‹ Sentiments et souvenirs de Firmin Paris. 2. Sér.: Au largeChapitre 40 sur 46 · FLEU RANGE · texte numérisé non relu

FLEU RANGE

Elle avait dix-sept ans, C'est bien tôt pour mourir.

Lamartine.

Aiiisa que son b'ianc lys

Fleurange s'est flétrie :

Elle n'est déjà plus qu'un inerte débris,

Ainsi que son blanc lys !

C'est en vain que l'amour l'a bercée et nourrie Des espoirs les plus doux, des plus tendres souris,

Ainsi que son blanc lys

Fleurange s'est flétrie !

Seize fois le printemps

A reverdi pour elle.

Elle a vu luire à peine au départ des autans

Seize fois le printemps !

Le bonheur lui gardait à Tombre de son aile D'innombrables douceurs avec de nombreux ans !' . .

Seize fois le printemps

A reverdi pour elle.

Elle a langui deux ans Loin de ses grands bois sombres; Au milieu des splendeurs, de l'aisance et des grands,

Elle a langui deux ans.

On l'a comblée en vain de tendresses sans nombres Pour lui faire oublier l'âpreté de ses champs. Elle a langiii deux ans Loin de ses grands bois sombres.

(*) Voir la pièce intitulée Le Lys.

Elle riait pourtant

De cœur et de visage ; A l'ombre de ses Ixjis an grand dôme flottant

Elle riait pourtant.

La sève de la vie à son œil sans nuage Affinait tout le jour comme un fleuve montant :

Elle riait pourtant

De cœur et de visage.

Pourquoi l'arracha-t-on

Aux lieux de sa naissance ?

Au rustique rameau, l'adorable bouton.

Pourquoi Tarracha-t-on ?

Que pouvaient sur son cœur la splendeur et l'aisance Au prix de son naïf et modeste canton ?

Pourquoi l'arracha-t-on

Aux lieux de sa naissance ?

N'arrachez pas un lys

Du sol qui l'a fait naître ; Quand sa tige déjà s'élance du semis,

X "arrachez pas un lys.

Laissez-lui sa garigue. ou son rocher peut-être. Vos soins ne vaudraient pas ces chers premiers amis :

N'arrachez pas un lys

Du sol qui Ta fait naître.

ACTIONS DE GRACES (Psaume 125)

Facti sionus sicut consolati.

Quand pour Sion, la sainte et si chère patrie,

Dieu nous brisa le joug de la captivité,

Nos larmes ont séché dans leur source tarie

Et des plus doux transports nos cœurs ont palpité.

Aux bosquets de la route, aux champs et sous l'ormoie. Notre bouche a chanté le retour solennel ; Notre langue a rempli de cantiques de joie Les rives du Jourdain et les monts d'Israël.

Autour de nos confins les peuples de la terre Se sont levés émus et se sont dit entre eux : Le Seigneur a calmé les flots de sa colère Et fait pour Israël les jours les plus heureux.

Le Seigneur a calmé les flots de sa colère Et pour son peuple a fait les jours les plus heureux ; Nos cœurs remplis de joie aux tribus de la terre Diront ce que sa droite a préparé pour eux.

A la sainte patrie, à Sion qui les pleure Rendez bientôt, Seigneur, tous ses autres captifs, Comme au fond du désert où le feu seul demeure Vous rendez les torrents qui se sont faits tardifs.

AU LARGi, 159

Quiconque en fournissant la course de la \ne Boit à flots l'amertume et sème dans les pleurs Recueille une moisson d'abondance remplie^ L'allégresse dans l'âme et le front ceint de fleurs :

Il parcourt en pleurant la cruelle carrière

Où tombe sa semence aux vents des noirs ennuis ;

Mais il revient après inondé de lumière.

L'âme pleine de joie et les bras pleins de fruits.

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