeur de sa critique, sur ces badigeonneurs du feuilleton qui ne sont que des pédants d'atelier ou des descripteurs de tableaux. Sa critique, à lui, perçait le tableau jusqu'à l'homme, ce que doit faire toute critique d'art ou de littérature; car il n'y a pas d'art en soi, mais en fait, et l'art par conséquent est toujours quelqiiun. Au milieu de toutes les justesses et les justices de sa critique, il eut deux fanatismes qu'on retourna souvent contre lui, l'un pour Delacroix et l'autre contre Ingres.
Son livre des Artistes vivant fit scandale... Mais, destinée des livres vraiment forts ! le scandale s'en va un jour, comme les plis de l'eau crevée s'effacent autour du rocher qu'on a eu la vigueur d'y jeter, et qui y reste, dominant de sa hauteur l'eau rassérénée et devenue limpide qui l'entoure, et lui baise les pieds comme si elle lui rendait hommage ! Malheureusement, il n'y a ici que le premier volume d'un livre qui devait en avoir plusieurs. Commencé avec la grandeur de lignes d'un monument, il a pour l'esprit qui l'atten-
daitla mélancolie d'un monument interrompu .. Ce qui est plus triste qu'une ruine !
Nous l'attendions donc eu vain. La mort, qui n'attend pas, a été plus pressée que le pauvre Silvestre, — que ce préparateur éternel de chefs-d'œuvre, qui, à la rareté de ce qu'il écrivait, paraissait oisif, mais qui ne l'était pas, et dont la rêverie même était laborieuse. Ceux qui l'ont mal connu, les superficiels, l'ont cru un flâneur, un lazy felloiv, comme ils disent en Angleterre, une espèce de lazzarone d'art voluptueux, parce qu'au lieu de produire et d'écrire, — dans ce siècle qui produit énormément et facilement des choses avortées, inorganisées, à peine capables de vivre deux jours, des têtards délivres et des larves, — il passait tout son temps à fumer des cigarettes, en regardant quelque sublime esquisse de Delacroix, comme la mort de Charles de Bourgogne, le Téméraire, dans la neige de Nancy, ou un paysage de mer du Normand Millet, mon illustre compatriote. Ils ne se doutaient pas, les superficiels, qui jamais ne se doutent de rien, que ce rêveur était capable de devenir un terrible homme d'action à ses heures; que cet Hercule d'organisation, qui filait, comme un chat qui file, aux pieds de ses deux Omphales, — l'Art et la Poésie, — coupait des rocs vifs en soufflant dans la fumée bleuâtre de ses cigarettes, ou qu'il prévoyait d'être obhgé d'en couper, en pensant au livre qu'il avait dans l'esprit et qu'il fallait en faire sortir... Théophile Silvestre est l'homme sur lequel on a dû le plus se tromper, et c'est même sa gloire.