‹ Sentiment de Napoléon Ier sur le christianismeChapitre 10 sur 30 · DE LA CROIX · texte numérisé non relu

DE LA CROIX

Napoléon avait un sens droit ; il s'en servait pour juger tout ce qui s'offrait à son esprit. Il racontait un jour, à Sainte-Hélène, qu'on avait fait plusieurs fois des tentatives auprès de lui, à diverses époques de sa puissance, pour l'engager à se déclarer le chef de la religion, en mettant de côté le Pape. « On ne se bornait pas là, disait-il : on voulait que je fisse moi-même une religion à ma guise, m'assurant -qu'en France, et dans le reste du monde, j'étais sûr de ne pas manquer de partisans et de dévots du nouveau culte. Que répondre à de pareilles sottises ?

« Un jour, cependant, que j'étais pressé sur ce sujet par un personnage qui voyait là-dessous une grande pensée politique, je l'arrêtai tout court : «Assez, monsieur, assez : voulez-vous aussi que je me fasse crucifier? » Et comme il me regardait d'un air étonné : « Ce n'est pas là votre pensée, ni la mienne non plus : eh bien ! monsieur, c'est là ce qu'il faut pour la vraie religioîi I Et après celle-là je n'en connais pas, ni n'en veux connaître une autre. »

Entrant dans la chambre de madame de Mon-

M SENftlIENT ra NAPOLÉON^ ETC.

tholon, et* apercevant un crucifix, Napoléon disait avec humeur ; « Pourquoi ce crucifix dans cette chambre consacrée aux épingles, à la toilette et aux chilfons? où Ton se pore, oii l'on se mire tout le jour dans une glace? Gomment accorder tout cela? »

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