‹ Sentiment de Napoléon Ier sur le christianismeChapitre 19 sur 30 · MACDONALD · texte numérisé non relu

MACDONALD

Voici Fun des plus beaux faits d*annes de Macdonald et même de nos annales militaires.

Au moment où il se disposait à faire sa jonction ayec Moreau (1799), une armée russe lui ferme le passage près de la Trébia, célèbre par la victoire d'Annibal :

<K LÀ, dit M. de Ségur dans son éloquent éloge du maréchal Macdonald, pendant trois jours d'une triple bataille. Tune des plus acharnées de nos annales, 28,000 Français contre 50,000 Russes, tinrent la fortune en balance, et donnèrent vainement à Moreau le temps de lafaire p^icher en iàveur de la France. La victoire enfin resta à Suwarow, mais si sanglante, que dans son étonnement le rude Moscovite ne put s'em-^ pêcher de s'écrier :

— Encore un semblable succès et nous aurons perdu la Péninsule !

tt Cependant Macdonald a été trompé dans son attente ; son armée est épuisée^ il est blessé luimême^ et^ quand il faut qu'il recule^ le torrent grossi derrière lui s'oppose à sa retraite. Autour de lui les courages s'étonnent; mais lui^ calme et serein, les relève :

« — Pour des gens de cœur, dit-il, rien n'est impossible !

« Alors se retournant, il arrête encore Us efforts des Russes, protège le passage de ses éébris, et au delà rencontrant les Autrichiens, sur une étroite chaussée, seule voie de saiut qui lui reste, il crie à ceux des siens dont ilYeutprendjee la tête, de lui faire place. En ce moment uoe décharge à mitraille renverse la moitié du rang qu'il vient commander et ceux qui sont listes debout, montrant la brèdie, lui répondent héroïquement :

a — Passes, général, voil& de la place !«..

« Ce fut par cette trouée sanglante qu'il s'élança^ entraînant sa colonne^ et s'ouvrit jusqu'à la rivière de Gênes la plus gbrieuse des retraites. »

Cette seule bataille ne suffintit**elle pas à la

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gloire du héros? Il n'entre pas dans notre plan de raconter sa carrière militaire si magnifique; quelques traits encore cependant :

A Wagram, avec deux divisions^ Macdonald enfonce le centre de Varmée autrichienne couvert par plus de 200 pièces de canon.

— - G*est à présent entre nous à la vie^ à la mort ! lui dit^ en le nommant maréchal de France 9ur le champ de hatailleméme^ FEmpereurqui avait conçu contre le brave général des préventions mal fondées.

Après cette bataille de Wagram^ Macdonald (ùt laissé à Gratz^ avec un corps d'armée. L*ordre et la discipline qu'il maintint parmi ses troupes furent tels que le pays s'aperçut à peine de la présence de Tarmée victorieuse. Aussi les Ëtats reconnaissants voulurent offrir au général^ lors de son départ^ un présent de 200^000 florins. 11 les refusa aussi bien qu'un magnifique écrin^ en disant:

«- Si vous croyez me devoir quelque chose, je vous laisse un moyen de vous acquitter par les soins que vous prendrez des 300 malades que je laisse dans votre ville.

Voilà qui est plus beau encore que la plus glorieuse bataille.

Macdonald^ après les désastres de 4814, témoigna de sa loyale fidélité envers Napoléon en s'efforçant de conserver la couronne à celui qui fut depuis rinfortuné duc de Reichstadt ; il échoua dans ses négociations auprès des souverains. ^ L*Empereur n'en fut pas moins reconnaissant de son dévouement, et lors du retour de Macdonald à Fontainebleau, il lui dit :

— Monsieur le maréchal, je ne suis plus assez riche pour récompenser vos derniers services. Cependant, voici, je crois, un présent qui vous fera plaisir comme souvenir d'un ancien ami.

Et il lui offrit un sabre qu'il avait porté à la bataille de Mont-Thabor.

— Sire, répondit le maréchal, si jamais j'ai un fils, ce sabre sera son plus bel héritage; quant à moi, je le garderai toute ma vie.

— Donne^moi la main maintenant, maréchal, dit l'Empereur.

Mais par un mouvement plus prompt que Ja pensée, au lieu de se serrer la main, ils se jctr tèrent dans les bras l'un de l'autre, et se quittèrent les larmes aux yeux.

Macdonald, dégagé par l'Empereur lui-même de ses serments, envoya son adhésion au nouveau gouvernement. Nommé à un commande-

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ment impartant par la royauté^ il lui resta inébranlablement fidèle^ malgré la défection générale de ses troupes. Cette fermeté d'âme^ an milieu de circonstances si difficiles et des en- ^traînements de partie ne peut que F honorer grandement devant l'histoire impartiale.

Dans le Cluint du sacre de M. de Lamartine^ on trouve sur Macdonald ces beaux vers :

Macdonâld^ des héros le juge et le modèle, Sous un nom étranger il porte un cœur fidèle ; Dans nos sanglants revers moderne Xénophon^ La France et ravenir ont adopté son nom. Et son bras, dans les champs d'Arcole et d*Ibérie, En sauvant les Français a conquis sa patrie.

Longtemps chancelier de la Légion d'honneur, le maréchal Macdonald y a laissé les souvenirs encore vivants de Fadministration la plus paternelle. Terminons, comme nous avon^ommencé, en empruntant à M. de Ségur, si bien placé pour connaître et apprécier notre héros, quelques lignes encore : •

<( Il était de ceux dont les dehors heureux sont, d'une âme pure et généreuse, la digne et fidèle image. Rien en lui ne dissimulait. Son âme ressortait dans tous les traits de sa noble figure... ))

L*ua'dea fondateurs de U Société pour Taniéliçration du 3ort des prûoanien> aommes^noui beureux d'ajouter encore^ Macdonald prit part à toutes les OBuyres de bienfaisanœ exécutées à oette époque. Est-il besoin de dire après oeU« qu'il était chrétien?

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