‹ Sensations d'histoireChapitre 9 sur 37 · XIII · texte numérisé non relu

XIII

Voilà le Saint Grégoire VII de M. l’abbé Davin, qui est aussi le vrai Grégoire YII, le Grégoire VU complet de l’Histoire. Tous les mérites de ce grand homme lui ont été restitués. La gloire de l’historien ecclésiastique qui a écrit cette histoire, dans laquelle l’hagiographie tient tant de place, comme il convient, puisqu’il y est question d’un Saint reconnu par l’Église, c’est d’avoir, après Baronius et Rohrbacher, rajeuni et purifié dans son immortalité une immortelle figure. J’ai dit, en commençant, le défaut général du livre de M. Davin, qui n’est, après tout, qu’un défaut dans l’ordre et la forme de la composition. Il en est d’autres cependant, mais j’aurais mauvaise grâce dans un sujet de cette importance, traité avec une telle abondance de notions et de connaissances et une telle verve de discussion et d’idées, d’insister sur des détails qui,

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à côté d’un tout si consistant et si opulent, paraîtraient imperceptibles. L’auteur est plus un homme d’idées qu’un écrivain. Il a pourtant de l’expression à son service. Il a le mot imagé, le clou d’or avec lequel on pique l’idée et on la fixe. Mais sa phrase est trop longue et trop lourde, et quand il l’enlève, car il l’enlève quelquefois, elle traîne encore. Laissons, du reste, ces minuties littéraires dans un livre quia une beauté d’accent très relevée et une générosité incontestable. M. l’abbé Davin a volé, on peut le dire, au secours du saint Grégoire VII attaqué et il en a moins écrit l’histoire que pris la défense. Son livre est un combat. Il a trouvé devant lui une masse d’ennemis qui, depuis surtout les centuriateurs de Magdebourg, s’étaient mis, pour qu’on ne le vît pas dans sa vérité, entre l’opinion et Grégoire VII, et il leur a passé sur le corps. Il y a même trouvé Bossuet, et il lui a aussi passé sur le corps, et même un peu sur l’honneur. Bossuet, dans ses jugements sur Grégoire VII, est tellement coupable, pour qui sait où vont les choses qu’il dit, qu’il faut penser à la page où M. Davin nous le peint éclatant si grandement en larmes sous ses cheveux blancs, ce puissant Bossuet, quand on l’accusa de ne plus croire à la Présence réelle, pour s’épargner la douleur de le mépriser !

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CATHERINE D’ARAGON ’

Si les livres ont leur destinée, ils ont aussi leurs exigences, proportionnelles à leurs difficultés... En voici un qui aurait demandé, pour être écrit comme il convenait, un de ces talents qui versent la vie et la passion là où elles furent si dramatiques et si terribles, — et ce n’est pas ce talent-là qu’il a trouvé... Il n’a trouvé que M. Albert du Boys, ancien maghtrat, comme il signe. M. Albert du Boys, — Albert est bien jeune, mdÂ^ancienmagistrat commence d’étre vieux, — M. Albert du Boys a eu la prétention de montrer, sans

nul doute, que les magistrats retirés de leur judica-

ture sont capables de faire des livres tout aussi bien

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