‹ Sentiments et souvenirs de Firmin Paris. 2. Sér.: Au largeChapitre 36 sur 46 · L'AMOUR · texte numérisé non relu

L'AMOUR

C'est l'amour qui cause la plupart des larmes.

Descartes.

Sait-on ce que c'est que l'amour, Le cher amour qui vous enivre Et vous livre •Aux doux enchantements chacun à votre tour ?

C'est un tyran cruel et bête Dont personne ne se défend.

De l'enfant Au vieillard décrépit dont la tombe s'apprête.

Quand il s'est emparé de vous, Il vous invente des tortures Sans mesures Et vous rend sûrement ardents au crime et fous.

Ceux que vous n'aimez pas, la masse Dont vous êtes peu soucieux.

Que vos yeux Regardent sans brilller si longtemps qu'elle passe,

Elle vous garde im souvenir Pour le regard le plus modeste.

Elle en reste Vouée à votre nom, se plaît à l'en bénir ;

Elle ne brise point votre âme, Xe déchire point votre cœur, Et l'ardeur A vous nuire un instant n'éveille point sa flamme.

Alais ces anges que vous choyez Jusqu'à noircir votre mémoire.

Votre gloire Leur est chère s'il faut un pavois à leurs pieds.

Osez leur montrer une trace De vos dévoûments d'autrefois, Sans émois Ils lèveront l'épaule en détournant la face.

Oui, ces anges que vous aimiez Jusqu'à ne plus craindre de leurres, Quelques heu ."es Ils se sont ri de vous, puis vous ont oubliés.

]\'Iême, heureux si, l'air fat ou crâne. Ils ne cherchent pas ardemment Le moment De vous donner au front le coup de pied de l'âne.

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