CHAPITRE QUATRIÈME
Amvée de ûeiKupHiiW milimotirei à Sainte^Hélèns. -^ Accueil qu'ils re^oiTent d'Hudson LoiVtt et de l'Empereur. — Notice biographique de ces deux ecclésiastiques^ écrite par eux-mêmes pour TEmpewem. f- Napoléeii faisant l'élog^e de sa mère. ^ ha |iremière messe à jSainte^ffélè^e,^ Egards de Napoléon pour le plus âgé des dmj ecclésiastiques. — On ftdt maigre à Sainte-Hélène. — Les galanteries des Tow flétries par l'Empereur. •— Preuve de Vexistence dt Di^n p«r l'Ëmpenar. -^ Soh horMor pour le m»térialisme.— Parallèle du protestautisme et du catholicisme. — La Cène selon les protestants et selon les catholiques.-^Mot profond sur le mystère de la Croix.
Les deux prêtres, avec le docteur Antommarchi, arrivèrent dans le mois de septembre 1819 à Sainte-Hélène. Hudson Lowe les garda un )(mr entier à Plantation-House*; il les combla de prévenances, les fêta, les fit dîner avec lui.
* MiMKia de caiq|^go« du goavf rfi^ur anglti».
Ëtait'-ce le gouverneur anglais ou bien le geôlier qui traitait ses hôtes? leur faisait-il honneur ou déjà sondait~il leur moralité^ cherchait-il à deviner leurs caractères? Pour le moins ces égards affectés pouvaient les rendre suspects à TEmpereur.
Hélas ! Hudson Lowe sait bien que, privé de nouvelles, il attend la consolation de celles qui lui arrivent... En retardant sa joie, il sait bien qu'il en corrompt la pureté, autant qu'il est en lui ! L'Empereur apprend sa conduite, et la méfiance succède à la joie ; c'est assez pour le mettre sur ses gardes ; il refoule en lui-même son élan naturel vers ceux qu'il est avide devoir et impatient d'interroger. Ce ne sont plus des compatriotes, des amis qui arrivent; ce sont les hôtes du gouverneur anglais : « Qui êtes-vous, de quelle part et d'où venez-vous? Où sont vos lettres de recommandation ? Quel motif vous a fait traverser les mers et quitter l'Europe, pour un rocher mortel aux Européens ? »
L^Ëmpereur, naturellement respectueux envers la vieillesse, reçoit d'abord l'abbé Buonavita, à cause de son âge ; mais il ne lui accorde qu'un court moment d'audience ; ensuite une étiquette inquisitoriale préside à ce glaçant ac-
SOB LE CHRISTIANISME. 6i
caeil. Ah! sans doute^ les prêtres catholiques^ au lieu de s*en offenser, saluèrent la vertu de prudence de ce nouveau Joseph, questionnant ses frères avant de les reconnaître ; sans doute ils se disaient tout bas : « Voici bien le seuil d'un grand prince ! <îuel empire sur soi-même ! qu'il faut avoir l'âme héroïque, pour maîtriser ainsi ses sensations, et faire taire son désir si naturel d'avoir des nouvelles de son fils, de sa mère, de ses frères, de ses soeurs et de ses amis! i> Il n'en était pas de même du docteur Antommarchi, qui raconte lui-même le supplice de son amour-propre; pendant qu'il s'irritait de ces retards, qui n'étaient pour lui qu'une injurieuse méfiance, les deux abbés répondaient avec candeur et simplicité à toutes les questions. Ils remettaient à l'Empereur sur sa demande, chacun leur notice biographique, écrite par eux, qui les faisait connaître en retraçant toute leur vie.
NOTICE BI06BAPBIQVE DE L^ÀBBÉ BUOITATITA.
^Antonio Buonavita, né à Pietralba, canton du canal dans l'île de Corse, en 1762, fils légitime de Christophe et d'Angela Buonavita, proprié»-
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taires, fit ses premières études, jusqu'aux htt«» maDités dans son pays; ensuite il s*embarqua pour Pise> dans la To^caoei où il suivit ses études de rhétorique^ de loi civile, de philosophie et de théologie, $t il retourna chez lui pour ae faire prêtre, en i776* L'année suivaute, son père renvoya à Cadix pour des affaires de famille, et y ayant appris la mort de son père, il ne pensa plus & retourner dans sa patrie. 11 entra ehape^ lain d«LnB la marine espagnole* Ensuite il passe m Mexique, comme précepteur de D. GÂus^ppe Flores. L*année 1788, il fut fiait oui^. Il resta vingt ans dans sa cure Qt avec les permisnone nécessaires, la quitta, pour aller en Corse poup deux ans. U partit pour Philadelphie, ii eut unq attaque d*apoplftxie qui Tohligea de rester dans ce pays plus de deux ans. Étant un peu mieux^ il vint en Europe, et passa en Espagne* En 1811^ il ne pensa plus àretourner au Mexique à cause des événements.
Il fut envoyé à Cuença pour des affaires d*Ëgliiie, et de làj en pliant à Valence evec des biens du roi, dans la division du général Monpoint, il fut pris dans la pkine d'Qfiel, par les insurgés commandés par Yillacacupo, dépouillé de tout, et envoyé dans les montep»es d*Ara»
Sun LE CHUSnUflBMIE. f3
gon. Il fut délivré par le maréchal duc d*Albuféra^ qui^ au nom de S. M* r«mpereur Napoléon rinvestit d'une dignité à Tortose, d'où il partit^ quand ôH rendit la place aux Espagnols. Ensuite Il alla à nie d'Elbe, et 8. M. l'Empereur Thonora du titre de chapelain de Madame Mère. De là, il passa à Pftris, où il arriva deux jours avant que Sa Majesté partit pour la campagne de Waterloo ; ensuite Madame Mère renvoya à Londres, pour savoir si Sa Majesté demeurait là, pour y venir elle-même. Il partit pour Londres, et 11 eut le chagrin d'arriver quatre jours après le départ de Sa Majesté. De TAngleterre, il retourna à Rome, et fut nommé chapelain de la princesse Borghèsé, chex laquelle il a servi en cette qualité jusqu'à son départ. Dans ce moment, il fut nommé par le pape régnant protonotaire apostolique, le 5 fén^er de cette année. 11 partit pour Londres, où il arriva le 19 avrlL II s'embarqua le 9 juillet, dans le bateau Suisse, et il est arrivé à Longwood le 21 septembre.
Certifié conforme à l'original en mes mains. ]