‹ Sentiments et souvenirs de Firmin Paris. 2. Sér.: Au largeChapitre 12 sur 46 · SI LOIN · texte numérisé non relu

SI LOIN

Vers cette heureuse terre Que me ramènera !

Gexsoul.

La nii't voile en pleurant les plaines reverdies

Et îTies >aules touffus aux longs rameaux flottants ;

La feuille tremble à peine aux brises attiédies

Que soupire le doux printemps.

Mais je tends vainement mon oreille attentive Vers ces coteaux si chers où fleurit le benjoin : Te n'entends pas la voix dont le son me ravive. . . .

Ali ! le ])()urrais-je ? C'est si loin !

Ces souffles inégaux dont l'aile parfumée. Dont le vol caressant semble venir des cieux. Est-ce un reste affaibli de l'haleine embaumée

Oui touche en passant ses cheveux, Des soupirs exhalés par sa bouche vermeille Ou'a])i)ortent les zéphirs imprégnés de sainfoin. Pendant (|ue ses regards sont fermés à la veillle ?

On le dirait, mais. . . . c'est si loin !

Et ce pâle reflet qu'à travers la distance. L,<à-bas. je vois rougir l'horizon ennuité. X'est-ce pas un Hambeau (]u"à son lit de souft'rance

Tient une avare charité.

Son âtre (|in s'éteint, une lampe ])âlie Près de (|ui sini d'il veille et })leure sans témoin ? Ah ! le croire. ]K)urtant. je sais, serait folie :

C^'ir sa flemeure. c'est si loin !

Je garde, néanmoins, mon regard solitaire Snr ce cher coin du ciel enfoncé dans la nuit, Car ce pâle reflet peut-être aussi l'éclairé,

A ses yeux peut-être qu'il luit ; J'y veux rester encor jusqu'à l'aube fleurie : C'est à mes yeux un charme, à mon cœur un besoin, Car du moins, ce reflet, il vient de sa patrie,

Et sa patrie, ah ! c'est si loin !

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