‹ Sensations d'histoireChapitre 19 sur 37 · HKNIIIETTK-MARIK DE FRANCE · texte numérisé non relu

HKNIIIETTK-MARIK DE FRANCE

Partout, il est rare, mais sur le trône, il semble impossible, et pourtant Charles et Henriette-Marie ont eu l’honneur de l’y faire monter. Les dernières lignes qu’ait écrites ce gendre de Henri IV, si différent de son beau-père, — de cet amoureux des trentesix mille vierges et même de celles qui ne l’étaient pas, — sont celles-ci, tracées à la veille d’une mort qu’il ne prévoyait pas, malgré ses revers : « C’est une vérité absolue que ni le danger de la mort, ni la misère bien pire à mes yeux, ne me fera rien faire qui soit indigne de ton amour », et ces paroles résument exactement sa vie. H n’a jamais rien fait d’indigne de sa noble femme, et il a toujours pris conseil d’elle. Les légendes de l’Antiquité nous parlent, pour expliquer la sagesse de Numa, — cette sagesse toujours surprenante dans un Roi, — des inspirations de la nymphe Egérie.Mais voici une Egérie réelle, qui n a rien de mythologique, et à quatre pas de nous dans l’Histoire : c’est Henriette-Marie, la femme de Charles PL Le législateur Numa s’en allait au fond de son petit bois, et, comme nous l’a montré Eugène Delà-

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croix dans son admirable peinture, s’étalait sur le ventre au bord de la source 2')ure qui lui représentait sa nymphe, et il s’en revenait, au bout de quelques méditations, idein d’inspirations excellentes... Mais Charles P*" était un Numa moins tranquille, et dans de terribles embarras. 11 avait l’épée à la main. A l’exception de quelques fidèles, ses peup)les révoltés lui échappaient. Il n’avait ni armée, ni armes, ni poudre, ni argent pour s’en procurer. Quoiqu’il fût un héros, il n’était pas un grand homme. Son âme était ambulatoire. « Si quelqu’un vous parle hardiment, — lui écrit Henriette-Marie, — vous n’avez rien à refuser. » Il était violent et irrésolu. Il résistait pour mieux céder. Il cédait pour résister encore. Tout seul, il aurait offert aux historiens un triste spectacle. Mais il avait son Egérie, et celle-là n’était pas une déesse cachée au fond d’un bois placide, — mais une mortelle qui ne craignait pas plus la mort que lui, et qui, du fond de son exil, lui envoyait, avec des inspirations sublimes, des partisans, de l’argent, des armes, de la poudre, du canon, des balles.

Je veux, dit l’enfant grec, dit l’enfant aux yeux bleus,

Je veux de la poudre et des balles !

C’était ce que voulait le Stuart aux yeux bleus. Elle lui en donna.

Et quand, pour le service de son mari et de la cause

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