A MA TOMBE
O tranquille demeure Que me doit apporter Ma longue dernière heure.
Dont ma main va neurier Les portes éternellles Peut-être avant la nuit ; Alcôve, étroit réduit D'argile ou de gravellles Aux murs tristes et noirs, Où, dans la paix profonde Et loin d'un bruyant monde, Le dernier de mes soirs ;Ma chair nauséabonde Va si longtemps dormir, Tu seras étonnée Qu'on m'ait pris à gémir Avec une âme née Si pleine de franc ris Et de chansons rieuses.
l68 SENTIMENTS ET SOUVENIRS
Or, gîte aux noirs lambris, Aux fétides débris.
Aux froidures hideuses.
Un jour, plein de soucis.
Au bord d'ondes joyeuses Voici ce que je vis.
L'astre au brûlant visage Sur le luisant vitrage D'un rustique cottage Répandait des flots d'or.
Et la vieille façade A l'air triste et malade, Pour l'instant en parade Ijrillait comme un Thabor.
Mais quand du haut des nues Le soir redescendit Sur les cimes touffues Soudain Ton entendit Du sein d'un grand nuage Gronder au loin l'orage ; On vit briller l'éclair, Et sur la vitre frêle Un lourd torrent de grêle S'est abattu bientôt.
De son vaste sanglot
La nuit, près de se clore,
Acheva le sursaut ;
Et quand la blonde aurore
Au liord de son grand flot
Vint éclairer encor
Pu cottage d'iiicr
La façade noircie.
Son aspect morne, amer,
Sans lumière et sans vie.
Attrista le regard
Et répandit dans l'àme
Un noir et froid bi'ouillard
La matinée en flamme
De ses rayons profus
X"égayait déjà plus
La îv.odeste fenêtre.
A leurs places encor.
Qui Teùt pu reconnaître ?
Deux vitres étaient seules A jeter aux éteules Leurs brillants reflets d'or !.
C'est ainsi qu'est la vie :
Aujourd'hui similor Et demain assombrie.