‹ Sentiments et souvenirs de Firmin Paris. 2. Sér.: Au largeChapitre 3 sur 46 · V. Hugo · texte numérisé non relu

V. Hugo

Flots tourmentés ou plats qui tisseut notre vie,

Les ans ont beau s'enfuir.

Même parfois nombreux clans leur longue série Longtemps s'é\anouir ;

Tous ont un sommet qui surnage,

Empoisonne ou parfume l'âge

A peine sorti du berceau.

Et cpii dans l'oubli noir ne sombre

Oue (juand le trépas froid et sombre

Nous clôt la porte du tombeau.

'l'antôt c'est un déboire, une heure triste, amère. Dont on a bu le fiel,

Ouel(|uefois même un rien, un souffle de chimère (hi'on a trou\é cruel ; Tantôt c'est une heure adorable.

Vu enchantement ineffable Oui dans l'âme un joiu" s'est glissé : l'ne entraxe cpi'on a brisée, Ihie lèvre (|u'on a baisée, Peut-être un cieur qu'on a pressé.

La mémoire dans nous n'en fut pas effacée Par le temps eft'aceur,

Et souvent nous sentons leur secrète [>ensée Xous sourdre au fond du cœur.

Sans la fuir^ sans nous en défendre, Même prêts à nous en éprendre, Nous l'y quittons seule venir.

Et parfois longtemps solitaire Dans notre intime à se complaire.

Elle emplit notre souvenir.

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